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Les budgets participatifs sont-ils vraiment utiles ?
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Les budgets participatifs sont-ils vraiment utiles ?

Les budgets participatifs sont-ils vraiment utiles ?

Depuis 2017, les budgets participatifs ont débarqué dans les communes de la Métropole et au Département du Loiret. Cet outil de démocratie directe a initialement pour but de toucher un large public et de ramener les citoyens à la chose publique. Remplit-il ses objectifs ? Réponses des intéressés.
Gaëla Messerli
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En matière de budget participatif dans la métropole, la commune d’Orléans a ouvert le bal en 2017, avec 156 projets déposés. Mais à l’époque, « beaucoup ne rentraient pas dans le cadre et 48 seulement ont été retenus », se souvient Nadia Labadie, actuelle adjointe orléanaise à la coordination de la politique de proximité. « L’année d’après, en 2018, 61 projets ont été déposés et 44 retenus. Les gens ont peu à peu compris ce qu’ils pouvaient demander dans ce cadre. » Le temps avançant, la mairie d’Orléans a également revu sa copie en allongeant la durée de son budget participatif : désormais, celui-ci n’est plus sur un an, mais sur deux. « Les délais étaient trop courts pour mettre en place les projets sélectionnés, justifie Nadia Labadie. Avec ce calendrier, c’est plus confortable. »

Pour le dernier budget participatif d’Orléans, 36 propositions – sur 61 émises – ont été retenues pour être soumises aux votes. L’adjointe à la politique de proximité constate une augmentation du nombre de votants, qui sont passés de 599 en 2017 à 1 689 cette année. « C’est une donnée très encourageante, se réjouit Nadia Labadie. Quant à la typologie des publics qui participent à cette opération, on a des associations, des collectifs, des parents d’élèves… Il y a des habitués, mais on observe quand même un renouvellement ». Pour ce qui est des projets retenus, la thématique de l’environnement reste présente, avec un jardin sensoriel ou encore un potager pédagogique, mais le ludique est aussi présent, avec des panneaux de basket installés au gymnase Amarger, une aire de jeux pour ados à La Source ou encore des tables de ping-pong à Saint-Marceau.

Un public varié ?

Du côté de la commune de Saint-Jean-de-Braye, qui s’est lancée en 2018 dans ce type de démarche, le constat est plus ou moins le même qu’à Orléans. Dans cette commune aussi, le budget participatif (200 000 €) court désormais sur deux ans. « À l’origine, cette opération est née dans le cadre de la « Ville en transition », raconte Brigitte Jallet, adjointe déléguée à l’aménagement du cadre de vie, et à l’époque adjointe au projet « Ville en transition ». Nous pensions que c’était une manière d’impliquer les habitants. » L’élue estime que les citoyens qui s’emparent du budget représentatif sont représentatifs de la diversité de la population diverse. Petite particularité du budget abraysien : il s’adresse à tous, habitants, travailleurs ou personnes ayant un lien avec le territoire, et il n’a pas de limite de montant par projet. « Cette initiative a permis le financement d’une tyrolienne et d’agrès de fitness d’un montant de 45 000 €, rappelle Brigitte Jallet. Mais nous avons aussi financé des projets allant de 1 000 € à 50 000 €. » À Saint-Jean-de-Braye, dix projets du premier budget participatif sont pratiquement finalisés aujourd’hui. « Il y en a juste un, le Vélobus, dont nous ne savons pas s’il sera possible de le mettre en place pour des raisons de responsabilité », précise l’élue abraysienne.

Au niveau du Département du Loiret, qui a mis en place un budget participatif en 2018, la copie a été revue entre la première édition et les suivantes. Si la première mouture avait été consacrée aux parcs départementaux, les éditions suivantes sont revenues aux… collégiens. « Nous sommes partis de la sensibilisation à l’environnement, mais les collèges sont une compétence départementale, et il nous a semblé pertinent d’intéresser par ce biais les jeunes à la vie publique, explique aujourd’hui Marc Gaudet, le président du Département. Cela oblige ces jeunes à concevoir un projet et à estimer un budget. » Cette année, 27 collèges (sur les 71 du département) ont participé au budget participatif pour une enveloppe de 80 000 €. « Même si l’on a des  » habitués « , chaque année, de plus en plus de collèges participent, que ce soit dans la métropole d’Orléans ou en milieu rural », insiste le patron du Conseil départemental.

Comment pèsent-ils sur les politiques publiques ?

Pour les élus interrogés, les budgets participatifs ont une influence, ou en tout cas permettent de s’assurer que les politiques publiques vont dans le bon sens. « C’est un sondage grandeur nature », estime d’ailleurs Marc Gaudet, qui reconnaît que le Département a impulsé la démarche de planter 1 000 arbres dans les collèges suite aux nombreuses demandes de végétalisation lors du budget participatif. À Orléans, Nadia Labadie explique que la demande de composteurs collectifs est partie d’un budget participatif et a, depuis, fait des petits. Pour Brigitte Jallet, à Saint-Jean-de-Braye, ce type d’opération « permet d’aller plus dans le détail. Au niveau des cours d’école, il y a dix ans, on nous demandait que les enfants ne se salissent pas et aujourd’hui, on veut végétaliser. Cette réalisation se fera dans le cadre du projet du budget participatif et l’expérience servira ensuite au réaménagement des autres écoles. » Selon l’élue abraysienne, cette forme de démocratie participative est aussi une manière « de travailler avec les habitants », à une époque où il existe une forte défiance vis-à-vis des responsables politiques… 

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