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l’humour aura son sanctuaire
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l’humour aura son sanctuaire

l’humour aura son sanctuaire

Au 14 de la rue Sainte-Anne, à deux pas de la place du Martroi, l’Orléanais Jordan Sarralié s’est associé à un producteur parisien pour créer un théâtre privé dédié à l’humour, à la comédie et aux spectacles « populaires ». Des travaux estimés à 1,5 M€ vont être nécessaires pour remodeler un lieu remarquable, qui appartenait auparavant au diocèse
Benjamin vasset
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l'humour aura son sanctuaire

Les portes qui claquent, l’amant dans le placard et la maîtresse derrière le rideau… Ces poncifs du théâtre de boulevard seront bientôt à apprécier dans le centre-ville d’Orléans, où Jordan Sarralié et Jérôme Foucher ont décidé d’y faire se gondoler les Orléanais d’ici à la fin de l’année 2022. Le premier des deux larrons est un régional de l’étape : conseiller en gestion de patrimoine et marchand de biens depuis 20 ans dans la cité johannique, il fut également dirigeant des Panthères de Fleury-les-Aubrais sous la présidence de Jean-Pierre Gontier. Le second est un producteur parisien, qui possède dans son écurie quelques beaux chevaux de course du spectacle, comme Clémentine Célarié ou Guillaume de Tonquédec. Jérôme Foucher et Jordan Sarralié se sont rencontrés lorsque le dernier nommé, « passionné de théâtre et de cinéma », a créé une société de production et acheté un théâtre à Paris, Le Mélo d’Amélie. Ces deux-là sont les hommes forts d’un projet qui avait déjà été éventé cet été, mais dont on ignorait le fonds et les contours. Une grande partie de ces secrets ont été dévoilés la semaine dernière aux médias locaux (voir encadré). 

Amuser…

Autrefois couvent, manufacture ou communauté religieuse, l’ensemble du 14 de la rue Sainte-Anne appartenait auparavant au diocèse. Alors que le lieu était voué à abriter une grosse dizaine d’appartements de luxe, Jordan Sarralié décida de racheter l’ensemble et d’en changer la destination. « En plein cœur d’Orléans, j’ai découvert un lieu magique, livre ce dernier. J’ai tout de suite vu que ce qu’il fallait faire ici, c’était un théâtre. » La transaction revue et conclue, le projet s’est mis en place. Son épicentre se trouvera dans une ancienne chapelle du XVIIe siècle, qui sera transformée en une salle de 400 places. « Au départ, nous avions tablé sur 250, mais cela aurait été compliqué d’accueillir certains spectacles », explique Jordan Sarallié. Sur deux niveaux, les spectateurs pourront donc applaudir pièces de boulevard, one-man-show, vaudeville, comédies, « mais aussi certainement de la danse, des concerts et du théâtre classique ». « Il n’y a pas vraiment de lieux, à Orléans, pour accueillir des spectacles parisiens populaires, avec des têtes d’affiche connues et reconnues », argumente Jérôme Foucher. Mis à part le CADO, qui n’est pas, il est vrai, tout à fait dans ce registre. « Je ne serai en concurrence avec personne », clame ainsi Jérôme Sarallié, qui répète, comme un hommage à Jean Vilar, vouloir « démocratiser la culture ». 

Si tous les publics sont visés, les jeunes le seront peut-être un peu plus. « J’en ai marre de voir qu’au restaurant, les gens sont rivés sur leur téléphone et ne se parlent plus, continue Jordan Sarralié. Je veux que les gens se retrouvent et partagent autour du spectacle vivant, qu’ils puissent aussi voir des choses qui n’existent pas sur Netflix. » Pour séduire une clientèle qui devrait affluer dans le centre-ville d’Orléans avec le déménagement de la Fac de droit dans l’ancien Hôpital Porte-Madeleine, les deux producteurs projettent déjà de les amadouer les dimanches soir, traditionnellement soirs de déprime, autour de soirées qui pourraient être animées par la troupe d’impro orléanaise Grosso Modo. Des étudiants, il y en aura de toute façon à proximité immédiate, puisque le complexe ne sera pas seulement un lieu de culture et de spectacles : sur quatre étages, 34 chambres étudiantes vont être réalisées et vendues à un privé. « Pourquoi pas, ensuite, embaucher ces jeunes en jobs d’été comme ouvreurs ? », anticipe Jordan Sarralié. 

… et rentabiliser

Ce dernier a trop d’expérience dans le monde de l’entreprise pour ne pas savoir que son projet devra être rentable financièrement « afin d’être encore là dans 20 ans ». La gestion des logements étudiants cités plus hauts sera l’une des pièces du puzzle, mais l’Orléanais cherche aussi à rassembler un « Club des Partenaires » « désireux de soutenir la culture orléanaise à hauteur d’un million d’euros ». Dans l’idée : dix entrepreneurs-mécènes qui pourraient mettre 100 000 € chacun sur la table. « Deux ont déjà manifesté un fort intérêt », explique Jordan Sarralié, dont Arthur Barbosa, fondateur de la société de nettoyage éponyme. 

Mais on n’attire pas la mouche avec du vinaigre, fût-il hilarant : Jordan Sarralié indique déjà que, dans ce lieu, deux entreprises de communication et d’événementiel y loueront des locaux et que certains autres espaces – une deuxième salle de 100 places, un bar lounge – pourront être privatisés. Jordan Sarralié et Jérôme Foucher ont, il est vrai, estimé le coût de leur projet à 3 M€ (la moitié en foncier, l’autre en travaux), chacun des deux hommes amenant 1 M€, et les partenaires (espérés) le dernier tiers. William Chancerelle, l’adjoint à la Culture à Orléans, se réjouit pour sa part de voir émerger « une offre qui n’existait pas jusqu’alors », et assure l’initiative du soutien -pour l’instant moral- de la mairie. Le nom de l’établissement n’a, sinon, pas encore été choisi. Et pourquoi pas le théâtre des deux Anne ?

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