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L’outrage sexiste dans le viseur
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L’outrage sexiste dans le viseur

L’outrage sexiste dans le viseur

Depuis la semaine dernière, les transports en commun de la métropole donnent à voir aux passagers une affiche rappelant l’infraction qu’est devenu, en août 2018, le fait de commettre un outrage sexiste. Les pouvoirs publics veulent que ceux-ci soient davantage signalés. 
Benjamin Vasset
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Depuis le 3 août 2018, commettre un outrage sexiste est clairement puni par la loi. Il consiste à « imposer à une personne tout propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste, qui porte atteinte à sa dignité en raison de son caractère humiliant ou dégradant, ou qui crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ». En gros, cela peut aller d’un coup de klaxon à une proposition sexuelle évocatrice. Jennifer, il y a trois ans, en a été victime sur la ligne A du tram. « Deux types sont venus s’asseoir à côté de moi et m’ont dit des choses dégueulasses, raconte-t-elle. Ça s’est passé en plein jour. J’ai passé le trajet à regarder dehors. » Malgré l’évolution législative de 2018, combien de jeunes femmes subissent encore ce genre de harcèlement au quotidien ?

Depuis le début de l’année 2021, les autorités loirétaines indiquent qu’une vingtaine de procédures ont abouti dans le département. Mais ce n’est visiblement pas encore assez au vu de la réalité du terrain, et c’est pour cette raison qu’une campagne de communication a été lancée depuis la semaine dernière dans les transports en commun, où un outrage sexiste est accompagné de circonstances aggravantes. « 24 procédures depuis janvier, c’est encore trop peu », reconnaît le commissaire Édouard Malis, chef de service voie publique à la Direction Départementale de la Sécurité Publique du Loiret. L’outrage sexiste est pourtant passible de contraventions de 4e ou de 5e classe, avec à la clé une amende qui peut grimper jusqu’à 1 500 €.

On part de très bas

« Il y a eu l’affaire Weinstein, les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, poursuivent les autorités. Nous souhaitons que la parole des femmes continue à se libérer. C’est déjà le cas dans le cadre des violences conjugales, mais il s’agit d’un travail de longue haleine qui doit aboutir à un changement des mentalités. » Concrètement, les forces de l’ordre invitent les victimes d’outrages sexistes à ne pas tergiverser et à appeler le 17 pour que les auteurs puissent être retrouvés au plus vite. « Dans le cadre d’une infraction de 4e classe, une verbalisation peut être immédiate », appuie Édouard Malis, qui veut combattre le sentiment parfois partagé que de toute façon, les policiers auraient d’autres chats à fouetter. « Nous pouvons confondre les auteurs, car il arrive que ces personnes stagnent, répondent les forces de l’ordre. Nous disposons également de moyens vidéo dans les trams et les bus. »

« On part de très bas », concèdent cependant les autorités, qui portent toutefois un message volontariste. « Toute infraction supplémentaire constatée constituera une avancée, glissent-ils. De plus, la sécurité dans les transports est l’une des priorités du ministère de l’Intérieur. » D’ailleurs, jeudi dernier, au moment de présenter le lancement de cette campagne, gradés de la Police nationale et magistrate du Parquet posaient ensemble sur la photo, afin de démontrer que le front était uni. « Cette campagne d’information associe tout le monde, résumait la Procureure de la République d’Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren. Cette sensibilisation est nécessaire, car on ne peut pas exercer ses droits si on ne les connaît pas. » Maintenant, comme dirait l’autre, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas…

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