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Orange, deux fois tête d’affiche
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Orange, deux fois tête d’affiche

Orange, deux fois tête d’affiche

Le groupe de télécommunications a défrayé la chronique lors des deux dernières semaines dans la métropole d’Orléans. Alors qu’il inaugurait la semaine dernière des locaux flambant neufs à Fleury-les-Aubrais, dans le quartier d’Interives, Orange a été publiquement rabrouée par Serge Grouard, qui lui a imputé les retards de déploiement de la fibre sur le territoire de sa commune.
Benjamin Vasset
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Côté pile : la tête de pont de la Métropole

Jeudi dernier, le « bâtiment-Totem » d’Orange au nord de la métropole, dans le quartier d’Interives, a été officiellement inauguré en présence de plusieurs élus et cadres de l’opérateur. Cet ensemble, baptisé Rives d’Orléans et opérationnel depuis le début de l’année, regroupe sur deux bâtiments de 6 900 m2 reliés par une passerelle 490 salariés et 12 services différents. Des « fonctions-supports » (RH, contrôle de gestion, communication), des « équipes opérationnelles pour les clients professionnels », des « services-supports pour des activités techniques » ainsi que « des activités opérationnelles grand public » (distribution, services client) y travaillent pour le compte de l’antenne régionale du géant français de la télécommunication. Des équipes nationales y sont également implantées, comme la Direction du Système d’Information, qui compte 170 personnes.Orange a décidé de concentrer ses équipes et ses activités locales dans ce nouveau site d’Interives, réunissant ainsi par cette opération « quatre sites historiques » de l’entreprise à Orléans, dont celui de la rue Eugène-Turbat, qu’elle a rendu à son propriétaire le 31 mars dernier et dans lequel la Métropole voudrait par ailleurs voir se construire quelques logements étudiants. Pour autant, Orange a aussi gardé ses « bâtiments historiques » de la rue Marcelin-Berthelot, à Fleury-les-Aubrais, où travaillent encore 80 salariés œuvrant dans l’impression des factures et diverses activités techniques. Éric Houviez, le directeur immobilier France du groupe, explique qu’Orange conserve également un autre site – son centre d’appels – dans le cœur d’Orléans, rue du Grenier à Sel, tout en déclarant « réfléchir à son évolution ». 

Après le téléphérique…

Le groupe, qui emploie environ 1 000 personnes sur le territoire métropolitain, est conscient de ne pas être « une entreprise comme les autres » dans l’Orléanais. Ayant décidé de s’installer dans le nouveau quartier d’affaires de l’agglomération en 2018, il n’a pas sauté au plafond quand la Métropole a enterré en septembre 2020 le projet de téléphérique entre Interives et la gare des Aubrais, quand bien même « peu de salariés » prennent le train de Paris pour venir travailler dans les nouveaux locaux de Fleury, explique Pierre Jacobs, le directeur Grand Ouest d’Orange. « Tout le monde, continue ce dernier, sait que nous étions favorables à ce téléphérique ; cependant, son arrêt n’a pas remis en cause notre projet » d’installation à Interives. Un projet à 40 M€ quand même, qui mérite forcément quelques égards de la part des élus locaux, qui ont fait de l’annonce de l’implantation d’Orange une des vitrines du développement du quartier. Aujourd’hui que le téléphérique est cloué au sol, comment le groupe souhaite-t-il voir la zone évoluer ? « Nous regardons avec intérêt tous les transports alternatifs qui permettront de raccourcir le temps de trajet », répond diplomatiquement Pierre Jacobs, qui ne veut froisser personne du côté des pouvoirs public. « Nous sommes très confiants dans son développement de la zone, affirme le directeur régional du groupe. Il n’y a pas encore les gens (sic), mais ça viendra. Nous espérons cependant que nous allons bénéficier d’une vraie zone d’activités. Nous regardons cela avec vigilance. Et nous espérons également que notre implantation, ici, va amener d’autres entreprises autour de la French Tech. En tout cas, nous en serons l’un des moteurs. » Moteur, Orange dit d’ailleurs l’être pour rendre la pratique du télétravail la plus efficiente possible. Car désormais, dans l’entreprise, l’idée est de « donner envie » aux salariés de venir travailler sur zone, eux qui peuvent bénéficier jusqu’à trois jours de télétravail par semaine. « Avec ces locaux, nous avons voulu faire un outil évolutif, un bâtiment flexible avec des aménagements plus souples et plus ouverts », explique Éric Houviez au sujet de ce nouveau navire-amiral du quartier Interives.


Côté face : la tête de Turc d’Orléans

Lors du dernier conseil municipal orléanais qui s’est tenu fin mars, Orange a reçu une volée de bois vert de la part de Serge Grouard. De façon assez peu amène, le maire d’Orléans a effectivement demandé à l’entreprise de prendre ses responsabilités pour accélérer le déploiement de la fibre sur le territoire de sa commune : « Orange se moque du monde, a ainsi lâché l’édile. Tout cela ne donne pas une image très positive de cet opérateur… » Une charge plutôt virulente, qui a évidemment eu des échos au sein de l’entreprise concernée, laquelle n’a pas forcément apprécié, c’est un euphémisme, la sortie de Serge Grouard. Lors de l’inauguration du nouveau bâtiment d’ Orange à Interives (voir ci-contre), Pierre Jacobs, le directeur Grand Ouest du groupe, n’a certes pas voulu rentrer dans une joute verbale avec le maire d’Orléans, mais a souhaité rappeler que « s’il n’y avait pas Orange, il n’y aurait pas de fibre à Orléans ». Entre les lignes, Pierre Jacobs a aussi fait remarquer qu’ Orange payait pour construire les infrastructures nécessaires au déploiement de la fibre et qu’elle n’avait, de ce fait, pas intérêt à ériger de nouveaux équipements qui nécessiteraient un coût supplémentaire. 

C’est sur ce point que les relations se tendent entre la mairie et l’opérateur téléphonique : seule entreprise à pouvoir organiser le déploiement de la fibre sur la commune d’Orléans, Orange aurait assuré à la mairie qu’il fallait construire 600 nouveaux poteaux. Un nombre trop élevé pour la mairie, qui ne veut pas « porter atteinte à l’accessibilité des trottoirs et à l’embellissement de la ville », de même qu’elle ne souhaite pas voir « les biens de particuliers se déprécier », selon les explications de l’adjoint orléanais en charge de la Ville numérique, Quentin Defossez. « Dans la seule rue des Murlins, Orange veut construire 15 poteaux ! » prend pour exemple l’élu. Une étude externe a ainsi été commandée, laquelle assure qu’il n’y aurait besoin d’ériger « que » 300 poteaux supplémentaires pour que la fibre puisse se déployer dans de bonnes conditions à Orléans. La mairie dit avoir transmis le résultat de cette enquête à Orange, mais affirme « n’avoir pas eu de retour ». Quentin Defossez souligne pourtant l’existence d’alternatives à la construction de nouveaux poteaux, par exemple « l’enfouissement lors de la requalification de rues ou bien le remplacement de poteaux Enedis ne supportant pas la charge » supplémentaire induite par les équipements nécessaires au déploiement de la fibre.

« Faire pression »

En attendant, la mairie d’Orléans fait face au mécontentement de ses administrés, qui la tiennent pour partie responsable de ce rythme de tortue. « Nous faisons l’intermédiaire entre Orange et les habitants, alors que ce n’est pas notre rôle ! », tonne Quentin Defossez, qui déplore le silence d’Orange concernant le calendrier prévu du déploiement de la fibre. L’élu sait en revanche que 17 % des logements restent aujourd’hui à raccorder dans la commune. Très clairement, la Ville d’Orléans a donc souhaité mettre un petit coup de pression à l’opérateur en communiquant publiquement sur le sujet, de même qu’elle a envoyé un message à la Préfecture. « Dans les Zones Très Denses comme à Orléans, l’État doit garantir la fibre quel qu’en soit le coût », rappelle ainsi Quentin Defossez, tandis que Charles-Éric Lemaignen, lui aussi membre de la majorité orléanaise, a demandé à « l’assemblée municipale dans son ensemble » de faire pression sur Charles-Éric Lemaignen. Laquelle, par la voix de Pierre Jacobs, son directeur régional, a répondu poliment : « Quand on peut faire sur de l’existant, on fait. Mais parfois, il y a des normes techniques et réglementaires qui nous obligent à replanter des poteaux. Mais je le répète : ce n’est pas dans notre intérêt économique d’en construire de nouveaux. » Ce dialogue de sourds porté sur la place publique permettra-t-il aux deux parties de s’entendre ? Réponse dans les mois à venir.

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