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Orléans : VEUT-ELLE fleurir ou bâtir ?
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Orléans : VEUT-ELLE fleurir ou bâtir ?

Orléans : VEUT-ELLE fleurir ou bâtir ?

En région Centre-Val de Loire, le marché de la promotion le plus impacté par la baisse des autorisations de permis de construire est celui d’Orléans. Si les chiffres définitifs de l’année 2020 ne sont pas encore compilés, la chute, au troisième trimestre, était déjà de 44 %. Et la politique de la nouvelle municipalité orléanaise laisse à penser que les promoteurs vont avoir du souci à se faire, à l’avenir…
Laurence Boléat
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En décembre, Olivier Henry, président de l’Observatoire du logement neuf, a alerté Christophe Chaillou, président d’Orléans Métropole, sur la situation dont il avait déjà parlé en fin d’année dernière : la forte baisse, en 2020, des délivrances de permis de construire à Orléans et dans la métropole. Olivier Henry dit avoir évoqué en parallèle avec le chef de l’exécutif local le très attendu PLUM (Plan Local d’Urbanisme Métropolitain), un autre sujet déterminant pour le bâtiment. À mi-janvier, l’ensemble de la profession restait toujours dans l’attente d’une perspective.

La raison de cette chute sans précédent est-elle le fruit d’une volonté politique ? Le 10 janvier, Serge Grouard, maire d’Orléans, a réaffirmé avec force, lors d’une interview sur France 3, son prisme écologique : « le monde court à sa perte avec le réchauffement climatique, a-t-il rappelé. J’ai porté un projet très fort : décarboner Orléans. Nous pouvons le faire, même au niveau national. Nous avons tous les outils pour réduire les gaz à effet de serre, et ce serait un formidable moyen de relancer l’économie française… » Signal fort de cette ambition : une décision inattendue prise dès le lendemain de sa réélection, en juin dernier, avec une demande de retrait de permis de construire de 60 logements sur l’ancien site du Sanitas. La raison : la Ville veut transformer le lieu en immense parc urbain, comme un symbole d’une « révolution verte » qui se préparerait à Orléans.

Les ambitions de Jean-Paul Imbault

À la manœuvre de ce grand chantier : un professionnel de l’horticulture, Jean-Paul Imbault, bien connu des amateurs de jardinage et des auditeurs de France Bleu Orléans, qui s’est vu attribuer en juillet 2020 le titre d’adjoint orléanais à la « ville-jardin », une grande première en France. En clair, aucun bégonia ne peut être planté, aucun arbre ne peut être abattu et aucune plantation n’est possible sans son aval. Le bouillonnant élu veut aller vite, porté par la passion qu’il voue au végétal. À la demande et avec la bénédiction de Serge Grouard, lui aussi passionné et fin connaisseur de plantes, Jean-Paul Imbault veut utiliser ses compétences acquises depuis 43 ans pour faire cohabiter les végétaux et ramener la nature dans la ville. « Avec le plus petit budget municipal, nous allons faire de grandes choses, s’enthousiasme-t-il. Je veux que la ville trouve un nouveau style : le projet est grandiose et nous allons jouer avec les plantes, car elles aiment ça ! »

Dès ce premier trimestre 2021, les Orléanais vont par exemple découvrir place du Martroi des arbres de… 8 à 10 m de haut. Dans un délai maximum de deux ans, le parc Sanitas devrait quant à lui devenir le grand « poumon vert » de la ville, qui s’appuiera en priorité sur la structure végétale existante : pas question de planter des massifs de rosiers et de géraniums afin de laisser la place aux aménagements végétalisés. Le plus spectaculaire sera le modelage d’un petit théâtre entièrement construit avec de la terre, doté d’une scène et de gradins en gazon et de rideaux de plantes. Animation et spectacles se produiront dans un espace vierge de tout béton, hormis les sanitaires, camouflés de verdure. Plantation de vignes, de pommiers anciens et de groseilliers sont également au programme, « mais dans un esprit sauvage, sans alignement ». L’idée étant de recréer « une biodiversité qui fera revenir oiseaux, écureuils ou papillons ».

À suivre ensuite, à Saint-Marceau, des massifs d’arbustes entièrement retravaillés, en écho au lieu qui a vu naître l’horticulture française. À La Source, des végétaux en gros pots et des prairies fleuries sur les grands terre-pleins centraux pour attirer les insectes et les abeilles, devraient quelque peu modifier la perception du quartier. Au centre aqualudique en construction à côté de la gare, Jean-Paul Imbault a demandé la modification de tout l’environnement végétal prévu initialement. Les plantes choisies, qui perdent leur feuille en hiver, n’auraient pas permis d’abriter les oiseaux, encore moins d’y faire leur nid. « Je n’ai rien contre les forsythias, mais ce ne sont pas des plantes adaptées au retour de la biodiversité ! », clame l’élu. Sinon, les fleurs arriveront dans tous les quartiers, y compris le moins pourvu d’entre eux, le quartier Est.

Des projets immobiliers en suspens

Dans le secteur de la ZAC Bourgogne, un projet d’immeuble a été annulé pour élaborer un jardin de senteurs, qui n’existait pas jusqu’alors. Dans le jardin de la Charpenterie, la haie de deux mètres a été taillée en créneaux pour libérer la vue et un potager va voir le jour, qui restera fleuri l’hiver. Autre projet, et non des moindres, qui pourrait voir son destin basculer : celui du Val Ouest. Sur 55 hectares, ce projet de 500 maisons, en zone inondable, pourrait bien se transformer en coulée verte, pépinières à l’ancienne, vergers partagés, bosquets bocagers, ferme solaire, parcelles agricoles de blé noir et de millet, dans l’objectif de faire revenir petits animaux et insectes. « Cela ne veut pas dire que l’on ne pourra pas construire, mais il faut revoir toute l’intégration », promet l’élu.

Lorsqu’on l’interroge sur les probables grincements de dents des promoteurs, Jean-Paul Imbault répond que ce sera aux nouvelles constructions de s’adapter aux arbres, et non l’inverse. « C’est dans le Loiret qu’est née la première pépinière française en 1590, et Orléans a rayonné dans le monde avec ses roses, avec la première d’entre elles, née en 1819, clame l’adjoint orléanais. Cela fait partie de notre patrimoine… » Le naturaliste, créateur cette année de quatre (!) almanachs dédiés au jardin, et qui publiera en mars chez France Loisirs, part du principe qu’il existe des plantes pour toutes les situations, à condition de bien les associer. Les faire cohabiter intelligemment entre elles permettra selon lui à la ville d’Orléans d’être en fleurissement les douze mois de l’année. Assisterons-nous prochainement au match béton contre pétales ? Pas impossible…

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