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Les gardiennes de la Macronie
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Les gardiennes de la Macronie

Les gardiennes de la Macronie

En 2017, elles faisaient partie de la vague des nouveaux députés macronistes qui ont fait leur entrée à l’Assemblée nationale. De nouveau candidates cette année dans les première et deuxième circonscriptions du Loiret, Stéphanie Rist et Caroline Janvier veulent prolonger leur bail de cinq ans supplémentaires. Mais pour quoi faire ? Entretien croisé.
Benjamin Vasset
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Qu’avez-vous fait chacune, en cinq ans, en tant que députée du Loiret, pour améliorer le quotidien de vos concitoyens ?

Stéphanie Rist : De façon générale, le travail de la majorité a abouti à des résultats concrets : la baisse du chômage, le dédoublement des classes en REP+, l’augmentation du nombre d’apprentis… Plus personnellement, la loi Ma Santé 2022, à laquelle j’ai participé,
a supprimé le numerus clausus dans les études de médecine. J’ai aussi porté une loi qui a permis de transformer l’organisation dans les hôpitaux et d’augmenter les compétences des professionnels de santé, comme les sages-femmes.

Caroline Janvier : Je me suis battue pour la revalorisation de l’aide à domicile, j’ai porté un amendement sur le handicap qui oblige désormais à traduire en langue des signes les prises de paroles des ministres, j’ai rédigé une proposition de loi sur l’exposition des enfants aux écrans. Je suis aussi intervenue très tôt pour porter les problématiques de la ruralité, j’ai aussi défendu les petits agriculteurs de Beauce. J’ai également tenté d’innover dans ma pratique politique, en mettant autour d’une table des acteurs qui ont des intérêts opposés, en leur disant : « Si vous arrivez à vous entendre, je porterai cet amendement. » Quant à mon travail sur le cannabis, je n’en ferai pas un axe de campagne aujourd’hui, car je considère qu’on ne peut pas avoir raison tout(e) seul(e). Il y a des sujets qui arrivent au bon moment, d’autres non.

Les parlementaires LREM ont souvent été décrits comme des députés « godillots ». Y a-t-il une part de vrai dans cette expression ?

S.R. : Ce que j’ai voté, je l’ai voté en conscience. Ce que l’on a porté correspondait au projet du Président en 2017. Je crois au contraire qu’il est important d’avoir des députés solides, sans frondeurs, pour faire avancer le pays. Si les ordonnances-travail ont pu passer, c’est aussi grâce à cela…

C.J. : J’ai eu le sentiment, dans ma pratique, de faire preuve d’indépendance, en votant par exemple contre la loi sur la Sécurité Globale. Je suis fière du bilan global de cette majorité, mais quand je n’étais pas d’accord, je l’ai dit. Je me positionne comme une députée loyale – parce qu’il doit y avoir une certaine fidélité à notre parti et à nos électeurs –, mais autonome.

Emmanuel Macron, pour vous, n’aurait-il donc que des qualités… ?

S.R. : Bien sûr que non, mais qui n’a que des qualités ? Par contre, il a une vraie envie, sincère, d’améliorer la situation du pays, alors qu’il pourrait avoir, ailleurs, une situation plus favorable à titre personnel. Pour ce mandat, il a cependant promis plus d’écoute, notamment auprès des parlementaires.

C.J. : Non, bien sûr, même si je continue de penser qu’il a été l’un des meilleurs Présidents que la France a eus depuis longtemps. Après, il y a affect particulier, qui prend d’ailleurs trop de place, dans la façon dont il est perçu : les gens devraient plutôt regarder les changements qui ont eu lieu dans leur vie lors des cinq dernières années.

Malgré sa victoire  à la présidentielle, pourquoi autant de gens le détestent-ils, selon vous ?

S.R. : C’est, je pense, lié à l’attente qu’ont les gens lors d’une élection présidentielle : ils ont l’idée qu’un Président va changer leur vie en deux jours, et les réseaux sociaux accentuent cela. Dire qu’il a été le Président des riches, c’est faux : il y a les faits, il y a un bilan. Quant à son arrogance supposée, il y a eu au début du quinquennat un ton et des phrases un peu malheureuses. Mais tout cela a été beaucoup exagéré.

C.J. : C’est très lié au régime, qui donne trop de place à l’image du Président, car je rappelle qu’il y avait aussi de la détestation envers Sarkozy et Hollande. Après, on le voit dans certains pays d’Europe et aux États-Unis : il y a une montée des inquiétudes, avec une tentation de la démagogie et de la simplicité autour de gens qui promettent monts et merveilles…

LREM, et maintenant Renaissance, est-il un parti assez représentatif  de tous les milieux sociaux ?

S.R. : On retrouve toutes les classes sociales chez les militants. Après, il faut sans doute mieux montrer ce que nous pouvons faire pour toutes les couches sociales.

C.J. : Je n’ai pas regardé l’ensemble des nouvelles investitures pour les législatives mais, dans la majorité précédente, oui, ce problème était réel, même s’il a été un peu exagéré par les Insoumis. Parce que quand vous regardez les patrimoines de Mélenchon, de Corbière ou de Ruffin… J’aimerais qu’on fasse pour La France Insoumise les mêmes « études » que l’on a faites pour nous…

Personnellement, vous êtes plutôt de la jambe gauche ou de la jambe droite de la Macronie ?

S.R. : J’ai encore du mal à répondre à cette question. Peut-être que je suis bien équilibrée, que je n’ai qu’une jambe et qu’elle est bien centrée (sic)…

C.J. : J’ai plutôt une sensibilité de gauche, même si je crois à la politique de l’emploi qui a été menée. Après, je crois qu’on assiste à une autre phase de recomposition politique, qui nécessite d’autres marqueurs que la droite et la gauche.

Un peu d’alternance politique et un Mélenchon Premier ministre, ne pensez-vous pas quand même que cela pourrait faire du bien au pays ?

S.R. : Non, ce serait une catastrophe, un désastre économique, avec de lourdes conséquences sociales. Vous savez, j’ai siégé pendant cinq ans à côté des députés insoumis dans l’hémicycle : ils ont beaucoup crié, ils ont fait beaucoup de vidéos, mais ils ont fait peu de propositions qui n’étaient pas démagogiques ou irréalisables.

C.J. : Le programme de LFI est tellement différent du nôtre que si Jean-Luc Mélenchon est Premier ministre, il y aurait une vraie situation de blocage avec le Président. Il y a dans ce que les Insoumis proposent une forme de radicalité qui peut séduire mais qui, de mon point de vue, serait inopérante et aurait des résultats inverses à ceux recherchés.

Vous êtes deux députées : le sexisme et/ou le machisme, cela existe-t-il encore à l’Assemblée ?

S.R : À titre personnel, je ne l’ai jamais ressenti. Par contre, je remarque que les postes à responsabilité sont toujours occupés par des hommes…

C.J. : En tant que députée, je n’y ai jamais fait face mais, par contre, cela existe encore pour certaines collaboratrices parlementaires. Et puis, il y a encore un certain nombre de biais qui font qu’on assimile encore la légitimité politique à l’homme ; les femmes sont d’ailleurs beaucoup moins écoutées quand elles prennent la parole dans l’hémicycle… 

Au fait, être député, est-ce la belle vie, comme le pensent certains de vos concitoyens… ?

S.R. : Ce mandat aura été une expérience enrichissante, avec énormément de rencontres, mais avec, aussi, un engagement qui nécessite beaucoup de travail et de résilience sur la vie personnelle. Ça a aussi pu être très douloureux lorsque mes enfants ont été menacés sur les réseaux sociaux. Ce sont des moments où l’on se dit : « Mais pourquoi je fais ça ? » Après, quand on arrive à aider des gens et des projets, quand on fait une loi qui repousse certaines limites, on a une vraie satisfaction. 

C.J. : C’est un travail passionnant, avec des journées où vous pouvez vous faire engueuler le matin en circonscription et où vous êtes reçu l’après-midi dans un ministère. Mais cela demande beaucoup de sacrifices personnels : si vous saviez le nombre de divorces et de problèmes de santé chez les députés… Évidemment, nous sommes reçus dans de beaux endroits, nous vivons des moments exceptionnels, mais les gens ne mesurent pas notre investissement. Le pouvoir ? Le seul que vous ayez réellement, il est au nombre des gens qui vous suivent pour porter un texte ou une loi. D’ailleurs, la phrase qu’on entend souvent chez les députés, c’est : « On se compte ! » 

Pour terminer, que pensez-vous l’une de l’autre ?

S.R. : Caroline est une députée qui travaille beaucoup sur des sujets qu’elle mène à bien. Elle est déterminée. 

C.J. : Stéphanie n’a pas ménagé son énergie durant cinq ans, je salue son engagement.

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