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Matchs dans le match à Orléans-4
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Matchs dans le match à Orléans-4

Matchs dans le match à Orléans-4

Aux départementales du mois de juin prochain, un canton orléanais sera scruté avec la plus grande attention : à l’est d’Orléans, des anciens amis politiques font s’y faire face, à gauche, au centre et à droite. 
Benjamin Vasset
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Personne ne s’intéresse aux élections départementales ? Dans certains cantons, il y a pourtant, au-delà du fond et des propositions, des trajectoires politiques qui vont donner un piquant particulier à ce scrutin. Orléans-4 est l’un d’eux : sur un territoire qui regroupe environ 30 000 habitants et 20 000 électeurs, six binômes sont sur la liste de départ. Ceux-ci sont tous soutenus, de près ou de loin, par les grandes forces politiques actuelles : La France Insoumise, Verts, Parti Socialiste, LaREM-Modem, LR et Rassemblement National. La constitution de ces candidatures est aussi révélatrice de la tectonique des plaques qui bouleverse depuis quatre ans la vie politique française et orléanaise, celle-là même qui a ébranlé tant de convictions et brouillé tant d’amitiés. « Les grilles de lecture ne sont peut-être plus aussi évidentes que les années passées… », reconnaît ainsi le conseiller départemental sortant et favori du scrutin, Olivier Geffroy.

En souvenir du bon vieux temps

Ce dernier, qui s’est allié pour cette élection à Florence Carré, avait en effet été exclu des LR à la fin de l’année dernière pour avoir fait le choix d’Olivier Carré aux dernières municipales. Il a finalement réussi à retourner la situation et à être finalement soutenu par son ancien parti des Républicains. « Il faut prendre un peu de hauteur », explique-t-il face à ceux qui l’accusent de s’être dénié. Sur le fond, Olivier Geffroy met en avant sa qualité de sortant et explique que c’est grâce à la majorité départementale en place que le visage du canton a pu être autant changé ces cinq dernières années, notamment avec l’arrivée du nouveau collège, dont il veut « conforter le bon fonctionnement ». Pour lui, cet équipement « s’inscrit clairement dans le cadre d’une coopération renforcée entre le Département et la Ville d’Orléans ». De là à dire qu’il va se présenter comme le candidat de l’actuelle majorité orléanaise ? L’intéressé esquisse un sourire qui se fait plus matois encore lorsque ses adversaires affirment qu’il n’habite pas le canton. « Et alors ? En quoi cela a-t-il changé mon action lors des dernières années ? », répond-il.

Stéphanie Anton n’est pas la dernière à pointer du doigt ce qu’elle juge être une incongruité : avec Olivier Geffroy, pourtant, elle partageait un soutien officiel à Olivier Carré lors des dernières municipales. Aujourd’hui, moins d’un an après leur défaite, les deux anciens colistiers se font face. « Je n’ai pas compris son retournement de veste », assène Stéphanie Anton qui, alliée à Tej Hernoune, dit proposer une candidature centriste regardée avec bienveillance par la majorité gouvernementale*. « Le ralliement d’Olivier Geffroy à Serge Grouard a été la petite goutte d’eau qui a fini par me décider, confie-t-elle. J’ai compris son ambition personnelle, mais j’en ai été déçue. J’ai envie de défendre d’autres valeurs humaines. » Des valeurs écologistes, aussi, pour celle qui fut adjointe orléanaise au développement durable entre 2014 et 2020 : « Le Département est un échelon incontournable pour porter ces politiques. On peut y agir sur les risques inondations, sur le canal d’Orléans, sur le développement de l’agriculture urbaine et périurbaine, de même que sur la restauration des cours d’eau. Et puis, il y a dans cette collectivité un côté « ancrage local » et « mains dans le cambouis » qui me plaît », explique celle qui veut porter une transition autant écologique que sociale et dit être, avec son binôme, le symbole d’un « renouvellement ».

Les amis d’hier…

Sur la gauche de Stéphanie Anton, un autre « duel » attire également les regards. Anciens compagnons au Parti Socialiste, Baptiste Chapuis et Olivier Frézot ont pris depuis 2015 des trajectoires différentes. Le second s’est éloigné du PS sur la fin du quinquennat Hollande, pensant qu’il « fallait proposer un programme politique progressiste et enthousiaste qui ne soit plus seulement un rempart contre l’extrême-droite » ; le premier a gardé sa carte et est revenu dans la lumière politique locale en réintégrant le Conseil municipal d’Orléans en 2020, après une campagne de premier tour réussie. En compagnie de Karine Harribey, il se (re)présente dans ce canton d’Orléans-4 pour porter au Conseil départemental quelques propositions fortes : « le Département a un rôle de bouclier social à jouer et aujourd’hui, il n’est pas au niveau, insiste Baptiste Chapuis. Une trentaine de Départements ont déjà expérimenté le RSA pour les 18-25 ans, et dans le Loiret ? Rien. » Sur l’alimentation dans les collèges, compétences départementales : « pourquoi ne pas instaurer un tarif au Quotient Familial ? De même, nous proposerons une aide de 100 € aux collégiens pour qu’ils puissent s’acheter un vélo neuf ou reconditionné. » Pour les écologistes, Olivier Frézot, accompagné de Laïla Safri, en appelle, s’il est élu, à « une vraie politique de relance des activités culturelles et sportives », demandant aussi à ce que soit mis l’accent sur « une alimentation bio et locale dans les collèges ». Il pense à d’autres projets à mettre en lien avec les collectivités compétentes, comme « la sécurisation des pistes cyclables et la réalisation de vélos-rues » dans la métropole d’Orléans. Et sur la déviation de Jargeau, désormais bien embarquée, il affiche sa différence : « nous nous opposerons à ce projet aux conséquences que cette déviation va créer tout autour car derrière, une zone de FRET va certainement être aménagée », prophétise Olivier Frézot.

À gauche, certains sont encore à se demander, cependant, pourquoi socialistes et écologistes n’ont pas pu s’entendre sur ces départementales, malgré un appel au rassemblement lancé in extremis. « C’est dommage de se dire qu’uniquement pour des questions de tambouille et de places, et sans parler d’éléments programmatiques, nous n’avons pas réussi à y aller ensemble », exprime Baptiste Chapuis à l’intention des Verts. « Je regrette qu’il n’y ait pas eu d’accord, mais Jean-Philippe Grand a tout tenté pour cela », répond Olivier Frézot, pour qui EELV trace, à travers ces élections départementales, un sillon pour (les élections de) demain. « Nous n’allons certainement pas remporter tous les cantons du Loiret, mais nous voulons traduire un espoir. L’idée, c’est d’être là à chaque élection ». Sauf grosse participation, il ne devrait pas y avoir de triangulaire au deuxième tour. Pour s’y qualifier, faire partie des deux premiers binômes au soir du premier tour sera indispensable**

* Ses deux suppléants sont encartés au Modem

** Sont qualifiés pour le second tour les binômes présents au premier tour et ayant obtenu au moins 12,5 % des voix des électeurs inscrits. Cependant, si un seul binôme réunit les conditions pour se maintenir au second tour, le code électoral autorise le binôme qui a recueilli le plus de suffrages, après le binôme remplissant les conditions, à se maintenir.

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