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Zemmour : qui sont ses convertis ?
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Zemmour : qui sont ses convertis ?

Zemmour : qui sont ses convertis ?

Alors que la candidature du polémiste à la présidentielle semble de moins en moins hypothétique, un comité de soutien a été officialisé le 22 octobre dernier dans le département. Il rassemble pour le moment des profils en provenance des Républicains et de la galaxie lepéniste. 
Benjamin Vasset
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Éric Zemmour, combiende bataillons en Touraine ?-HEBDO-TOURS

Éric Zemmour annoncera-t-il le 9 novembre sa candidature à Colombey-les-Deux-Églises, là où est enterré le général de Gaulle ? La rumeur fait frémir les gaullistes, désarçonnés par les récentes libertés avec l’Histoire qu’a prises le polémiste sur les années d’Occupation. Sur le sujet, Alexandre Cuignache, un de ses nouveaux disciples en région Centre-Val de Loire, défend cependat son héros et tente un « en même temps » historique en équilibre instable : « Dire que Zemmour réhabilite Pétain, c’est ridicule : il adule le Général ! Il n’est plus temps de parler des querelles historiques. L’histoire de France, on doit la prendre en bloc. On peut regretter cependant qu’en 1940, le gouvernement français soit allé à Vichy, et pas à Alger. » On parle encore d’Histoire, mais parce que Zemmour y revient sans cesse, lui qui ne cesse de rappeler au besoin présumé d’un « roman national » qui serait d’ailleurs tout sauf de l’Histoire. Mais voilà : « Danièle Obono (députée LFI, ndlr) par exemple ne veut plus dire “Vive la France !” », se lamente Léandre Valles, lui aussi converti au « zemmourisme » dans le Loiret. Aujourd’hui, aucun député de la Nation n’irait dans les tranchées pour défendre la France ! » est persuadé ce jeune étudiant, comme déjà nostalgique – malgré son âge loin d’être canonique – d’un pays qui aurait renoncé à toute vertu patriotique.

« Il rentre à la maison »

Avec sa camarade Eva Berroyer, Léandre Valles fait partie, dans le département, du mouvement Génération Z, un regroupement de jeunes hommes et femmes qui souhaite ardemment voir Éric Zemmour passer en vainqueur la porte de l’Élysée au printemps prochain. Récemment, cet aréopage a d’ailleurs fait l’objet d’un reportage à la télévision… néerlandaise, laquelle a présenté ses actions à Orléans. On y a par exemple vu s’exprimer Valentin Blelly, tout frais « animateur du comité de soutien à la candidature d’Éric Zemmour dans le Loiret ». Le 22 octobre dernier, ce dernier était encore là pour mener la danse face à la presse et présenter la naissance de cette antenne locale. Il l’a fait dans une position surprenante, car il était encore, ce jour-là, membre des Républicains (et responsable des jeunes LR du département, ndlr). « Je garde ma carte LR, expliquait-il ainsi le 22 octobre. Je me sens très bien dans ma famille politique ! » Une famille qui, une semaine après cette prise de parole publique, confirmait l’héberger toujours, avant une possible exclusion. Rappelons que Valentin Blelly, après un apprentissage militant au sein du Front national dans les années 2010, avait resurgi dans le champ politico-médiatique local au moment de la campagne des municipales à Orléans, où il avait participé – et soutenu – la candidature de Serge Grouard. En se déportant aujourd’hui vers Éric Zemmour, certains de ses « amis » chez les LR expliquent qu’« il rentre à la maison… ».

Le 22 octobre dernier, parmi les nouveaux soutiens au polémiste, on a aussi vu apparaître le visage de Bruno Chauvierre, 78 ans au compteur, qui s’est visiblement repiqué à la politique à l’approche de la présidentielle. Orléanais d’origine, cet enseignant-chercheur en psychologie avait passé la plus grande partie de sa carrière professionnelle et politique dans le Nord, où il avait tenu pendant plusieurs années le rôle de secrétaire départemental du RPR. Il avait même été élu au Palais-Bourbon en 1986, sous l’étiquette… Front national. Une étiquette qu’il n’aura pas portée très longtemps, ce Chiraquien de cœur faisant rapidement sécession avec ses collègues lepénistes à l’Assemblée après avoir justement échoué à rapprocher les deux partis. Le RPR ne pardonnera pourtant jamais d’avoir à Bruno Chauvierre d’avoir basculé – même brièvement – vers le FN. Grenouillant toujours dans les milieux politiques, son nom était également remonté à Orléans au moment de la campagne municipale : au printemps 2020, une photographie de lui posant, un jour de tractage, avec Serge Grouard, avait enflammé les adversaires de l’actuel maire d’Orléans, qui avaient alors exhumé sans se forcer le passé frontiste de Bruno Chauvierre. Son « ralliement » à la galaxie zemmourienne s’est visiblement acté très tard, quelques heures seulement avant la conférence de presse du 22 octobre. Ce qui ne l’a pas empêché d’être bombardé « président d’honneur » de ce comité de soutien à Éric Zemmour dans le Loiret.

« Pas de programme, mais une vision »

Cinquième larron de ce quintet de soutiens loirétains au polémiste, un ancien conseiller régional du Rassemblement Bleu Marine élu en 2015, Alexandre Cuignache. Celui-ci n’a, dit-il, jamais adhéré au Front (ni au Rassemblement) national, mais au parti souverainiste Siel, que Le Monde présenta en 2014 comme « un groupuscule à la droite du Front national ». Un temps, Alexandre Cuignache a aussi frayé avec Nicolas Dupont-Aignan, dont il s’est éloigné, ce dernier n’étant pas, selon lui, « dans une démarche d’union des droites ». Paradoxalement, cet avocat évoque aujourd’hui le Rassemblement national comme un aimable « parti de gauche patriotique ». Au RN, on garde une image assez peu flatteuse du bonhomme : « Il a essayé de bouffer à tous les râteliers… » persifle un cadre du parti lepéniste en région. Alexandre Cuignache n’a, en tout cas, pas la langue dans sa poche : le 22 octobre dernier, il s’est fendu d’une comparaison pour le moins maladroite : « Zemmour, c’est comme le nombril : il est au-dessus des parti(e)s. » Pas sûr qu’en haut lieu, tout le monde ait apprécié. Ces cinq « Zemmouriens » loirétains disent en tout cas ne pas être seuls dans le département : ils affirment aujourd’hui – tenant une estimation des « réseaux sociaux »… – que « 800 personnes dans le Loiret sont intéressées par (les) rejoindre ». Quant à d’éventuels élus qui soutiendraient officiellement Éric Zemmour – par le biais de parrainages par exemple –, ils restent discrets : « Quand on est de droite, on ne veut pas encore trop s’afficher pour Zemmour… » plaident ces convertis du Loiret, dont on peut assez facilement imaginer de leur côté que, si leur héraut se présentait à la présidentielle, ils pourraient se présenter aux législatives. Alexandre Cuignache affirme ainsi pour sa part qu’il sera candidat dans la quatrième circonscription du Loiret, « que Zemmour soit candidat ou pas ». En attendant, ses premiers apôtres loirétains espèrent voir prochainement leur héraut faire un saut en chair et en os dans le département. « Même s’il n’a pas de programme aujourd’hui, il a une vision », disent-ils. À défaut de marcher sur l’eau, Eric Zemmour souffle pour l’instant sur des braises. 

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