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Anne Perbal : L’art en mouvement
Portrait

Anne Perbal : L’art en mouvement

Dans un décor minimaliste et raffiné, cette chorégraphe orléanaise n’a de cesse de tisser d’étroits liens artistiques entre la danse contemporaine, les lieux patrimoniaux d’exception, le chant, la poésie et… ses propres sculptures.
Marie-Sophie Gessat
1972 : Naissance
2012 : Crée la compagnie Les Yeux Grands Fermés
2014 : Démarre la sculpture d’argile, avec réalisation de silhouettes féminines

À n’en pas douter, la danse a toujours été une passion pour Anne Perbal. « Avant même que je ne prenne des cours, cela a toujours fait partie de ma vie, souligne-t-elle. Ensuite, ce fut une évidence. » Aujourd’hui, elle enseigne depuis six ans au Centre Chorégraphique National d’Orléans ainsi qu’à la MJC d’Olivet. Formée dans les principaux centres de danses parisiens, elle a obtenu son diplôme d’État en 1995, puis a poursuivi sa formation auprès de chorégraphes tels que Claude Brumachon – dont les créations s’inspirent des relations entre les êtres – ou Paco Decina, un artiste influencé par les philosophies orientales. 

Anne Perbal a également approfondi la méthode Feldenkrais, basée sur l’exploration et l’écoute du corps en mouvement. Au Centre Chorégraphique National d’Orléans, elle s’est intéressée à l’improvisation, à la composition et à la danse-contact. Très sensible au Butô, une danse subversive, lente, poétique et minimaliste née au Japon dans les années 60, elle a suivi une formation professionnelle dans cet art au Centre Chorégraphique National de Tours, puis auprès du chorégraphe Ikko Tamura. Elle va alors affirmer son propre style… 

Après avoir travaillé pendant huit ans au sein de la compagnie Éponyme, une structure orléanaise qu’elle a cofondée, Anne Perbal décide de créer en 2012 sa propre compagnie de danse, Les Yeux Grands Fermés. Un pas créatif d’importance qui lui permet de réaliser toutes ses idées artistiques, dans le cadre du perfectionnisme, du minimalisme et du côté poétique de son expression chorégraphique. Si dans celle-ci sont inclus toutes sortes de matériaux comme les tissus ou les végétaux, c’est surtout la sculpture qui l’inspire. « J’ai eu envie de travailler l’argile, et cela s’est fait naturellement, à l’instinct », explique-t-elle. Depuis 2014, ce sont ainsi quelque 70 silhouettes féminines de 40 cm de haut qui ont pris forme, ornées de végétal, de perles, de fleurs, mais aussi de paille, ou de fil de fer. Chacune placée sous une cloche de verre transparente, elles sont ainsi mises en scène… « Protégées dans ce petit espace, je les ai affinées au fil du temps dans leurs expressions et leurs décorations », indique la chorégraphe. 

Corps à corps

À partir de 2019, l’artiste ne se met à travailler que dans les lieux patrimoniaux et atypiques. Un booster d’originalité pour des performances qui, à Orléans, vont notamment prendre forme au musée des Beaux-Arts, au Campo Santo ou à la crypte Saint-Avit. Ces performances in situ se développent souvent sur des espaces très restreints : « Je danse sur un mètre carré, car je fais un focus sur le corps, ce qui fait de mon travail un art proche de la sculpture », explique Anne Perbal. Une originalité de fond par conséquent, qui se découvre au fil de représentations s’effectuant en solo, en duo ou en trio, pour revisiter de façon contemporaine les époques, leurs coiffures, ou leurs poésies… À partir de mars 2023, Fleurs d’encre, sa prochaine performance solo danse et poésie, mettra d’ailleurs en lumière les poétesses japonaises.

Transmettre

En local, Anne Perbal se fait aussi pédagogue. « Je réalise tout un travail de sensibilisation à la danse, notamment auprès du jeune public, et certains de mes spectacles leur sont dédiés, affirme-t-elle. Je travaille aussi en milieu scolaire et je me suis investie pendant six ans auprès de la Ligue de l’Enseignement du Loiret. » Eh bien, dansez maintenant…

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