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Aurélie Schnell : la beauté du geste
Portrait

Aurélie Schnell : la beauté du geste

Plus à l’aise pour dessiner que pour parler d’elle, cette dessinatrice touche-à-tout n’en demeure pas moins un personnage captivant. Retour sur un parcours tout sauf linéaire, qui l’a même menée sur le plateau télé des Z’Amours…
Hugo De Tullio
1982 : Naissance d’Aurélie Schnell
2001 : S’installe à Orléans
2008 : Se met à son compte

« Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » Cette question, Aurélie Schnell la redoute par-dessus tout. Née en banlieue parisienne, cette jeune femme de 38 ans vit à Orléans depuis sa majorité. Dessinatrice, peintre, calligraphe, mais aussi enseignante et peluchière, elle multiplie les casquettes et passe d’une activité à l’autre avec une facilité déconcertante.

Après un baccalauréat littéraire et un diplôme d’expression plastique, elle se met immédiatement à son compte, jusqu’au jour où elle accepte une proposition d’emploi pour un poste de calligraphe à Boulogne-Billancourt, discipline qu’elle n’a pourtant jamais pratiquée. Elle écrit alors à la main divers documents (menus, invitations) et performe notamment dans le domaine du luxe à Paris, pour des défilés de mode ou des galas. Ce qui lui plaît dans la calligraphie ? « Le rapport aux gestes, trouver la justesse dans la ligne. » Plus facile à dire qu’à faire, car pour parvenir à donner à ses mouvements de l’intensité, il faut « chercher deux forces opposées : quelque chose de déterminé, fort, et en même temps du calme, de la tranquillité », analyse-t-elle après une longue réflexion. 

Ses maîtres à penser passent par tous les continents et toutes les périodes. Ils se nomment Shitao (maître chinois taoïste du XVIIe siècle), Claire Tabouret, Peter Doig (peintres contemporains) ou encore Fabienne Verdier. Cette dernière, raconte Aurélie, a suspendu un pinceau géant au-dessus de son atelier, qu’elle dirige par un guidon de vélo… Inspirant ! 

Même si elle considère que son niveau calligraphique est encore modeste, Aurélie fait aussi profiter ses talents à la fameuse émission Les Z’Amours. Les pancartes sur lesquelles sont inscrites les réponses des candidats, c’est elle qui écrit dessus depuis six ans ! « Une connaissance qui travaillait déjà-là-bas m’a proposé le job pour qu’on forme un binôme, raconte-t-elle. Depuis, l’exercice me plaît toujours autant. L’ambiance est très agréable. » La calligraphie, Aurélie l’enseigne également quelques heures dans l’association Aux Alentours, à Cléry-Saint-André. Aux Beaux-arts, elle inculque aussi le dessin, l’une de ses premières amours. « Mes dessins prennent différentes formes en fonction des moments de ma vie. J’ai beaucoup travaillé sur l’arbre pendant dix ans et, depuis un an ou deux, je mixe portraits et paysages. » 

Ligne droite, ligne courbe

En parallèle, la professeure est également graphiste, créant affiches, logos d’entreprises, illustrations et autres couvertures de livres. « J’aime le fait d’avoir des projets variés, poursuit-elle. J’aime le changement. » Quitte à se sentir parfois un peu « schizophrène », Aurélie ne finit pas d’accumuler projets et passions. Pendant près de cinq ans, la dessinatrice s’est aussi occupée à concevoir des peluches et même des marionnettes. « Pour m’amuser, je fabrique des animaux en couture. L’idée est partie du fait que je voulais faire des cadeaux aux nouveau-nés », rappelle-t-elle. Aujourd’hui, quand elle n’est pas occupée à coudre, dessiner ou suivre une… licence de philosophie en candidate libre, Aurélie trouve encore le temps pour faire du yoga ou lire des ouvrages de…physique quantique. Et à bien y réfléchir, ce hobby n’est pas sans rappeler la calligraphie : « je m’intéresse aux mouvements invisibles qui traversent le vivant. »

Actuellement, la crise de la Covid-19 n’aide pas Aurélie à présenter son travail hors des murs. Cependant, à l’occasion des prochaines Journées du Patrimoine, elle devrait pouvoir organiser une exposition au château du Bouchet, à Dry, près de Cléry-Saint-André. Il s’agira de dessins présentés en miroir d’une recherche graphique sur la ligne droite et la ligne courbe, qui interrogent des mouvements de la nature. Qu’importe donc si Aurélie ne sait jamais trop répondre à l’épineuse question : « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? ». L’important n’est pas de dire mais d’agir, et pour cela, la jeune femme s’en sort à merveille…

2 réponses

  1. AClaire m a fait part de cet article a propos de toi et m a fait decouvrir tes dernieres creations.
    J aime beaucoup et sont tres inspirantes.BRAVO.

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