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Cyprien Soulaine Chercheur d’avenir
Portrait

Cyprien Soulaine Chercheur d’avenir

Sans eau, point de vie ! Avec son projet Coconut, ce chercheur du CNRS à l’Institut des Sciences de la Terre d’Orléans vise à remédier à la pollution résiduelle des eaux souterraines
Gaëla messerli
Cyprien Soulaine Chercheur d’avenir
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À l’heure où les ressources se font rares et où la pollution nous rappelle les limites de notre planète, les chercheurs de tout poil semblent être l’avenir de l’Homme. À l’Institut des Sciences de la Terre du CNRS, Cyprien Soulaine est l’un d’eux. L’été dernier, l’Europe a attribué à son projet Coconut un financement de 2 M€, dans lequel il n’était point question de noix de coco, mais bien de solution pour arriver à libérer les gouttelettes de contaminants – comme les hydrocarbures et autres solvants chlorés – piégées par capillarité dans les sols et sous-sols. Un type de pollution très complexe à éliminer, que le projet Coconut veut combattre en cherchant à utiliser des particules de taille nanométriques (des particules métalliques, de silice, d’argile ou des bactéries) afin de libérer les gouttelettes piégées dans les réseaux et résoudre donc, in fine, les problèmes de pollution résiduelle. Un beau projet tout en modélisation et en simulations numériques, qui est aussi fait d’expériences microfluidiques réalisées sur des laboratoires géologiques miniaturisés.

On est ici bien loin du quotidien du commun des mortels, qui ne perçoit pas tout ce qui se joue dans ce laboratoire de La Source. Pourtant, en nommant ce projet Coconut – acronyme de Colloidal Control of Multi-phase flow in geological porous media –, Cyprien Soulaine concède avoir fait « du storytelling », conscient qu’il faut savoir marquer l’esprit des jurys lors d’appels à projets de recherche, où la concurrence est de très haut vol… « On a d’ailleurs déjà vu un projet de recherche baptisé Carambar, raconte le jeune chercheur. L’idée est de rendre plus sexy la présentation de projets. Une année, j’avais publié un projet dans une revue scientifique et l’un des rédacteurs de la revue m’avait dit que le nom choisi n’était pas assez exotique… » Avec Coconut, Cyprien Soulaine a visiblement tenu compte de la remarque… Il faut dire que pour décrocher les 2 M€ du Conseil Européen de la Recherche, il a dû faire la différence parmi plusieurs milliers de propositions. Un challenge qui n’a pas découragé ce garçon qui a débarqué dans l’Orléanais depuis 2019 et vivait auparavant en Californie. « Je suis arrivé à Orléans un peu par hasard… » reconnaît Cyprien Soulaine, qui explique avoir suivi des études en école d’ingénieurs, en mécanique des fluides et mathématiques appliquées. Un cursus qu’il a poursuivi, ensuite, à l’Institut national polytechnique de Toulouse. Après une thèse financée par Air Liquide, il a donc saisi l’opportunité d’un post-doctorat à l’Université de Stanford. Un établissement visiblement très accueillant, où il est restécinq ans. « Les conditions étaient exceptionnelles, indique-t-il. J’ai beaucoup publié et j’avais une vraie équipe. Néanmoins, la vie dans la Silicon Valley a un coût, même si les salaires sont plus élevés qu’ici. Mais surtout, il y a un mode de vie différent en Europe. » Alors il a fait le choix, avec sa compagne, de revenir en France après la naissance de leur petite fille. 

Foi en les maths

Le retour dans l’Hexagone n’a cependant pas été simple pour les deux chercheurs en quête de postes. Cyprien Soulaine a d’ailleurs travaillé, pendant un an et demi, en détachement de son poste américain. Il a ensuite été embauché au département « Eau, environnement et écotechnologies » du BRGM, où il travaillait sur des questions de stockage souterrain, avant d’arriver au CNRS. « Ces deux établissements sont complémentaires », analyse ce chercheur attaché à la notion de sciences ouvertes de son employeur actuel, où « les publications sont en accès libres et les codes en open source ». Cyprien Soulaine croit dur comme fer en la recherche et dans les modèles mathématiques qui peuvent être autant utiles dans le cadre du stockage de CO2 que pour celui de l’hydrogène. « On a d’ailleurs un collègue qui travaille sur de l’hydrogène orange produit à partir de l’oxydation du fer ! » ajoute-t-il avant de retourner à ses modèles mathématiques.

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