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Guy Janvrot Tout naturellement
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Guy Janvrot Tout naturellement
Portrait

Guy Janvrot Tout naturellement

Après une carrière d'instituteur, ce photographe et naturaliste orléanais, secrétaire de la fédération régionale France Nature Environnement et administrateur de l’association Loiret Nature Environnement, continue de défendre la biodiversité tout en partageant sa passion
Gaëla messerli
Gaëla messerli
Gaëla messerli
Gaëla messerli

Son père n’était pas botaniste, il n’est pas non plus « le fils de Nicolas Hulot », comme il le dément en souriant : Guy Janvrot s’est juste intéressé à la nature en partant vivre à la campagne. Au cours de sa carrière d’instituteur dans le Loiret, il y a fait une rencontre importante : celle de François Larigauderie, naturaliste bien connu localement. C’est ce dernier qui l’a fait rejoindre Les Naturalistes orléanais, qui deviendront Loiret Nature Environnement. « En tant qu’instituteur, je m’intéressais à la chose vivante, rappelle notre interlocuteur. À l’époque, il n’y avait ni Greenpeace ni WWF sur le terrain. J’ai pu faire un peu de taxidermie au Muséum, où l’association avait au départ son siège. » Guy Janvrot se souvient avoir préféré l’engagement associatif à l’engagement politique. Il a, depuis, toujours privilégié la conciliation. Ayant d’ailleurs pris une année sabbatique au cours de sa carrière, il se retrouva finalement animateur nature pour l’association pendant deux ans…

Sans faire de jeu de mots, sa vocation d’instituteur fut, quant à elle, assez… naturelle. « J’ai toujours aimé travailler avec les jeunes et j’ai fait beaucoup de colonies. Cela m’a emmené vers l’enseignement », éclaire cet adepte de la méthode Freinet, qui fut même, un temps, responsable du groupe régional dédié à cette pédagogie. Pendant vingt ans, il enseignera à Semoy et, en 2006, arrêta l’enseignement public « pour rejoindre la Ligue de l’enseignement dans le Cher. Je siégeais à l’époque au Conseil économique, social et environnemental de la région comme représentant des associations environnementales. » Dans le Cher, il se consacra ainsi à un centre dédié au développement durable : Les Grands Moulins. « Nous y avons mis au point des animations pédagogiques comme une maison solaire en kit, explique Guy Janvrot. Le but était la découverte du développement durable de manière pédagogique. »

Au « pied du mur »

Une mission qu’il assura jusqu’à sa retraite, en 2016. Enfin, « retraité » n’est pas tout à fait le bon terme pour cet ancien instituteur, qui reste photographe autoentrepreneur et continue d’assumer de nombreuses responsabilités associatives : après avoir été président de la fédération régionale de France Nature Environnement, il en demeure encore notamment secrétaire, tandis qu’il est aussi vice-président de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire. Sa retraite reste également constituée de sorties photos dans la nature, à toutes les heures de la journée. « La nuit dernière, raconte-t-il, j’étais encore seul en forêt d’Orléans à observer un renard… » Cet animal est un peu le favori de Guy Janvrot, qui estime que le genre de clichés qu’il prend ne s’obtient qu’avec une patience de Sioux… « La nature rend humble, relate-t-il. On apprend beaucoup à observer les animaux, presqu’autant sur soi-même que sur eux. »

Quant au monde qui l’entoure, ce naturaliste prône « penser globalement » et « agir localement ». « Le changement ne peut pas se faire sans justice sociale, pense-t-il. Les fins de mois comptent autant que la fin du monde. » Il alerte cependant sur le réchauffement climatique et la diminution de certaines espèces : « il n’y a plus le choix, on est au pied du mur », prévient-il. D’ailleurs, lui-même fut, avec l’un de ses collègues naturalistes, à l’origine de l’opération « Zéro pesticide » dans la région, qui a conquis nombre de collectivités. Depuis, la loi est passée par là, mais ce genre d’intervention aura permis de « planter une petite graine » dans les esprits…

Vies sauvages

Pour l’heure, outre ses sorties pour réaliser des photos ou accompagner des amateurs de nature au brame du cerf, Guy Janvrot a prévu de participer mi-septembre à Festi’phot 45 à Dordives, mais aussi aux portes ouvertes de la chocolaterie Papion. Après avoir publié il y a deux ans un livre baptisé Vies sauvages en région Centre-Val de Loire, consacré aux espèces de notre région, il compte bien, dans les prochaines années, réitérer un deuxième opus…

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