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Jacques Martinet, fil conducteur
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Jacques Martinet, fil conducteur
Portrait

Jacques Martinet, fil conducteur

Élu en fin d’année dernière président de la Chambre régionale de Commerce et d’Industrie, l’ancien maire de Saint-Denis-en-Val affiche une bonhommie qui a souvent tranché dans le milieu de la politique. Son héritage commerçant, dit-il, lui qui se considère toujours comme un « marchand de tissus ».
Benjamin Vasset
11/04/1958 : naissance à Blois
2001 : devient maire de Saint-Denis-en-Val, jusqu’en 2020
2021 : élu président de la Chambre régionale de Commerce et d’Industrie

Il fait partie de ces gens qu’on a l’impression de connaître depuis toujours. Jacques Martinet n’a pas passé sa vie dans le commerce pour rien : le sourire solidement accroché à son visage de Blésois méditerranéen, il cause d’emblée en se plaçant à votre niveau. « Je prends beaucoup de choses avec humour, reconnaît-il. Et je n’ai pas le melon. » Affable, il raconte n’avoir jamais frisé le burn-out durant sa vie professionnelle, même au temps où il cumulait les postes de maire, de vice-président de l’AgglO orléanaise, d’élu à la Région, de président à la Mission Locale et… de « marchand de tissus », comme il continue de s’appeler : arrivé dans la rue des Carmes en 1979 pour reprendre le flambeau familial des Tissus Martinet, il fonda dans les années 90 le magasin Caréfil d’Olivet, dirigé aujourd’hui par sa fille, Claire.

Quand il œuvrait en politique, il s’est souvent exprimé sans langue de bois pour dire des choses qui n’allaient pas forcément plaire. Quand Christophe Chaillou s’est par exemple fait élire en 2020 à la Métropole avec le soutien de Serge Grouard, l’homme de droite qu’est Jacques Martinet a démissionné du poste de président des Républicains qu’il occupait alors : pas d’accord avec ces méthodes. Aux dernières élections régionales, il a sauté du navire pendant la campagne de Nicolas Forissier parce qu’il n’occupait plus la place qu’on lui avait promise en début d’aventure. Et il a dit pourquoi sans faire l’anguille. « Quand les choses ne vont pas, je préfère partir, indique-t-il. Je ne suis fâché avec personne, mais il y a le respect de la parole donnée. L’Homme ne vaut que par sa parole. » Au printemps dernier, après cet épisode, Jacques Martinet a quitté pour de bon la politique, expliquant qu’il allait se consacrer à sa famille. Le voilà neuf mois plus tard à la présidence de la Chambre régionale de Commerce et d’Industrie, mais à un poste qui, assure-t-il, est totalement « apolitique ». « On est venu me chercher… », explique-t-il aujourd’hui. Il a visiblement accepté sans trop se faire désirer, pressé de remettre la main à la pâte, persuadé que l’échelon régional est efficace pour relever les nombreux défis économiques du territoire. « On doit tous se mettre en ordre de marche », glisse-t-il, affirmant qu’il faut la « jouer collectif » sur les dossiers majeurs que sont l’emploi et la relocalisation. Ce qui n’est pas forcément facile à mettre en place dans les faits, quand il s’agit de fédérer des acteurs économiques et politiques qui ne se connaissent pas toujours bien et n’ont parfois pas les mêmes intérêts. « L’important, c’est de se parler », insiste Jacques Martinet, dont la carte de visite d’ancien élu reste son meilleur atout. « Les élus actuels, je les connais tous, explique-t-il. Ils savent qu’ils peuvent me faire confiance. » François Bonneau, le président socialiste de la Région, sait par exemple qu’il pourra compter sur lui. « On a été adversaire politique, mais François, je m’entends bien avec lui, souligne Jacques Martinet. Quand il va faire du lobbying auprès du Grand Paris pour pousser les intérêts de notre région, je me proposerai de l’accompagner. » L’ancien maire de Saint-Denis-en-Val a l’air comme un poisson dans l’eau dans cet aquarium certes un peu différent que ceux qu’il a connus auparavant, mais il a « ça » dans la peau, c’est évident. « La politique, c’était une passion, reconnaît-il. Ce qui fonctionne, c’est la proximité. Moi, je passais plus de temps dans les rues que dans mon bureau. La politique, c’est discuter avec les gens. »

Rien de rien

Les gens, les Hommes, il dit les aimer sans connaître de rancœur ou de rancune et certifie ne se connaître aucun ennemi dans le milieu politique même après 30 ans passés à grenouiller dans ce marigot. « On ne peut pas s’entendre avec tout le monde, mais quand ça ne marche pas, je m’en vais. Je ne me suis jamais engueulé avec quelqu’un. Je peux être vexé, ulcéré, mais personne ne le verra. » Il met d’ailleurs en avant les vertus de la chasse au sanglier, qu’il pratique, pour rester les deux pieds dans la réalité : « j’ai des amis en Sologne qui n’ont pas peur de me dire leurs quatre vérités ». À 63 ans, il donne les gages d’un Homme en paix avec lui-même. « Je ne regrette rien. Je suis heureux, je me suis fabriqué la vie que je voulais ». Il reste encore, pourtant, du fil dans la bobine.

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