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Jean Dubrana : O là là !
Portrait

Jean Dubrana : O là là !

Véritables marqueurs de l’identité orléanaise, dans leur look imposant et ludique, les O de l’artiste Jean Dubrana n’ont pas fini d’émerveiller petits et grands. Rencontre avec un créateur de symboliques fortes.
Marie-Sophie Gessat
03/05/1959 : Naissance à Paris
1986 : Arrivée à Orléans
11/05/2017 : Installation du grand « O », sur la place du Martroi.

Place du Martroi, du haut de son 3,20 m tout en acier couleur sable de Loire, la lettre « O » souligne dans l’élégance de ses arrondis contemporains la statue de Jeanne d’Arc, comme le ferait un pont entre les époques, pour que l’on en profite au quotidien. Elle surprend aussi place de Loire par la succession de ses sept éléments aux dégradés de bleus, verts et sable (photo), où les enfants viennent jouer et les adultes immortaliser un selfie. La fameuse lettre se remarque aussi par l’originalité de sa gravure végétale au Jardin des Plantes. Bref, à Orléans, tout le monde connaît ce O. 

Cette lettre-là est née des mains de Jean Dubrana. C’est dans une famille d’artistes que ce dernier est né en mai 1959, avec du côté paternel des ancêtres Compagnons du Devoir. « Mon père, entrepreneur dans la construction, était charpentier de métier, précise son fils. Il aimait les constructions solides, techniquement parfaites et belles à regarder. Étant enfant, avec mes frères et sœurs, mes parents m’ont fait découvrir les musées, les expos, les concerts… Ils nous ont transmis leur fibre artistique. » Mais en grandissant, Jean Dubrana ne suivit pas le chemin de l’entreprise familiale, préférant les arts appliqués, la peinture et la photo. Il entra ainsi en 1976 à l’école Duperré d’Arts Appliqués, à Paris. Un cursus complété par un passage aux Beaux-Arts, avant d’intégrer une agence de dessins animés. « À l’époque, c’était encore très artisanal, sans ordinateur ni mécanismes pour simplifier la réalisation des films », raconte-t-il aujourd’hui. Une nouvelle voie s’ouvrit ensuite dans la communication pour Jean Dubrana qui, après une période en free-lance à Paris, décida de s’installer à Orléans. « C’était en 1986, et j’ai suivi ma future épouse qui était installée ici, raconte-t-il. Même si tout n’a pas été simple, j’ai eu la chance de travailler avec des entreprises locales, dont le groupe Mars à Saint-Denis-de-l’Hôtel et Honda, sur des dossiers très différents. Puis j’ai découvert la communication institutionnelle : j’ai adoré ce mélange entre la vie de la cité, la politique locale, la communication, et l’information, qui me permettait d’avoir une vision assez précise du fonctionnement de ma ville. » 

Beaux logos

À partir de 2010, Jean Dubrana réalise un gros travail de refonte de l’identité, des logos, et de la communication orléanaise à partir de nouvelles chartes d’identité graphique pour la mairie d’Orléans et ce que l’on appelait encore l’Agglo. C’est ainsi lui qui est à l’origine du logo du LAB’O, cette structure métallique hors normes qui reçoit l’approbation générale des élus et même des promeneurs… « On a vu que les gens prenaient des selfies et que ça générait pas mal de communication, se réjouit Jean Dubrana. La mairie d’Orléans m’a alors demandé de réfléchir à une manière originale de signaler la ville. À l’époque, je travaillais pour l’agence Force Motrice et j’ai recherché quelque chose de simple, de symbolique, de consensuel, aux couleurs chaudes et minérales, représentant clairement Orléans. » Les 0 que l’on retrouve depuis dans les places emblématiques de la cité étaient nées. « Et si en plus, elles sont aujourd’hui validées par les enfants… » commente en souriant Jean Dubrana, plutôt fier de l’utilisation de ses œuvres par
les autochtones.

De l’O, de là…

Bien qu’ayant un peu sacrifié son activité de cœur qu’était la peinture, l’homme continue cependant, aujourd’hui, à pratiquer l’art pictural. Remarqué par Benoît Gayet, président de l’association des Artistes Orléanais, il s’exprime d’ailleurs régulièrement par ce biais. Une façon de boucler la boucle, et de mettre les points sur les O.

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