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Jules Chesne : Sur la réserve
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Jules Chesne : Sur la réserve
Portrait

Jules Chesne : Sur la réserve

Aide-soignant de profession, ce jeune Orléanais de 23 ans devrait, à partir de la mi-décembre, patrouiller dans la métropole dans le cadre de la réserve opérationnelle de la police nationale. 
Gaëla Messerli
1999 : Naissance à Saint-Jean-de-Braye
Depuis 2021 : Aide-soignant au Pôle Santé Oréliance
Juillet-décembre 2022 : Formation de réserviste au sein de la police nationale à Orléans

Jules Chesne fait partie de ces jeunes qui donnent foi en l’humanité. Il est surtout la preuve vivante que l’engagement citoyen n’est pas mort : à la ville, on peut le croiser en blouse en tant qu’aide-soignant au sein du service de soins intensifs de cardiologie du Pôle Santé Oréliance de Saran, un métier que le jeune homme exerce depuis deux ans. Mais c’est dans un autre décor, au cœur du commissariat d’Orléans, que nous l’avons rencontré lors de sa formation de policier réserviste.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les réservistes ne font pas de la figuration : on le comprend d’ailleurs très vite en emboîtant le pas de Jules Chesne et de ses camarades dans les sous-sols du commissariat pour un exercice de recherche d’individu suspect. Les réservistes bénéficient, en effet, d’une formation initiale de quatre semaines, notamment en tir. Une épreuve qui peut d’ailleurs être éliminatoire de cette formation. « Avant la formation, je n’avais jamais touché une arme de poing, commente le jeune homme. Par contre, le module ayant trait à la mort n’était pas vraiment une découverte pour moi. » Comme les 46 réservistes formés en cette fin d’année à Orléans pour l’ensemble de la zone Ouest, Jules Chesne sait bien que, sur le terrain, c’est l’uniforme de la police qui sera visible de tous, que l’on soit policier de carrière ou réserviste. Il faudra donc être prêt à faire face au pire. Mais qu’est-ce qui peut bien motiver un jeune homme qui enchaîne déjà des gardes de douze heures à vouloir prêter main-forte à la police nationale pendant ses congés et ses jours de repos ? « Comme beaucoup d’enfants, j’avais, petit, l’envie d’être policier », sourit ce jeune homme né à Saint-Jean-de-Braye et qui avait abandonné son rêve, effrayé, adolescent, par le concours de la police. Et c’est un peu par hasard, en surfant sur les réseaux sociaux, que cet ancien pompier volontaire – durant six ans – a découvert la réserve opérationnelle de la police. De quoi faire renaître de leurs cendres ses premières aspirations professionnelles et le pousser à postuler. « J’ai passé un entretien à Tours puis la visite médicale obligatoire, explique-t-il. Mon dossier médical a été observé sous toutes les coutures. Puis mes mesures ont été prises pour l’uniforme… » Un moment qui, on le sent bien, fait encore frissonner le jeune homme.

Police secours

Jules Chesne s’est ensuite retrouvé en formation avec d’autres aspirants. Étudiants, agents de la police ferroviaire (SNCF) ou encore anciens gendarmes ou militaires… Les profils sont ici variés, car il est possible d’intégrer la réserve opérationnelle de 18 à 67 ans. Même assez peu nombreuses, il y a aussi des femmes. Outre la motivation, une bonne condition physique est recommandée. Les civils peuvent, en effet, effectuer jusqu’à 90 jours de vacations par an, payées 57 € net la vacation de sept heures. Jules Chesne a choisi lui d’être affecté dans le Loiret pour plus de proximité et plutôt sur des missions de police-secours, mais les vacataires peuvent choisir le terrain de leurs vacations : police aux frontières, préfecture de Paris, missions de renfort temporaire des activités de voie publique et de prévention, accueil du public… Les réservistes ne peuvent cependant pas se frotter au maintien et au rétablissement de l’ordre.

Au contact

Jules Chesne affirme ne pas chercher à devenir « un super-héros », mais vouloir « être utile à la société et être au contact de la population ». Un public qui sera ici plus large que celui qu’il rencontre aujourd’hui à la clinique. Un moyen aussi de se confronter à la réalité des métiers de la police et pourquoi pas, peut-être, à la fin de son engagement au sein de la réserve (un contrat d’un an renouvelable qui ne peut excéder cinq ans), le convaincre de tenter le concours d’entrée dans la police. En attendant, en décembre, lorsque vous flânerez au marché de Noël d’Orléans, peut-être croiserez-vous le sourire de Jules ou celui de l’un de ces volontaires qui ont décidé de donner un peu de leur temps au service des autres. Et qui sait, peut-être aurez-vous envie de les rejoindre…

Une réponse

  1. Bonjour,
    Un article qui résume parfaitement l’investissement de ces hommes et ces femmes qui, dans l’ombre, participent au bien être et à la sécurité des citoyens. Merci à vous de relayer avec simplicité et sincérité cet engagement.

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