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Laurence Perreau : Dirlo, super-héros ?
Portrait

Laurence Perreau : Dirlo, super-héros ?

Du dire de ses proches, Laurence Perreau court toute la journée. Très investie dans son poste de directrice d'école élémentaire orléanaise, elle a vu son rythme, au contraire de beaucoup d’entre nous, s’accélérer durant le confinement...
Ambre Blanes
08/05/1974 : naissance à Tours
2000 : début de l’enseignement dans le Charentonnais
2017 : arrivée à l'école Marcel Proust

Ses études d’Histoire passées, après avoir un temps été tentée de devenir professeur de français ou assistante sociale, Laurence Perreau s’est définitivement tournée vers l’enseignement. Elle ne voulait cependant pas se contenter d’une seule matière et se sentir impuissante face à quelqu’un qu’elle aurait souhaité aider. Tourangelle d’origine, elle passa alors un an à Amiens, puis dix dans le Cher et, à la suite d’un concours de circonstances et malgré son envie de retourner en Indre-et-Loire, emménagea dans le Loiret. D’abord à Saint-Martin-d’Abbat puis à Ingrannes, avant d’obtenir le poste de directrice et d’enseignante à l’école élémentaire Marcel Proust, du Faubourg Bannier. L’établissement regroupe les classes du CP au CM2 et accueille également une ULIS, unité localisée d’inclusion scolaire pour élèves handicapés spécialisée dans les fonctions cognitives. 

Le Covid-19 aura fait de 2020 une année à part, dont on se rappellera longtemps dans les couloirs de l’école. Laurence Perreau avance que c’est la charge de travail qui a été difficile à gérer, plus que le caractère inédit de la situation : elle s’est en effet rendue en école de regroupement dans le quartier, a assuré la permanence dans son établissement ainsi que la direction et l’enseignement en distanciel. Sans compter les groupes WhatsApp de collègues, directeurs, parents d’élèves ou écoles de regroupement, sur lesquels elle échangeait des infos : pour elle, au final, il y aura eu classe tous les jours… Si de telles mesures furent exceptionnelles, Laurence Perreau en a pourtant vu d’autres, et ce dès le début de sa carrière. Elle se rappelle ainsi de son arrivée dans le Charentonnais lors d’une… épidémie d’ovins : « le maire est venu me voir pour m’annoncer qu’à cause de la situation, je ne quitterais plus l’école ! Je devais y dormir, sauf qu’il n’y avait pas de lit, sinon un vieux piano désaccordé, des bocaux à serpents et un poêle. C’était vraiment ‘old school’ ! ». Elle ajoute en riant qu’elle aurait dû se méfier à la vue de la paille sur les routes à l’entrée du village… 

« Les enfants ? ils riaient deux fois plus ! » 

Dans le Sancerrois, aussi, en 2006, elle connut les turpitudes de « la grippe aviaire en campagne. Il y avait des oiseaux et des plumes partout dans la cour, et les enfants ne devaient pas y jouer ! » Trois ans plus tard, la grippe H1N1 apparut en France. « En tant que directrice, j’avais déjà reçu des masques et du gel hydroalcoolique, avec certaines mesures à appliquer, se rappelle Laurence. Puis c’est mort dans l’œuf avant qu’on n’applique toutes ces mesures ». L’expérience lui a quand même donné une certaine sérénité face à l’adversité, mais elle n’est pas la seule : dans sa classe, les petits ont pour habitude de se passer la craie pour noter leur bonheur du jour sur un tableau. Lorsque l’école Marcel Proust a réouvert, ils y ont exprimé leur joie de se retrouver et de finir l’année ensemble. « Les enfants ont une capacité imaginative incroyable, dit-elle à propos des nouvelles contraintes. Je les ai vus dans la cour faire un chat-ombre. Ils sautaient sur leurs ombres et ils en riaient deux fois plus ! »

Dauphins et vieille bâtisse

La Tourangelle, qui a enseigné en élémentaire à tous les niveaux, de la maternelle jusqu’au CM2, en campagne comme en ville, a été adjointe puis directrice. Alors aujourd’hui, elle ne serait pas contre changer d’air. « Quand ça commence à bien tourner, je me dis que j’ai fait le tour de la question », explique-t-elle, ajoutant qu’elle aimerait bien quitter le Loiret pour « une ville qui vit ». Mais pour l’heure, l’énergie de Laurence Perreau est investie dans un nouveau projet : lorsqu’elle a appris qu’une maison où son père et sa grand-mère paternelle avaient vécu allait être vendue, quelque chose de viscéral l’a saisie : elle qui n’a jamais su si elle se fixerait quelque part a ainsi entrepris de retaper la bâtisse, entourée de 1 800 m2 de terrain, qui donne sur la campagne et le château d’Amboise ! « J’y ai découvert des objets remontant à 1852, j’y ai entendu des histoires datant de la guerre ! On avait une artiste qui vivait là, et appelait ça une « vie avec vue » ! ». De quoi lui faire oublier qu’elle ne s’est pas rendue en Méditerranée cette année à l’occasion de la Pentecôte pour y fêter son anniversaire. Car Laurence a une autre passion : la plongée. Adhérente à un club à Cosne-Cours-sur-Loire, elle participe à des voyages de groupe chaque année. L’an passé, elle avait même des dauphins autour d’elle pour célébrer ses 45 ans…

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