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Laurence Saugé : le cycle de « Lau »
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Laurence Saugé : le cycle de « Lau »
Portrait

Laurence Saugé : le cycle de « Lau »

Création haut de gamme, innovation et développement-métier étaient partie intégrante de l’ancien métier de Laurence Saugé. Se basant sur ces mêmes fondations, cette Orléanaise a fondé Boutures, des collections d’objets en matériaux recyclés.
Ambre Blanes
08/03/1981 : Naissance à Perpignan
Septembre 2019 : Première exposition à la Paris Design Week
Septembre 2021 : En vente au Printemps Haussmann

Originaire du Loiret, Laurence Saugé est partie à Reims pour ses études puis le temps d’une année à Saint-Malo, mais les bords de Loire lui ont vite manqué : en 2006, elle était de retour dans le berceau johannique. Relativement attirée par des choses techniques ou artistiques, c’est assez naturellement qu’elle s’est orientée sur le développement packaging pour des marques de luxe ou créatives. « Le monde du luxe est particulièrement normé, explique-t-elle aujourd’hui au sujet de son expérience comme chargée de l’éco-conception chez Shiseido. C’est difficile de faire bouger les choses. Dès que l’on souhaite intégrer une nouveauté ou recycler un process, ça bloque… J’avais travaillé dans l’équipe innovation, je voyais plein de possibilités, mais j’étais frustrée par le milieu. » 

Elle entame alors en 2018 une reconversion étape par étape, en intégrant une formation Master Création d’entreprise innovante et socialement responsable proposée par Polytech, en partenariat avec le Lab’O, le temps d’un congé formation d’un an. Puis elle signe sa rupture conventionnelle pour lancer en 2019 Boutures, dont l’objet est de mettre en avant de nouveaux matériaux recyclés et les faire connaître. « Au départ, mon projet n’était pas aussi clair que si j’ouvrais une boutique ou si j’étais artisane moi-même », concède celle qui s’est vu refuser l’accompagnement d’une couveuse d’entreprise. Boutures a depuis évolué en « une collection co-créée avec des designers et pensée comme une pépinière de créations, expérimentant de nouveaux matériaux issus d’une ressource abondante : nos déchets ». Objets déco, luminaires, vases, sont fabriqués en France à partir de coquillages recyclés, verre de pare-brise concassé, débris de brique, sable de fonderie usagé, emballage plastique recyclé et bientôt en… volants de badminton recyclés, soit en plume et en liège, avec une start-up de Nantes ! Il y a aussi le mycélium, un matériau issu du développement de champignons, sur lequel elle travaille avec Louise Rué, une designer d’Orléans.

En parallèle, Laurence Saugé conduit des projets sur mesure pour d’autres marques qui souhaitent intégrer des matériaux biosourcés dans leurs projets. Elle propose aussi des accessoires de décoration pour des architectes d’intérieur. Elle a également développé un bouchon de flacon biodégradable, en coquillage recyclé, pour une marque de parfum, La petite madeleine, en collaboration avec un designer de Tours. Laurence Saugé dépose en outre son stock à l’APIRJSO La Couronnerie à Orléans, qui promeut l’inclusion des personnes en situation de handicap, tandis que certains de ses partenaires en usinage sont également locaux. Motivée par le principe du circuit court, elle a à cœur de tisser son réseau plus avant sur le territoire. L’objet le plus emblématique de Boutures est incontestablement Scalae, un luminaire circulaire en forme d’escalier décliné en huître, brique ou sable, et doté d’un variateur d’intensité lumineuse. En avril 2021, Laurence a désigné de nouveau l’une de ses collections avec d’autres matériaux spécialement pour la CAMIF et sera bientôt dans ELLE Déco à l’occasion de la sortie d’une nouvelle lampe, toujours en volant de badminton (prévue en mai). Si elle disposait un temps d’un dépôt-vente à la Maison Cas Rares à Orléans, Boutures n’a plus de revendeur sur le Loiret. Les créations sont donc à l’achat sur le e-shop de l’entreprise.

Boutures, peintures

Son penchant artistique, la discrète Laurence l’exprimait déjà grâce à la peinture coréenne découverte avec l’ASELQO des Carmes : « C’est une activité que je pratique depuis 2006, raconte celle qui apprécie la convivialité du groupe de peinture. On dessine à l’encre de Chine des bambous, des orchidées, c’est très codé et apaisant. J’expose parfois avec l’association. » Elle commence à dessiner elle-même les designs imaginés. Boutures pourrait donc bien contribuer à faire s’épanouir une artiste en herbe en artiste innovante…

Plus d’infos
www.boutures.fr / Instagram
contact@boutures.fr

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