Portrait

Louis Stecken : Illusions d’optique

Peintre orléanais dont le charisme n’a d’égal que la sympathie, Louis Stekken se démarque par son univers très coloré, qui n’est pas sans rappeler celui des peintres du Bauhaus, au point que ses œuvres se vendent plus vite que sa jeune carrière ne le laisserait penser...
Ambre Blanes
10/04/1994 : naissance à Orléans
Mai 2017 : reprise du dessin en Chine
Mai 2019 : première vente de tableau

Quand nous l’avons rencontré, Louis Stecken décrochait l’une de ses oeuvres au Club 15 (où il expose jusqu’à fin septembre) pour l’envoyer en Espagne. Le vernissage de l’événement, en août, lui avait déjà permis de vendre cinq toiles sur vingt. L’une de ses créations figure d’ailleurs à l’université française d’Arménie : cela veut dire que le garcon sait s’exporter.

Né à Orléans, Louis Stecken y est revenu après des études en école de commerce à Nantes. Son projet de vie n’était, alors, pas très clair : il s’agissait surtout de revenir avec un diplôme. Si l’architecture figurait dans ses plans de jeunesse, être peintre lui paraissait trop romanesque. Mais impossible de nier son appétence pour le dessin, comme en attestent ses activités d’alors : « j’aimais construire des bâtiments avec des Kapla, j’en avais au moins 2 000 !, raconte-t-il. Adolescent, j’inventais des jeux de société et je dessinais les plateaux… » En 2017, en stage à Wuhan, il reprend pourtant ses stylos délaissés en prépa et trace méticuleusement à l’encre de Chine des plans de villes vues de haut, comme Cœur de Psyché, réalisé en deux mois. C’est là que son travail commence à ressembler à de l’art. Un autre dessin, façon autoportrait, résume tout son voyage en Chine, pays qu’il a parcouru au terme de son stage.

Adepte de la peinture à l’acrylique et des pigments éclatants, Louis Stecken apprécie de créer ses propres mélanges de couleurs (jaune moutarde, petit beige ou vert papyrus) en achetant des marqueurs vides. Il privilégie le format carré (80×80), idéal pour les publications Instagram, son réseau de prédilection dont il se sert comme d’un catalogue. Aussi, au-delà d’un mètre, ses créations ne rentrent plus dans la pochette noire qu’il transporte avec lui. Car Louis Stecken, autodidacte, fait tout lui-même, de la conception à la communication en passant par la livraison. Aujourd’hui, l’artiste se dit en phase d’apprentissage de son art. Il a ainsi pour projet d’exposer sur la capitale en y louant un pop-up store « stylé, qui a pignon sur rue ». Mais il voit les choses en (plus) grand : son rêve est d’avoir un immense atelier et d’y faire d’énormes tableaux, tel Guernica, de cinq mètres sur trois. « Cela demande des moyens, un réseau pour pouvoir vendre et plusieurs années de carrière mais je ne suis pas pressé, il faut être patient », concède-t-il.

« Il peint comme on regarde les nuages »

Ses influences ? Kandinsky, Paul Klee et l’Orphisme. Parce qu’il expérimente, comme ces derniers, les couleurs en les superposant, il est parfois nécessaire de prendre du recul pour déceler les formes figuratives de sa peinture, telle que La Pinte, qu’il décrit ainsi : « au fond, ce ne sont que des rectangles qui s’empilent… » Chaque œil y verra pourtant quelque chose qui lui est propre car Louis Stecken, d’après ses dires, peint comme on regarde les nuages. Les formes apparaissent peu à peu tandis que la technique est itérative. L’artiste travaille aussi à la commande, ce qui lui permet d’explorer des thèmes imposés, comme la ville de Beaugency.

Ce qui est beau et simple…

Lorsqu’il ne peint pas, il court. Le soir, on peut l’apercevoir sur son trajet de la médiathèque jusqu’à Combleux. Il joue aussi beaucoup aux échecs, en ligne, où il a l’avantage d’y croiser le monde entier. Pour Louis Stecken, qui est sensible à ce qui est « mathématiquement beau et simple », Orléans est une cite très bien organisée. « C’est une ville romaine avec deux grands axes, la Loire traverse d’est en ouest, elle suit le chemin du soleil. La rue Jeanne d’Arc relie d’un côté la cathédrale, de l’autre la fin du centre-ville. Un jour où l’autre, Orléans sera connectée à Paris avec un axe rapide. C’est comme un quadrillage plat mais vivant, à l’inverse de New York, où les noms de rue sont des numéros ». Ici, il n’a pas besoin d’appeler ses amis quand il veut prendre un verre : il suffit de se rendre rue de Bourgogne pour les y croiser. Et ce monde extérieur, il en a besoin, pour visualiser de nouvelles formes et avoir les idées fraîches. 

Informations : www.louisstecken.com / Instagram @louis_stecken_art

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