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Mylène Chenault : « Serres » moi fort
Portrait

Mylène Chenault : « Serres » moi fort

Il y a six ans, c’est en croquant dans une tomate que Mylène Chenault est tombée amoureuse de Julien, maraîcher à Saint-Cyr-en-Val. Ensemble, ils ont monté l’entreprise Serres Val Bio, qui propose une cueillette de produits 100 % ligériens.
Ambre Blanes
02/03/1979 : Naissance à Orléans
25/10/2019 : Création de Serres Bio Val
Juin 2020 : Reprise de l’ouverture au public

Mylène a commencé par aider Julien, son maraîcher de compagnon, sur le marché de La Source le samedi matin. La question qui revenait alors souvent chez le consommateur était : « Comment s’assurer que les légumes sont bio ? Qu’est-ce qui prouve qu’ils sont bien de chez vous ? » Les particuliers n’avaient également de cesse de solliciter l’agriculteur pour de la vente en direct sur l’exploitation, sauf que celui-ci n’était pas structurée pour répondre à la demande…

Rapidement pourtant, le couple s’installa sur l’exploitation du jeune homme. Mylène tomba enceinte d’une petite fille, bientôt suivie d’une deuxième grossesse assez rapprochée. Ce nouveau cocon familial, plus proche de la terre, la décida à ne pas retourner au travail. Son expertise en communication/animation et celle – plus technique – de Julien étant complémentaires, ils s’associèrent et créèrent en octobre 2019 une entreprise nommée Serres Bio Val.

Ensemble, ils rachetèrent des serres, effectuèrent des travaux et mirent en place des cultures. Au total, 12 000 m2 de serres abritées du vent et de la pluie sortirent de terre pour former une cueillette destinée à recevoir du public que Mylène attira via les réseaux sociaux, 5 000 flyers et beaucoup de porte-à-porte auprès d’entreprises environnantes. Le bouche-à-oreille fit le reste : « les gens se garent, nous adressent un petit coucou, cueillent ce qu’ils souhaitent emmener, raconte Mylène Chenault. On pèse le panier, ils payent et ils s’en vont. Certains dépensent 70 € pour faire des bocaux ; d’autres n’ont besoin que d’un concombre et d’une salade ».

« Un appétit pour la science et le bien-manger… »

Avant de s’orienter vers la logistique, Mylène avait obtenu un BTS Qualité dans les Industries Alimentaires et les Bio-industries, preuve d’un appétit sous-jacent pour la science des aliments et le bien-manger. Aimant mettre en valeur la qualité du produit, Mylène et sa fille ont ainsi créé des petits panneaux d’affichage pour indiquer la variété de celui-ci, son apparence et son prix, créant de fait un parcours ludique et pédagogique qui ravit les grands et les petits. Les enfants mangent du reste plus facilement les légumes qu’ils ont vu pousser. Mylène se souvient d’ailleurs d’une petite fille qui lui dit, un jour : « j’ai goûté une tomate et j’ai adoré ! »

Les Serres Bio Val ont fermé leurs portes le 17 novembre dernier après une première année fructueuse. 916 consommateurs venus de Saint-Cyr-en-Val, Saint-Denis-en-Val, Saint-Jean-le-Blanc, Sandillon, La Ferté Saint-Aubin et même… d’Orléans nord se sont inscrits dans la base client dès la première année d’exploitation, dont un tiers est devenue fidèle au lieu. Durant l’hiver, tandis que la famille préparait la réouverture de la cueillette au printemps suivant, Mylène s’est formée au métier pour pouvoir répondre aux questions du consommateur et apporter plus de soutien technique à
son compagnon.

Et là, la Covid…

Avec la Covid-19 et le confinement, le système de libre-service a toutefois pris un sacré coup dans l’aile mais très vite, le couple s’est réinventé et a transformé son concept en drive : l’utilisateur commande les produits sur Internet ; la commande est préparée le matin et elle est récupérée par le client dans l’après-midi. Serres Bio Val a ainsi repensé son fonctionnement long terme pour n’exposer personne au virus, notamment le cheminement dans les allées. Désormais, les clients pèsent eux-mêmes les aliments tandis que Mylène tape le poids sur l’écran. Et même si les serres sont rouvertes au public, le drive reste toujours en place.

Aujourd’hui, chacun a trouvé sa place et la cueillette compte quatre salariés. Mylène échange des recettes de cuisine avec ses clients – mais n’a pas toujours le temps de les tester – et poste des photos de pousse sur Facebook. « C’est joli et les gens voient ce qu’ils ont dans leur assiette », dit-elle. En ce moment, courgettes, fraises, framboises se ramassent « à gogo ». Quant aux tomates, dont deux variétés viennent de rougir, les volumes vont exploser !

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