|
|
|
Paul Moreau : Monsieur sage-femme
|
|
|
Paul Moreau : Monsieur sage-femme
Portrait

Paul Moreau : Monsieur sage-femme

À tout juste 30 ans, ce Fleuryssois a déjà accouché des femmes. Exerçant le métier de sage-femme avec douceur, rigueur et sans nuisance, il accompagne les futures mères, mais aussi les futurs pères, dans leur nouveau rôle.
Claire Seznec
14/02/1991 : Naissance à Cholet
2015 : Obtient son diplôme de sage-femme
2019 : S’installe à Fleury-les-Aubrais

Peut-on être homme et sage-femme ? L’association des deux détonne et étonne. Pourtant, il y a quelques années, Paul Moreau s’est lancé dans une carrière de maïeuticien, le nom plus « sérieux » du métier de sage-femme. Tout s’est fait un peu par hasard : après un bac S, alors tout juste majeur, le jeune homme s’oriente vers la médecine pour devenir, « pourquoi pas », kinésithérapeute. « Pendant un an, j’avais la tête dans le guidon », se rappelle-t-il. Au classement de fin de première année, il est alors confronté à un choix : la pharmacologie ou la maïeutique.

Un choix rapidement fait, même s’il « n’y connaissait rien au fonctionnement du corps féminin, au suivi gynécologique et à l’accouchement… ». Quatre ans d’études et d’expériences en hôpital ou clinique plus tard, Paul Moreau prend le temps de savoir ce qu’il souhaite pour sa carrière. Être « sous pression » en structure hospitalière, en courant de la salle de naissance à la chirurgie gynécologique ? S’installer en libéral, malgré toutes les contraintes administratives ? « Pour arriver à dormir et à me dire que je faisais du bon boulot en rentrant le soir, j’ai choisi de quitter les hôpitaux, raconte le sage-femme, désormais à la MSP de la Présentation, à Fleury-les-Aubrais. En ce moment, avec les réductions d’effectifs, de lits, la hausse des violences gynécologiques et obstétricales, il y a beaucoup de surmenage, de tension. » Lui voit plutôt son métier tourné vers l’humain et le respect. D’ailleurs, il se construit autour du « Primo, ne pas nuire » (« Primum non nocere ») du serment d’Hippocrate.

En tant qu’homme, être sage-femme s’avère pourtant difficile. « Je suis moins pardonnable qu’une femme, souligne Paul Moreau. Cela m’a appris à travailler dans un total respect de l’autre, à lui laisser le temps et le choix. » En le voyant, on le croit sur parole : son côté sympa d’ours en peluche laisse entrevoir une vraie ligne de conduite. Il semble tellement droit dans ses bottes (de motard, eh oui…) qu’il « se prend beaucoup la tête » sur ce fameux respect ; cogite en se demandant s’il fait vraiment bien son travail, que ce soit auprès des femmes comme auprès des hommes.

« je suis moins pardonnable
qu’une femme »

Dans le Loiret, ce sage-femme explique d’ailleurs être l’un de seuls à proposer des cours de préparation à la parentalité…aux futurs papas. « Alors qu’ils cherchent leur place dans l’avenir, les pères n’ont pas forcément de lieu pour poser leurs questions, sans appréhension ni jugement ». Entre grands gaillards, en grignotant des gâteaux apéro, il lui semble en effet plus simple de se livrer, de se libérer. Avec le Covid, ses cours sont quelque peu à l’arrêt, mais d’autres projets naissent sans cesse : après une formation à l’accouchement en piscine et à la rééducation du périnée, le maïeuticien s’intéresse de près à la sexologie. Pourquoi ? La sexualité étant une part importante dans le métier, il ne veut pas se retrouver démuni face à certaines problématiques. D’ici quelques années, Paul Moreau va donc se former afin de continuer à « prendre le temps », au mieux, avec ses patientes.

Projets innovants

En parallèle, il s’active, s’informe, se forme avec la communauté professionnelle territoriale de santé. « C’est très vivant dans le Loiret, lance-t-il, enjoué. On ne se sent pas seul. On travaille en groupe pour mieux prendre en charge les pathologies. » Si le territoire est « vivant », les médecins, et notamment les sages-femmes, manquent pourtant cruellement. L’avantage est donc qu’« il y a beaucoup de travail dans la région » et qu’il est donc possible de « créer des projets » innovants en matière de santé et, ici, de gynécologie et d’obstétrique.

En aparté, ce jeune homme se demande s’il pourra rapidement aller boire des coups avec ses amis dans la rue de Bourgogne, entre deux confinements et trois visites à domicile. Comme beaucoup, malgré un chouette job, il souffre en effet du manque de sorties et de rencontres. Mais peut-être qu’au détour d’une balade, vous le trouverez en train de pêcher à la mouche, à la pointe de Courpain…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES SIMILAIRES
Christophe Liony, médecin des âmes : le nouveau curé de la paroisse Saint-Vincent à Orléans
Depuis la rentrée, la paroisse Saint-Vincent à Orléans compte un...
Violette Finet : la créatrice Orléanaise qui mêle Tissus vintage et Beauté écologique 
Cette Orléanaise épanouie et multi-casquettes a créé sa propre marque...
Astrid Galaret : Aller plus haut 
Membre de l’équipe de France de vol à voile, cette...