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Pauline Aubey : à briques abattues
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Pauline Aubey : à briques abattues
Portrait

Pauline Aubey : à briques abattues

Jurée pendant deux saisons de l’émission Lego Masters, sur M6, cette artiste orléanaise dégage un magnétisme incroyable. Sa curiosité et son sens esthétique emmènent son interlocuteur dans l’observation du monde sous un nouveau prisme.
Ambre Blanes
26/11/1977 : Naissance à Versailles
Juin 2014 : Arrivée à Orléans
Juin 2022 : Participation au projet Lunar Codex

Passionnée d’art, Pauline Aubey réalise des portraits depuis l’enfance, une activité artistique qui s’inscrit en filigrane de sa vie comme un leitmotiv. Dans les moments de découragement, elle s’y adonne et peaufine différentes techniques en autodidacte. D’abord, l’aquarelle, puis la peinture à l’huile, puis les pastels. Grande voyageuse, elle s’installe très jeune avec son compagnon – aujourd’hui son mari –, et le couple bourlingue beaucoup, posant ses valises tantôt au Canada, tantôt aux États-Unis, puis à Toulouse, à Strasbourg et dans d’autres villes de France. C’est en 2012 que s’opère un virage dans la vie d’artiste de Pauline Aubey alors qu’elle intègre à 34 ans les Beaux-Arts à Versailles, la seule école en France qui prend des élèves adultes. « En 2006, raconte-t-elle, je jouissais d’une petite notoriété en tant que pastelliste grâce à des œuvres postées sur le Net qui sont devenues virales. Cette reconnaissance m’a donné un bon sentiment pour poursuivre ces études. » 

Aux Beaux-Arts de Versailles, l’approche traditionnelle et plutôt scolaire de Pauline est totalement déconstruite. Poussée dans ses retranchements, elle expérimente de nouvelles méthodes et s’intéresse aux points de couleur qui l’amèneront aux Legos®. Lorsque l’opportunité d’emménager à Orléans se présente en 2014, le couple la saisit : « La ville était parfaite pour notre âge. Elle se trouvait en province, elle était à échelle humaine, tout y était faisable à pied… » C’est justement dans la cité johannique que les étoiles s’alignent : tandis que Pauline Aubey reprend un poste de bibliothécaire à Olivet, elle perfectionne sa technique avec les célèbres briques danoises, souhaitant abandonner la poudre au profit d’un médium dont le fond et la forme se rejoignent et dont les couleurs vives et primaires lui parlent. En 2017, elle est ainsi invitée à exposer au Dernier bar avant la fin du monde, à Paris, qui sera un succès. À cette occasion, elle officialise son activité et crée des œuvres plus pop. Pauline, qui n’a rien d’une geek, avait d’ailleurs été plutôt bercée dans l’univers warholien et les cultures de l’étrange (Twin Peaks, X-Files…), à l’instar de sa génération.

Après cette première brique, l’artiste orléanaise rejoint un collectif d’art contemporain basé à Chicago et expose au Zhou B Art Center. Elle investit le champ des icônes telles que Madonna, Blondie, Bowie… Ses œuvres sont en vente en ligne sur DeviantART et les expositions s’enchaînent. Aussi, certaines créations sont à la vente à Orléans, chez Cat Berro, Décor et moi, ou La Factory. En mai 2020, Pauline Aubey est approchée pour être juré dans l’émission Lego Masters, sur M6, aux côtés de Georg Schmitt, grand manitou en la matière. Si le tournage est long et fastidieux, la plasticienne se réjouit de rencontrer dans une ambiance colonie de vacances d’autres AFOL (« Adults Fan Of Lego® ») et participe aux deux saisons de l’émission. La télévision remettant au goût du jour les briques colorées, elle renouvelle en parallèle sa pratique artistique, pour demeurer originale. Loin d’être nostalgique, Pauline Aubey nourrit une vraie curiosité pour les courants culturels et esthétiques qui parcourent les générations et la cohabitation de ces dernières dans une même société : « J’aime être en phase avec la nouvelle époque et mon nouvel âge. Je me remets beaucoup en question, je perçois l’air du temps, je n’ai pas envie de me sentir dans un autre monde que celui où j’habite », dit-elle joliment. 

Sous les étoiles

Avant-gardiste, elle va bientôt faire partie d’une mission… lunaire : le Lunar Codex est un projet de dématérialisation digitale dont le but est de préserver des œuvres d’art, livres, musiques… qui seront encapsulés dans une archive et envoyés sur la lune ! Le lancement est prévu pour juin prochain et sera retransmis en direct sur le Net. Plus près du plancher des vaches, l’Orléanaise exposera pour la Journée des droits des femmes à la galerie Rive Mauve et à l’Espace culturel de la Monnaye, à Meung-sur-Loire.

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