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Fatima Dieme SUR LE PODIUM
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Fatima Dieme SUR LE PODIUM
Portrait

Fatima Dieme
SUR LE PODIUM

Pétrie de culture américaine, cette Orléanaise a organisé samedi dernier un joli défilé de mode dans les locaux du CRIJ. Elle y a présenté sa marque, Tima, et sa collection de lingerie, Catch Me. Mais autant que ses pièces, c’est son parcours improbable que cette jeune femme débrouillarde et têtue veut mettre en avant
Naissance à Orléans : 28/08/1950
Devient vice-président de la Fédération Française de Judo : 1996
Décroche son 8e dan : 2019

Le discours est bien rodé, les réponses tranchantes. Trois jours avant le défilé qui s’est tenu samedi dernier au CRIJ, Fatima Dieme se disait quelque peu « stressée », mais confiante dans le show qu’elle allait proposer, en fin de semaine, à une grosse centaine de spectateurs. Quand nous l’avons rencontrée, le 9 octobre en fin d’après-midi, elle enchaînait les interviews, dans une sorte de journée média rondement menée. À 29 ans bientôt, elle savait qu’elle ne devait pas laisser passer sa chance, et que ses premiers pas publics seraient remarqués. Ce mercredi-là, à côté d’elle, son amie Ève, présentée comme sa chargée de comm’, veillait au grain. « Son projet est extra, racontait cette dernière. D’autant que Fatima peut vraiment être fière de son parcours. »
Celui-ci pourrait en effet se résumeren trois mots : ne rien lâcher. Née à Orléans il y a presque trois décennies, Fatima Dieme a passé outre les inclinaisons de son père, qui lorgnait, pour elle, vers une carrière dans le droit. Guère emballée par cette perspective, sa fille a contourné ce chemin tout tracé et a pris la route de l’Amérique du nord pour arriver à ses fins. En 2015, pendant un an, elle partit ainsi à Chicago comme jeune fille au pair, pour apprendre l’anglais et commencer à se réaliser. « C’est là-bas que ma vie a vraiment commencé », dit-elle aujourd’hui. Entre ses obligations contractuelles et ses cours, elle se remit ainsi à dessiner et réanima sa passion originelle pour la mode, dont elle avait appris les rudiments au lycée Gauguin, par le biais d’un BEP. De retour à Orléans après cette année canadienne, elle décida de lancer son entreprise en demandant l’accompagnement d’une couveuse. Malheureusement, les petits boulots auxquels elle devait se plier pour vivre l’empêchèrent, à l’époque, de mener plus loin l’expérience. Qu’à cela ne tienne : en octobre 2016, elle reprit l’avion pour l’Amérique, direction Miami cette fois, où elle intégra une école de mode pour y décrocher un Master. « Là-bas, on t’apprend à développer ta marque, à voyager, et à devenir, en quelque sorte, une chef d’entreprise », raconte la jeune fille. La concurrence était vive, tout le monde voulant décrocher la timbale et percer dans un milieu où il vaut mieux manger avant que d’être mangé. Alors Fatima Dieme bossa, sans relâche, laissant de côté les tentations floridiennes pour se concentrer sur son projet professionnel. « Franchement, pendant cette année, j’ai dû partir trois fois en soirée ! », sourit-elle.

« Je veux aller jusqu’au bout »

« J’aimerais booster cette ville »
Son diplôme en poche, elle revint une nouvelle fois à Orléans, à la fin de l’année 2017, et remit en branle la machine. Elle fabrique aujourd’hui ses modèles suivant une inspiration et une ligne claire : des matériaux précieux – de la soie, de la dentelle –, des couleurs sombres (gris, noir, bleu nuit) et un jeu sur la transparence, « sans être vulgaire », plaide-t-elle. Tel est l’ADN de la collection Catch Me de sa marque, Tima. « Mon inspiration a été influencée par mes années américaines, avoue-t-elle. Je suis sorti du tissu africain par lequel j’avais commencé. » C’est cette facette de sa personnalité et de sa créativité que Fatima Dieme a présentée samedi dernier aux Orléanais, avec un message qu’elle tient à faire passer, sans prétention aucune : « je veux encourager la population orléanaise et toucher les jeunes, les motiver à mener à bien leurs rêves. J’aimerais vraiment booster cette ville ! » En allant, pourquoi pas, jusqu’à créer une fashion week dans la cité johannique… « Pourquoi Orléans ne pourrait-elle pas devenir la ville de la mode ? », demande-t-elle du tac au tac. C’est beau d’avoir des ambitions, des perspectives, et de l’appétit dans la vie. Celui de Fatima Dieme ne tourne pas qu’autour de sa ville natale, puisqu’elle aimerait aussi, dans les dix ans à venir, « collaborer avec des grands stylistes à l’international », mais surtout asseoir la réputation de sa marque. « Cependant, dit-elle, je suis bien consciente que rien n’a été accompli. Mais je suis déterminée, je veux aller jusqu’au bout. » Au vu des moyens qu’elle met en œuvre pour faire monter la sauce, on n’en doute pas un seul instant.

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