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Stanislas Gros : un dandy chez péguy
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Stanislas Gros : un dandy chez péguy
Portrait

Stanislas Gros : un dandy chez péguy

Auteur orléanais, il est en ce moment à l’affiche d’une exposition qui lui est consacrée au centre Charles Péguy d’Orléans. Rencontre avec ce dandy du XXIe siècle, sans doute l'un des dessinateurs les plus lettrés de la cité johannique.
Gaëla Messerli
13/05/1974 : Naissance à Paris
2007 : Publie Le Dernier Jour d’un condamné, premier album aux éditions Delcourt
2022 : La Prisonnière, parution à venir aux éditions Carnets de sel

Chevelure à la Rimbaud et chemise à rayures permettent facilement de l’identifier, Stanislas Gros est un habitué du café Le Lutetia, en face de la cathédrale, où il peut passer des après-midi entières à noircir des pages. Cet auteur et illustrateur est un fou de dessin et de BD, une passion qui a germé dès son enfance. « Comme beaucoup, je dessinais en maternelle, raconte l’intéressé, sauf que je ne me suis jamais arrêté… » Si sa famille était amatrice de bandes dessinées, c’est sur les bancs de l’école que Stanislas Gros a découvert les grands classiques de la littérature. « En seconde, j’ai découvert Stendhal et Les Liaisons dangereuses, explique rétrospectivement l’artiste. Tout le monde trouvait ces livres pénibles, mais pour moi, ils étaient formidables ! » Tout comme il adorait et (adore toujours) Proust, dont « on a l’image de quelque chose d’illisible… » regrette-t-il.

Né à Paris et arrivé à 4 ans dans la cité johannique, Stanislas Gros à fait « toutes ses études » à Orléans. C’est d’ailleurs à l’Institut d’Arts Visuels, aujourd’hui ESAD, qu’il s’est formé… sans jamais avoir envie de quitter sa ville d’adoption. « J’aime beaucoup Paris, mais Orléans présente l’avantage d’être juste à côté sans avoir des loyers délirants, indique-t-il. Et ça permet de se promener dans la capitale en touriste ! » 

À Orléans, Stanislas Gros a travaillé un temps dans la téléphonie mais, dans les années 2000, alors que les blogs commençaient à fleurir, il choisit de présenter quelques dessins sur le Net. De quoi être repéré par l’éditeur Delcourt, qui le contacta pour réaliser une BD sur Le Dernier Jour d’un condamné, de Victor Hugo, puis une autre sur Le Portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde. Stanislas Gros ne se consacra alors plus qu’au dessin et à la BD. En 2020, il publia une bande dessinée baptisée Le Dandy illustré. Un ouvrage tout en élégance, humour et références littéraires, aux éditions Carnets de Sel. Une création pouvant en cacher une autre, l’artiste s’était déjà lancé dans une première BD, qu’il avait mise de côté. Aujourd’hui, il termine cet album, baptisé La Prisonnière. On devrait y trouver quelques animaux disparus, issus de la Grande Galerie de l’Évolution du Muséum de Paris…

La nature au sens large inspire Stanislas Gros, comme on peut le voir dans l’exposition qui se tient actuellement jusqu’au 26 mars sur son travail au centre Charles Péguy. On y découvre notamment des dessins d’arbres aux noms étranges… « Lors de la COP 21, explique-t-il, j’avais fait une exposition au château de Saint-Jean-le-Blanc et j’y avais dessiné les arbres que je voyais. Si c’est assez facile pour moi d’identifier un ginkgo biloba, ça l’est un peu moins pour d’autres arbres… D’où le choix de donner à ces dessins d’arbres les noms de reines et rois mérovingiens ! » Au centre Charles-Péguy on peut ainsi admirer en ce moment un bien curieux dessin d’arbre que Stanislas Gros dit voir chaque jour de sa fenêtre. « Il m’est familier, donc je l’ai baptisé du nom d’une de mes aïeules, Joséphine, dont j’ai hérité d’un portrait… » 

Une âme d’élève

À l’occasion de cette exposition orléanaise au centre Charles-Péguy, Stanislas Gros anime aussi des ateliers d’illustration. Une activité qui ne meuble pas tout à fait son quotidien le reste de l’année. « Donner des cours, je ne sais pas faire… soupire-t-il. Par contre, j’adore apprendre et j’ai l’âme d’un élève. Mais enseigner, c’est compliqué, car je me vois mal dire à quelqu’un quelque chose dont je ne suis pas moi-même certain… » Tel Socrate, le dessinateur avoue : « Je sais que je ne sais rien. » Il reconnaît aussi avoir des difficultés à collaborer avec d’autres, même si ce n’est pas l’envie qui lui en manque… Il jette d’ailleurs des perspectives lointaines autour du féminisme. En attendant, les Orléanais curieux pourront croiser cet érudit déambuler dans les musées du coin, comme l’Hôtel Cabu ou le MOBE, ou bien partir dans ses arabesques scripturales à une table du Lutetia…

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