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Théo Ceccaldi : Constant type
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Théo Ceccaldi : Constant type
Portrait

Théo Ceccaldi : Constant type

Avec Constantine, le violoniste et jazzman orléanais a sorti avec son frère Valentin, en décembre, un album comme une déclaration d’amour au père. Le tout dans une période évidemment compliquée pour l’art et la culture, mais qui a permis à la Victoire du Jazz 2017 de prendre un peu son temps. 
Benjamin Vasset
05/05/1986 : Naissance à Pithiviers
2017 : Révélation instrumentale de l’année aux Victoires du Jazz
2020 : Sortie de Constantine, dernier album des frères Ceccaldi

Un Parisien de retour sur sa terre natale : début janvier, Théo Ceccaldi faisait escale à Orléans pour fignoler un projet musical décapant qui sera bouclé fin mars. Lui qui a toujours aimé s’ouvrir à de nouveaux horizons s’est en effet offert un « petit » tour du côté de la corne de l’Afrique, en Éthiopie précisément, pays dans lequel il a passé un mois, en novembre dernier, pour s’immerger dans la culture musicale underground du coin. Avec deux chanteuses du cru, il finalisera au printemps Kutu, qui sera suivi, en théorie, d’une tournée d’une quinzaine de dates. En théorie, évidemment, parce qu’avec l’atmosphère ambiante, il ne faut présager de rien…

Dans cette année 2020 qui a battu beaucoup de certitudes en brèche, Théo Ceccaldi reconnaît que son calendrier, amputé de nombreux concerts, lui a toutefois permis de profiter de plages de création un peu plus longues qu’à l’accoutumée. Les confinements ? Un mal pour un bien, en quelque sorte, même s’il regrette que la culture soit toujours mise sous cloche. « Pourquoi, quand les trains et les avions sont blindés, les salles de concerts devraient être vides ? », s’interroge-t-il.

Les inclinaisons gouvernementales auront-elles raison du spectacle qu’il projette de donner au Théâtre d’Orléans le 14 février ? Ce soir-là, Théo Ceccaldi a en effet prévu de faire venir sur la scène plusieurs de ses potes musiciens ainsi que la fine fleur du jazz hexagonal, pour donner vie à l’album Constantine, qu’il a sorti avec son frère, Valentin, début décembre. Une sorte de voyage dans l’univers transfrontalier des « musiques du monde », comme on les appelle communément, mais que Théo présente surtout comme un hommage à son père, une sorte de cadeau d’anniversaire pour les 60 ans du paternel, Serge Ceccaldi, fondateur de l’association orléanaise Musique et Équilibre, au sein de laquelle les deux frères, Théo et Valentin, ont aiguisé leurs cordes. Ce père, donc, arrivé en 1962 en France alors âgé d’à peine 2 ans, avec famille et souvenirs dans les bagages, comme des milliers de Pieds-Noirs qui n’étaient, alors, plus tout à fait en odeur de sainteté en Algérie…

Constantine était la ville où le grand-père Ceccaldi avait – notamment – exercé la profession de rémouleur. Le disque que Théo et Valentin ont récemment sorti est bercé de l’atmosphère d’une cité qu’ils n’ont pourtant jamais connue, ni visitée. « On ressent toujours ça comme un manque, admet Théo. Mais Constantine, c’est un truc dont on entend parler depuis qu’on est tout petit. Ça reste quelque chose de très intime, même si c’est assez flou. » Sur leur dernier album, les deux frères ont apposé leurs talentueuses pattes en intégrant assez logiquement leurs copains du Tri Collectif, qu’ils ont fondé en 2010 à Orléans, avec le succès et le retentissement que l’on sait.

Doigts de la main

« Le Trico, c’est d’abord une bande de potes », rappelle à ce sujet Théo Ceccaldi qui, depuis, a fait son chemin. Si Orléans est toujours reconnue comme l’une des places fortes du jazz en France, c’est en partie à lui qu’on le doit, qui a reçu en 2017 une Victoire du Jazz et fut désigné, cette même année bénie, musicien de l’année par Jazz Magazine. Pas de quoi lui faire prendre la grosse tête, – quand bien même Télérama parla alors de lui comme la « nouvelle star exubérante du jazz moderne » –, mais plutôt lui faire petit à petit gagner en confort dans la pratique de son art. « Je peux désormais créer dans de bonnes conditions, synthétise-t-il. Au début, tu portes un peu ton truc. Ce n’est pas toujours évident, mais il faut passer par cette étape-là. » Le fait qu’il se retrouve ainsi dans la lumière n’a pas non plus, dit-il, entravé sa relation de toujours avec son frère Valentin. « On a la grande chance d’être fusionnel, affirme-t-il. D’un autre côté, on n’a ni les mêmes envies, ni les mêmes besoins. » Mais, comme le prouve leur dernier album, les deux bonshommes sont indubitablement liés par une jolie histoire familiale et artistique, qui se perpétue depuis dix ans au travers des époques et des pays. 

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