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Yves de Rochefort par le bout du meunier
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Yves de Rochefort par le bout du meunier
Portrait

Yves de Rochefort par le bout du meunier

Agriculteur meunier à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, cet ex-commercial moud des farines bio réalisées à partir de céréales cultivées à Patay et aux alentours. En cette rentrée de septembre, il se lance un nouveau défi : la fabrication du pain, que l’on pourra retrouver lors du Festival de Loire…
Gaëla Messerli
31/07/1978 Naissance à Orléans
2008  Création d’une activité de production de farines, avec son père
Septembre 2021  Fabrication de pains avec ses farines bio

Yves de Rochefort est un homme de la terre, fils d’agriculteurs bio à Patay et petit-fils de paysans solognots. Même s’il a grandi dans les champs, meunier agriculteur n’est pas son premier métier. « Je suis allé au collège et au lycée à Orléans, puis j’ai fait des études de commerce et j’ai bourlingué…, raconte ce père de trois enfants en bas âge. Je suis parti un an et demi en mission humanitaire pour l’association Les enfants du Mékong et j’ai travaillé comme commercial pendant quatre ans à Paris. Je suis également parti sept ou huit fois avec l’association Coup de Pouce pour des missions de quinze jours, avec une dizaine de volontaires. »

Vers 30 ans, Yves de Rochefort se remet en questions et se demande ce qu’il veut faire de sa vie. « J’aimais Orléans et le Loiret, j’y étais bien, se souvient-il. J’appréciais aussi l’agriculture, même si j’étais plus dans la valorisation, la transformation et la commercialisation que mon père. Et j’avais aussi la fibre entrepreneuriale. » De quoi le pousser, en 2008, à lancer son activité de meunier, avec son père, qui travaillait déjà en bio depuis 2001. « J’ai commencé dans 9 m2, relève-t-il. Au départ, j’ensachais mes farines jour et nuit avec l’aide d’étudiants, puis avec l’ESAT d’Auvilliers, à Artenay. Cela fait dix ans maintenant qu’ils assurent le conditionnement. On a installé le moulin chez eux au départ, puis à Chevilly et enfin ici, à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin. Le lieu est sympa et il y a pas mal d’installations bios autour de nous. Pour pouvoir assurer les volumes et la qualité, nous travaillons aussi en partenariat avec des agriculteurs bio de Patay et des alentours. » En effet, les mélanges 

sont nécessaires pour pallier aux mauvaises années, « quand le blé germe ou lorsqu’il est faible en protéines ». Pour l’anecdote, c’est sur les champs familiaux que ce serait déroulée la fameuse bataille de Patay… Une bonne raison, pour la famille de Rochefort, d’être présente avec ses burgers fermiers lors des fêtes johanniques orléanaises et au Festival de Loire.

« j’ai commencé dans 9 m2… »

Quoi, ma meule ?

Si vous cherchez un moulin à vent ou à eau chez lui, à Saint-Hilaire, vous risquez d’être déçu : si vous poussez la porte des locaux de la famille de Rochefort, vous découvrirez en effet un moulin moderne, qui utilise cependant une meule de pierre à l’ancienne « avec l’aide de la fée électricité », plaisante le maître des lieux. Un outil d’aujourd’hui mais un savoir-faire artisanal, qui permet à notre meunier de produire, avec sa meule, 25 kg par heure. « Une meule industrielle produit, en comparaison, une tonne par heure », explique Yves de Rochefort. Pour celui qui travaille le blé dur, le sarrasin, le grand et le petit épeautre – sa céréale phare, « car elle est très digeste pour l’homme »-, il y a environ 25 % de perte lorsqu’il réalise de la farine avec ses céréales. Néanmoins, rien n’est gâché et le son sert au compost d’un maraîcher, tandis que le son de blé est destiné un éleveur de cochons bio.

Outre la commercialisation de ses farines mais aussi de quinoa, Yves de Rochefort fait partie des familles qui ont lancé l’école orléanaise Montessori Le Renard et la Rose, en septembre 2018. Et comme il n’a pas tous ses œufs dans le même panier, il continue de développer son activité en se lançant, ce mois-ci, dans la fabrication de pains. « Nous avons construit cet été un four à pain et nous devrions pouvoir en proposer sur le Festival de Loire, à la fin du mois, dit-il. Sinon, nos pains seront vendus en points de dépôt, notamment à l’école Le Renard et la Rose et chez des copains agriculteurs. »

Un magasin de producteurs ?

Yves de Rochefort, qui s’évertue à « créer un modèle économique intéressant pour ses enfants » a également envie de lancer un magasin de producteurs à Orléans. De quoi bien occuper la vie de celui qui a assuré, « avec d’autres producteurs de la région et en embauchant des étudiants », l’approvisionnement en farine pendant le confinement.

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