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Pour une légalisation du suicide assisté
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Pour une légalisation du suicide assisté

Pour une légalisation du suicide assisté

Il y a deux semaines, nous avons publié dans nos pages un article relatant les positions des professionnels des soins palliatifs dans la région Centre-Val de Loire concernant le débat sur la fin de vie. Dominique Baron, délégué départemental de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, nous a fait parvenir une réaction, que nous publions in extenso afin d’enrichir la discussion.
Dominique baron, délégué admd du loiret
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Il n’est pas juste de dire que les demandes d’euthanasie sont surtout faites par des patients qui se sentent isolés. Dans la plupart des cas, elles se font par les personnes elles-mêmes qui ne supportent plus des douleurs que les soins palliatifs ne peuvent pas soulager ou des personnes qui savent que leur maladie est évolutive, que ses conséquences sont irréversibles et qu’elle va provoquer des dégradations physiques ou mentales que le patient ne veut pas atteindre. Dans ces situations, c’est le patient lui-même qui finit par convaincre son entourage de le laisser partir. La plupart de ces personnes étaient bien intégrées dans la société et soutenues par leurs proches, pourquoi faudrait-il, comme l’affirme Monsieur Laurent de Loynes de Fumichon, « plutôt se concentrer sur leur réintégration dans la société » ?

La loi Claeys-Leonetti propose une “sédation profonde et continue jusqu’à la mort” qui consiste à endormir le patient et à arrêter tous les traitements, y compris l’alimentation et l’hydratation, ce qui provoque une mort à plus ou moins brève échéance (quelques heures, quelques jours, voire quelques semaines) et cette mort n’est pas forcément provoquée par la maladie, elle peut l’être par le manque d’hydratation ou d’alimentation et personne ne peut assurer que le patient est réellement inconscient durant cette attente qui peut être longue et possiblement douloureuse… Dans le cas où une loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté serait votée en France, il est évident qu’il est hors de question d’obliger un soignant à aider un patient à mourir si, pour des raisons qui lui appartiennent, il ne peut se résoudre à le faire, mais il devra le diriger vers un confrère qui accepte de répondre à ce type de demande.Quant à dire qu’il serait difficile de trouver un soignant pour pratiquer cette aide à mourir, ce n’est pas si sûr :

• Une enquête du site d’informations Medscape portant sur l’éthique médicale en France a révélé que 71 % des médecins interrogés se sont prononcés pour autoriser l’euthanasie ou le suicide médicalement assistée, dont 29 % sous conditions.

• De plus, dans tous les pays où cette aide active à mourir est légalisée, il y a des médecins qui acceptent cet acte ultime.

Il est également évident qu’il faut accompagner et former les soignants qui vont être amenés à recueillir ces demandes. Le propre du soignant, c’est de faire un soin bien sûr, mais que fait-il quand il n’y a plus de soin possible ? L’aide active à mourir ne s’oppose pas aux soins palliatifs, elle est
complémentaire.

L’ADMD (Association pour le Droit de mourir dans la Dignité) milite pour que chaque Française et chaque Français puisse choisir les conditions de sa propre fin de vie. Conformément à ses conceptions personnelles de dignité et de liberté. Aussi l’ADMD propose qu’une loi visant à légaliser l’euthanasie, le suicide assisté et à assurer un accès universel aux soins palliatifs, soit votée par l’Assemblée nationale et le Sénat. Elle demande aussi à ce que les directives anticipées soient opposables et contraignantes. Qui sait mieux que la personne elle-même ce qu’il est possible de supporter et qu’elles sont les limites qu’elle ne veut pas franchir quand sa santé se dégrade de façon irréversible à la suite d’une maladie incurable ou d’un accident ? Il faut donc respecter sa demande si elle est consciente ou ses vœux énoncés dans les directives anticipées si elle ne peut plus s’exprimer. » Dominique baron, délégué admd du loiret

 
Plus d’infos : Retrouver notre article originel sur notre site : https ://www.tribune-hebdo.fr/orleans/fin-de-vie-donner-la-mort-ne-fait-pas-partie-de-notre-metier

3 réponses

  1. L’ADMD ment.
    Écoutez les soignants de soin palliatif, ceux qui connaissent la médecine et sont aussi au quotidiennement aux côtés des patients.
    D’abord rien ne dit que la mort pas euthanasie se fait sans souffrance, personne n’est revenu des morts pour dire qu’il a souffert ou qu’il regrettait.
    Par contre ce qu’expliquent les soignants c’est qu’en fin de vie, la faim et la soif ne sont quasiment plus ressentis. Et la sédation évite la souffrance.

  2. « personne ne peut assurer que le patient est réellement inconscient durant cette attente qui peut être longue et possiblement douloureuse…  »
    Avez-vous des sources scientifiques/médicales qui prouvent celà ? Car en service de soins palliatifs on utilise des échelles spéciales pour évaluer la conscience (RASS) et la douleur (algo+ entre autres).
    Voir l’outil « grille SEDAPALL « .
    C’est même principe qu’au bloc opératoire ou en réanimation.
    Le site de la SFAP et la chaîne Youtube YODO, entre autres, proposent de très bon supports pédagogiques.
    Je pense, à l’instar du covid et des vaccins, qu’il faut faire attention à ce qu’on peut dire sur la fin de vie, car cela peut être à mon humble avis, inutilement anxiogène pour des patients et leurs familles.

  3. « personne ne peut assurer que le patient est réellement inconscient durant cette attente qui peut être longue et possiblement douloureuse… »
    Je trouve que c’est extrêmement grave de tenir de tels propos! En soins palliatifs, lors d’une sédation, nous utilisons des échelles spéciales afin de mesurer le degré d’inconscience (RASS) et évaluer les éventuelles douleurs (algo + entre autres).
    Voir l’outil « grille SEDAPALL ».
    Et pour information, des sédations transitoires sont possibles avant la sédation profonde, en parallèle des traitements antalgiques et de toutes nos attentions pour le confort du patient.
    De plus, de tels propos sont susceptibles, je pense, de rajouter de l’angoisse chez des patients et leurs familles déjà dans la détresse.
    A l’instar du covid et des vaccins, on ne peut pas se permettre de tenir n’importe quels propos.

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