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Prendre soin des sans-abri

Prendre soin des sans-abri

Le confinement a contraint tout individu à rester à son domicile. À Orléans, qu’en fut-il pour ceux qui n’en avaient pas ? Le travailleur social Yves Bodard détaille les difficultés qu’ont connues ces personnes et raconte comment certains ont été verbalisés… 
Théotime Léon Leverd
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Durant le confinement, chaque ville française a accueilli nombre d’initiatives solidaires à destination des SDF. Pour exemple : des restaurants ont prêté main forte aux Restos du Cœur, des espaces publics couverts ont été réquisitionnés pour loger les sans-abri, des campings ont offert un accès à des sanitaires. Des moyens ont été mis en place avec un degré de réactivité plus ou moins grand. En tout, environ 157 000 personnes en France ont été logées dans des centres d’hébergement et 1 200 ont été aidées par la plateforme téléphonique du 115 (SAMU social). Pour autant, beaucoup n’ont pas eu accès à ces solutions : par choix, ou parce qu’ils possédaient, par exemple, des animaux de compagnie.

La Ville d’Orléans a trouvé des solutions d’hébergement provisoires qui n’ont répondu que partiellement à la demande. L’accueil de personnes avec chien, souffrant de troubles psychiatriques et/ou d’addictions resta, comme ailleurs, bien compliqué. Plusieurs actions solidaires furent cependant à noter : l’association Les mains tendues proposa des repas aux plus démunis grâce à la générosité de communes, de commerçants et de citoyens. Richard Ramos, député Modem de la sixième circonscription du Loiret, s’est quant à lui mobilisé pour fournir une dizaine de litres de gel hydroalcoolique à Yves Bodard, ancien éducateur de rue et organisateur de Maraudes citoyennes depuis septembre 2014, sous le nom des « Maraudeurs du jeudi ».

« Orléans aurait pu être une ville-pilote… »

Homme de terrain bien connu à Orléans, ce dernier vient en aide aux grands précaires, notamment pour les besoins d’hygiène élémentaire. Interrogé peu de temps après le début du confinement, il évoquait le ressenti des sans-abri sur cette étrange période : « c’est sûr, il n’y a pas la même dramaturgie que nous vivons au quotidien, expliquait-il. Après, pour les personnes qui sont en difficulté et en manque par rapport à leurs addictions, il y a beaucoup d’inquiétudes. Il faut être très présent ». Yves Bodard confirmait en outre que le confinement dans un centre d’hébergement pouvait être un véritable problème : « il y a des contraintes, des règles, un enfermement, le souci des addictions (…), et ces personnes ont du mal à supporter ça ! Donc, j’ai tiré la sonnette d’alarme auprès des services de la préfecture en demandant que ces personnes soient confinées sur leur lieu de campement. Il fallait leur apporter de l’eau et le nécessaire pour faire à manger, ainsi que des sanitaires de manière à éviter qu’ils aillent en ville chercher ce dont ils ont besoin ».

Selon Yves Bodard, cela fait longtemps qu’un dispositif d’hygiène pour les SDF aurait dû être mis en place. « J’avais demandé il y a un an la réouverture des bains-douches à Orléans. Si on l’avait fait, on n’aurait pas eu ces problématiques… On aurait même pu être une ville pilote et visionnaire. » Le travailleur social, qui a rejoint l’association Les mains tendues pour effectuer des maraudes, a en outre constaté durant le confinement que les toilettes publiques orléanaises disposaient de trop peu de produits pour se laver les mains. Sollicitée, la Ville a, selon Yves Bodard, répondu à ce besoin fondamental. 

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