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Manifestation contre la réforme des retraites : une mobilisation historique de 12 000 personnes à Orléans

Manifestation contre la réforme des retraites : une mobilisation historique de 12 000 personnes à Orléans

12 000 personnes ont défilé, jeudi dernier, contre la réforme des retraites à Orléans, selon les Renseignements Territoriaux (25 000 selon la CGT). Une mobilisation massive et hétéroclite qui devrait continuer dès mardi prochain, selon les syndicats.
G.M
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Si l’on pouvait s’attendre à voir plus de monde dans les cortèges qu’en 2019*, la mobilisation de jeudi dernier contre la réforme des retraites a été historique à Orléans. En dehors des regroupements qui avaient suivi l’attentat de Charlie Hebdo en 2015, il faut en effet remonter à 1995 pour retrouver des contingents de cette ampleur dans la cité johannique. Un rassemblement qui est allé au-delà des espérances des syndicats, qui ont fait front commun contre cette réforme. « Pour un premier appel à manifester, c’est énorme, se félicitait jeudi dernier Pascal Sudre, secrétaire départemental de la CGT Loiret. Même à Pithiviers, ils étaient 500, alors qu’ils ne sont d’habitude que 50 dans les rues ! » Au-delà de la masse, c’est la présence de personnes qui manifestaient pour « la première fois » et l’union entre les générations contre cette réforme qui ont donné à la manifestation un caractère inédit.

De la poussette à la retraite

En effet, jeudi dernier, les familles avec poussettes et grands-parents cheminaient de concert, au milieu des casaques colorés des syndicats. Place Sainte-Croix, on pouvait ainsi croiser avant le départ Nathalie, 56 ans, employée dans un grand groupe de protection sociale et non syndiquée. « Même si j’ai un métier dans un bureau, je n’ai pas envie de travailler jusqu’à 64 ans », expliquait-elle, accompagnée de son époux, âgé de 57 ans. Les retraites ? Un sujet sensible pour ce travailleur du secteur de la métallurgie, licencié en décembre et qui n’a aujourd’hui pas l’ombre d’une proposition d’embauche… Un peu plus loin, Hélène, 75 ans, était accompagnée de sa fille, horlogère de 36 ans. « On vient manifester pour nos enfants », insistait cette ancienne secrétaire à la retraite, atterrée de voir le sort des « jeunes » qui ont, comme sa fille, « commencé à travailler tôt et devront cotiser des trimestres en plus ». Du reste, jeudi dernier, il n’était pas rare d’entendre cette phrase dans les rues d’Orléans : « Je ne manifeste pas que pour moi. » C’était le cas de Camille, 39 ans, conseillère en insertion professionnelle, qui ne venait pas seulement défendre son sort, mais aussi celui des seniors qu’elle accompagne au quotidien. « Nous voyons aujourd’hui des personnes de plus en plus âgées et qui ont des difficultés, détaillait cette professionnelle. Avec cette réforme prévue, je ne sais pas si les entreprises garderont plus leurs employés séniors, par contre, rien ne les obligera à les embaucher ! Une réforme est nécessaire, mais pas celle-là. Il faut travailler la question de l’emploi des séniors en amont. »

Rose, 48 ans, était quant à elle venue avec ses trois enfants. Cette employée du secteur des assurances voulait leur montrer l’importance de se mobiliser pour ce qui est « important ». « Si nos grands-parents ne s’étaient pas battus, nous n’aurions jamais eu les congés payés ! », estimait cette épouse de maître-chien, qui s’interrogeait également sur le devenir des trimestres supplémentaires en tant que famille nombreuse. « Une réforme est nécessaire, mais pas de cette façon », poursuivait-elle. Même constat pour Amélie, 32 ans, et Robin, 30 ans, tous deux professeurs. « Nous ne nous voyons pas travailler jusqu’à 64 ans dans les conditions actuelles », résumaient ces deux enseignants, qui pensent que les financements des retraites sont à chercher ailleurs que du côté des salariés. « C’est un choix politique », ajoutait la jeune femme. Le raisonnement était identique chez Nicolas, étudiant de 20 ans en psychologie, pour qui la retraite est encore un horizon bien lointain…

Les invisibles

Au milieu des banderoles familières des représentants de l’EPSM Georges-Daumézon, de l’hôpital d’Orléans, de Thalès à La Ferté-Saint-Aubin ou des pompiers, on remarquait des groupements moins visibles dans ces habituels cortèges, comme ceux de nos confrères de La République du Centre – qui n’était pas imprimée jeudi dernier et annonçait un débrayage cette semaine –, ou encore une délégation d’Unité SGP Police FO. Ces derniers, venus sur leur temps de repos, représentaient leurs collègues des forces de police qui, on le rappelle, n’ont pas le droit de grève. « Il n’y a que les personnels administratifs qui l’ont ; certains l’ont d’ailleurs fait valoir aujourd’hui, rappelait Franck Raynaud, l’un de ses représentants. Nous sommes présents ici pour défendre nos acquis. » En effet, le recul du départ à la retraite concerne aussi les policiers… « Il n’existe actuellement aucun aménagement dans nos métiers, qui serait lié à l’âge. On est tous appelés à pouvoir aller sur le terrain. » Pour l’heure, le bras de fer avec le Gouvernement ne fait que commencer. Prochain round, mardi prochain 31 janvier, lors du nouvel appel des syndicats à la mobilisation.

* Lors de la mobilisation contre la réforme de la retraite par points.

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