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RSA : « on change de braquet »
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RSA : « on change de braquet »

RSA : « on change de braquet »

Le Département du Loiret, qui verse les allocations aux bénéficiaires du RSA sur son territoire, a décidé de muscler ses actions pour que ceux-ci puissent retrouver plus rapidement un emploi, voire une formation.
Benjamin Vasset
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Le sujet du RSA est revenu sous les feux de l’actualité lors de la campagne à la présidentielle, lorsque Emmanuel Macron a proposé de conditionner le Revenu de Solidarité Active à une « activité comprise entre 15 et 20 h par semaine ». L’annonce, réalisée au lancement de la campagne du Président sortant, a fait des vagues à droite – qui a crié au plagiat – comme à gauche, estomaquée par cette mesure lui semblant tout droit sortir des années Sarkozy. Rappelons toutefois que ce sont les Départements qui financent le RSA : dans le Loiret, le Conseil départemental a versé 106 M€ d’allocations à quelque 16 000 foyers bénéficiaires sur son territoire. Réélu en juin 2021, Marc Gaudet, le président de la collectivité, avait déjà annoncé vouloir quelque peu revoir la politique sur le dossier des aides sociales.

Fin avril, le Département a publiquement décortiqué la nouvelle action qu’il a mise en place et baptisée Trois mois pour un job. Celle-ci s’adresse aux bénéficiaires du RSA, mais à ceux qui ne sont « pas trop éloignés de l’emploi » et qui sont en mesure de pouvoir se déplacer facilement, sans trop de problèmes de transports ou de garde d’enfants. Aujourd’hui, un peu moins de 200 personnes ont commencé cette démarche qui consiste à être suivi « de façon intensive » par 10 salariés du Département, renommés pour l’occasion « consultants ». Ceux-ci ont chacun pour mission de cornaquer une petite équipe de bénéficiaires du RSA (20 à 30 personnes) durant trois mois, « avec un suivi individuel hebdomadaire et des actions collectives en lien direct avec les entreprises et les organismes de formation ». Des « ateliers classiques et innovants » sont au programme, qui ont d’abord pour mission de « redonner confiance » à ces hommes et ces femmes qui, compte tenu de leur situation, peuvent douter d’eux et de leurs compétences. Les faire se rencontrer lors de temps communs permet de « poser ses valises ». « L’idée est d’accompagner ces bénéficiaires du RSA de façon un peu plus proche », résume Pauline Martin, vice-présidente du Département en charge de l’emploi, mais aussi de « moins travailler en silo », en créant davantage de passerelles avec les autres partenaires institutionnels (Pole Emploi, CAF, CPAM) et les entreprises du territoire pour trouver des débouchés.

« Comme des coachs »

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Département a procédé à la présentation de cette action dans les murs de Burban Palettes, à Ormes, dont le patron et fondateur, Didier Burban, dit lui-même mener une « politique d’inclusion active » au sein de son groupe. « On essaye de réinsérer pas mal de personnes en difficulté. Je n’ai aucun frein par rapport à cela, peut-être parce que j’étais moi-même au chômage quand j’ai démarré mon entreprise et que nous avons aussi, en interne, un système de formation qui ne demande pas forcément de compétences particulières au préalable. »

À travers ce type d’opération « coup de poing », « l’objectif n’est pas de faire des économies sur le RSA », prend toutefois soin de préciser Pauline Martin, mais de « mettre en relation » les acteurs dans un contexte où le « manque de main-d’œuvre est criant » sur le territoire. « On change de braquet, on agit un peu comme des coachs », confie la vice-présidente du Département. Et si après trois mois d’entraînement, les usagers bénéficiaires ne sont pas revenus sur le chemin de l’emploi ou d’une formation, ils pourront, éventuellement, être accompagnés trois mois supplémentaires.

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