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Sans eau, l’agriculture menacée ?

Sans eau, l’agriculture menacée ?

Les conséquences de la sécheresse estivale n’ont pas été uniquement visibles sur les pelouses des particuliers. Elles ont aussi largement impacté l’activité dans les champs du Loiret. Pour autant, à la Chambre d’agriculture, supprimer le nombre de cultures particulièrement soiffardes comme le maïs n’est pas à l’ordre du jour.
Gaëla Messerli
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Sans tomber dans un cours de météorologie, le relevé des températures et précipitations des douze derniers mois de l’année à Orléans (source Météo France) montre clairement un déficit en pluviométrie. Depuis le début de l’année 2022, 275,2 mm de pluie sont ainsi tombés en 51 jours avec précipitations, alors que la moyenne annuelle est de 635,5 mm de pluie pour 109,4 jours avec précipitations. Certes, la « sécheresse durable » pointée par Jean-Marie Fortin, le président de la Chambre d’agriculture, n’est pas la même en tous les endroits du département : « Sur le territoire de la nappe de Beauce, avec les quotas, les réserves sont suffisantes, même si elles diminuent. Par contre, au sud du département et à l’est, il y a pénurie. Ce temps très sec va avoir un impact sur le maïs, les betteraves et toutes les cultures d’été. Nous avons aussi des inquiétudes concernant la mise en production car, dans certains secteurs, les quotas d’eau ont déjà été consommés. » Un impact qui pourrait durer dans le temps si les agriculteurs ne peuvent pas semer pour l’année suivante. Dans l’arboriculture, très présente dans l’Orléanais, « les fruitiers ont souffert, continue Jean-Marie Fortin. Il y a un risque d’avoir de petits fruits quand ce n’est pas un avortement tout simplement des bourgeons. » Si les regards sont surtout braqués sur les cultures dans le Loiret, Jean-Marie Fortin n’oublie pas les éleveurs, qui sont aujourd’hui obligés de donner leur stock de fourrage prévu pour l’hiver à leurs animaux. « Faute de fourrage, certains éleveurs pourraient même vendre leurs animaux. Le risque est très clairement d’impacter la production de lait. » Le ministre de l’Agriculture a cependant annoncé, fin août, différentes mesures pour aider les agriculteurs et éleveurs victimes de la sécheresse.

Pas touche au maïs

Pour faire face à ces épisodes de sécheresses, « le monde agricole s’est organisé, explique toutefois Jean-Marie Fortin. Nous avons par exemple un outil d’aide à la décision (Net Irrig) qui nous permet d’économiser l’eau le plus possible. Maintenant, il faudrait réussir à mieux capter l’eau l’hiver et réfléchir à la réutilisation eaux usées : il y a celles des stations d’épuration, mais aussi celles provenant de l’industrie. Si nous voulons obtenir une forme d’indépendance alimentaire en France, il est important d’apprendre à gérer l’eau en tenant compte des différents usagers ». Parmi les solutions d’adaptation au changement climatique, dont Jean-Marie Fortin dit « être conscient », il y a aussi la relocalisation des espèces comme le tournesol, voire pourquoi pas, selon lui, la solution souvent décriée des OGM. Quant aux cultures de maïs, qui demandent énormément d’eau, « il y en aura toujours besoin pour l’élevage, assène Jean-Marie Fortin. C’est, en plus, une des cultures qui se valorisent le mieux ».

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