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Santé : à quoi faut-il s’attendre ?
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Santé : à quoi faut-il s’attendre ?

Santé : à quoi faut-il s’attendre ?

Travaux dans les centres de santé d’Orléans, arrivée de nouveaux praticiens, formation de futurs médecins… Premier maire-adjoint en charge de la santé, Florent Montillot passe en revue les grands chantiers de l’année – et de celles à venir – concernant l’offre de soins à Orléans.
Benjamin Vasset
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Serez-vous mieux soigné cette année à Orléans ? Une question à un peu plus de 23 €, dont la réponse est forcémenbrouillée par la situation de crise aux Urgences de l’hôpital : leur fermeture partielle contribue à noircir un tableau qui reste toujours assez sombre à Orléans, mais qui a été égayé, au printemps dernier, par l’officialisation de l’implantation d’une fac de Médecine pour 2025. Concrètement, cela ne changera rien, aujourd’hui, au quotidien des Orléanais qui cherchent des médecins disponibles, mais les effets de cette grande annonce du printemps devraient se sentir d’ici huit à dix ans. 

En attendant, comment se porte la médecine de ville dans la cité johannique ? « Il n’y a pas encore de vent d’optimisme, mais l’offre médicale frémit », affirme Florent Montillot, premier maire-adjoint d’Orléans en charge de la santé, qui liste une soixantaine de médecins généralistes exerçant dans la cité johannique en cette rentrée 2022. « Jusqu’alors, on ne parlait que de départs à la retraite non remplacés ; or, j’ai désormais une liste de médecins qui commencent à s’installer, se réjouit l’élu orléanais. Il commence à y avoir des effets boule de neige : par exemple, un médecin échographe qui s’installe à Dunois est en train de faire venir deux de ses anciens collègues. » Plus globalement, quelle est aujourd’hui l’offre de santé à Orléans et qu’attendre dans un avenir plus ou moins proche ? Réponses en plusieurs points-clés. 

Centre de santé rue A. Gault : ouverture… à l’été 2023

En février dernier, dans nos colonnes, Florent Montillot avait tablé sur une ouverture de ce nouveau centre de santé situé aux 12-14 rue A. Gault (au nord-ouest d’Orléans) en début d’année 2023. Celle-ci devrait finalement avoir lieu l’été prochain. Si les travaux et le gros œuvre sont actuellement en passe de se terminer, les aménagements extérieurs (parkings, éclairage, plantations…) seront lancés au mois d’octobre pour être bouclés en fin d’année 2022. S’ouvrira alors un autre chantier, celui des cloisonnements internes, à partir de début 2023. Mais avant, il faudra, pour la mairie, avoir réglé la question de la gestion de ce centre de santé, que Florent Montillot disait vouloir confier, en février dernier, à « une association ». Le premier maire-adjoint dit cependant avoir stoppé en mars dernier les négociations avec cet interlocuteur, qui aurait fait « de la surenchère ». La municipalité a donc lancé en juin un Appel à Manifestation d’Intérêt. Aujourd’hui, il semblerait que ce centre de santé de la rue A. Gault, qui figurait parmi les grands engagements de la majorité élue en 2020, soit « divisé » en deux, avec une partie qui pourrait être prise en charge par un « opérateur » type association ou société privée (SISA) et qui regrouperait des médecins libéraux, tandis qu’une autre partie des bâtiments pourrait être gérée par une autre association qui salarierait des professionnels… À moins que la mairie ne se décide à en salarier elle-même. Dans ce « département », entre quatre et cinq médecins généralistes et spécialiste ainsi que des Infirmiers en Pratique Avancée, un « mini-centre de radiologie » et un laboratoire d’analyse (uniquement des prises de sang) sont attendus, de même que des logements à destination des internes de l’hôpital. Le coût total de ce projet, « porté à 100 % par la Ville d’Orléans », est désormais estimé à environ 3,5 M€. 

Un cabinet de santé « étendu » à l’Argonne

Un cabinet de santé privé déjà installé près de la rue de l’Argonne « à côté du marché » a, selon Florent Montillot, un « énorme projet d’agrandissement, y compris sur le plan patrimonial », afin de devenir un vrai « centre de santé ». Il intègrerait des médecins généralistes, des kinésithérapeutes, des soins non-programmés et une offre de pharmacie dans un bâtiment qui s’étendrait sur environ 500 m2.

Madeleine-Brès : des arrivées, mais pas de « mini-centre de santé municipal »

Navire amiral de la reconquête médicale d’Orléans, le centre de santé Madeleine-Brès, sur le site de l’ancien hôpital Porte-Madeleine, va lui aussi voir débarquer de nouveaux professionnels de santé. Dans le champ paramédical, un orthophoniste (sous une quinzaine de jours) et trois infirmiers (au 1er octobre) vont ainsi s’y installer. Pour ce qui est des médecins, un allergologue est déjà en place. Une autre médecin généraliste attend quant à elle l’aval de l’Ordre des Médecins pour une intégration en novembre, trois jours par semaine. Côté spécialistes, Florent Montillot affirme avoir reçu « deux demandes de dermatologues ». Selon le premier maire-adjoint, toutes les cellules de cette maison de santé devraient être occupées en 2023. Changement de programme, cependant : alors que la mairie avait prévu de transformer une partie des locaux en « mini-centre de santé municipal », avec des ETP et des médecins retraités venant y faire des vacations salariales, Florent Montillot indique que ce projet a été retoqué : « Nous avions fait cette proposition au GIP Pro Santé, mais les personnes candidates dans cette partie “centre de santé” ne rentrent pas dans son schéma, parce que travailler un ou deux jours par semaine ne serait pas suffisant. Au niveau national, la CNAM n’était pas favorable, non plus, à ce qu’il y ait un mini-centre de santé dans une maison de santé libérale. » 

Un « gros projet sport-santé »

« À moins de 500 m du site de l’ancien hôpital Porte-Madeleine », Florent Montillot annonce cependant la construction d’un ensemble comprenant entre 150 et 200 logements étudiants et un lieu de formation dans le domaine du sport-santé. « Nous sommes d’accord sur la partie de la partie financière concernant l’acquisition du terrain », affirme l’élu, qui évoque, sans en dire plus, un « projet privé de très haut niveau de formation d’étudiants, de médecine et de sport ». Des détails supplémentaires devraient être apportés d’ici la fin de l’année.

Zagreb : 70 000 € d’aides versées par Orléans

Le partenariat entre la mairie d’Orléans et la faculté de Médecine de Zagreb est entré dans sa phase concrète en ce mois de septembre, puisque 16 étudiants (sur 60 candidats environ) ont commencé leurs cours (en visio) au Lab’O, première étape de leur cursus avant qu’ils ne s’envolent pour la Croatie en début d’année prochaine (janvier 2023). Une année d’études est facturée 12 000 € par étudiant : une somme que finance en partie une bourse de la Ville d’Orléans et une autre émanant du Conseil départemental du Loiret. Pour cette première année de partenariat, la municipalité aura déboursé en 2022 environ 70 000 € d’aides aux étudiants qui ont réussi leur concours d’entrée cet été. Ce système de bourse sera reconduit chaque année (l’année prochaine, des étudiants de deuxième année de médecine à la fac d’Orléans pourront en bénéficier), ce qui pourrait, selon les estimations de Florent Montillot, élever la facture annuelle pour la Ville d’Orléans à 500 000 € par an, lorsque la sixième année d’études des étudiants de Zagreb sera engagée. Ce partenariat avec la faculté croate continue malgré tout de faire couler de l’encre : lundi, La France Insoumise de l’Orléanais, qui n’a pas d’élu au conseil municipal, a dénoncé par voie de communiqué « le mirage Zagreb » et le financement de cette formation par « de l’argent public ». Cette attaque ne douche pas l’enthousiasme de Florent Montillot, qui défend mordicus ce partenariat, évoquant un « investissement sur l’avenir » dont les effets seront mesurables dès 2030 : « Dans huit ans, ce seront une quinzaine de médecins qui viendront déjà exercer sur le territoire, puisqu’ils ont signé une convention qui les engage à rester sur le territoire cinq ans après avoir obtenu leur diplôme. » Avant de glisser une sentence qui pourra être diversement interprétée par le landernau politique local : « En 2030, il y a fort à parier que Serge Grouard et moi-même, nous ne serons plus forcément ici en responsabilité, mais c’est l’honneur du politique que de dire à un moment : on investit sur les autres, on investit sur l’avenir. Nous ne supportons plus de voir la souffrance de ces familles qui n’ont pas de
médecin-traitant ». 

Prépa Santé : de quoi parle-t-on ?

Sous l’égide de l’association Loire&Orléans en Santé créée au printemps dernier, une Prépa Santé, dont le dossier a été « bouclé en un mois » a été agrémentée en juillet par la rectrice d’Académie, puis officiellement lancée en cette rentrée 2022. Contre 1 500 €, elle propose 150 heures de formation par an et s’adresse « prioritairement » aux étudiants de PASS et LAS à l’université d’Orléans pour les aider à préparer leur concours du mois de juin. Ces cours de prépa seront-ils ouverts aux étudiants de la filière Zagreb ? « Pour eux, c’est inclus dans leur programme de formation : ils bénéficient des cours de Zagreb et de la présence de tuteurs en quelque sorte, de professionnels de santé qui viennent leur apporter des soutiens », répond Florent Montillot. Ces cours de Prépa seront en tout cas donnés « par des professeurs d’Université et par des médecins ». Qui composera cette équipe pédagogique qui bénéficiera d’une rémunération ? Florent Montillot ne divulgue pas de noms, quand bien même trois anciens candidats à la présidence de l’université en 2020 et 2021 sont murmurés, ce qui interpelle déjà au sein de la communauté universitaire orléanaise. À cette évocation, Florent Montillot ni ne dit mot, ni ne consent : « Je n’en sais rien, répond-il. Ce que je peux vous dire, c’est qu’on a la chance à l’Université d’avoir des chercheurs de haut niveau. Donc, s’ils veulent aider tant mieux, mais ce n’est pas le sujet. » Une demi-douzaine d’étudiants sont pour l’instant inscrits à cette prépa, dont les cours commenceront fin septembre-début octobre. Tous les membres de l’association Loire&Orléans en Santé (Ville et Métropole d’Orléans, Conseil départemental du Loiret…) participeront à son financement.

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