|
|
Serge Grouard double la mise
|
|
Serge Grouard double la mise

Serge Grouard double la mise

Comme cela était annoncé depuis la fin du mois d’octobre, Serge Grouard, maire d’Orléans, a bien été élu par ses pairs à la présidence d’Orléans Métropole. Et entamé son mandat en expliquant que la priorité des priorités serait de remettre les comptes à flot.
Benjamin Vasset
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on email
Share on whatsapp

Un an et demi après son retour comme maire d’Orléans, Serge Grouard est donc devenu, le 9 novembre au soir, président d’Orléans Métropole pour la première fois de sa carrière. Ses adversaires ont eu tôt fait de constater qu’il renonçait là à une de ses promesses de campagnes de 2020 : ne pas cumuler, à l’instar de son prédécesseur Olivier Carré, les deux fonctions de maire d’Orléans et de président de l’intercommunalité. Face à ces critiques qu’il attendait, Serge Grouard a employé une rhétorique dont il avait déjà usé au moment de son retour aux affaires orléanaises : lui ne voulait pas se trouver de nouveau dans la lumière ; ce sont les événements qui ont décidé pour lui… Une posture très gaullienne, celle de l’Homme providentiel, pour celui qui redevient en fin de compte le personnage central de la vie politique orléanaise, alors que deux ans et demi plus tôt, son nom paraissait devoir ne plus s’inscrire que dans les livres d’Histoire. 

Rigueur toute !

Dans ses propos liminaires qui ont suivi son intronisation à la tête de l’intercommunalité, Serge Grouard a exposé ses priorités : un, je rétablis les comptes, deux, je rétablis les comptes, trois, je rétablis les comptes. « Cette situation financière, dont nous portons la responsabilité collective, s’explique à la fois par le cumul des projets engagés il y a quelques années (CO’Met, l’Université, le réseau de transports urbains, la rénovation urbaine), les dérives financières de certains d’entre eux, des recettes moindres liées au Covid, le désengagement de l’État et les transferts de certaines dettes des communes vers la Métropole au moment de la métropolisation (…) Si nous ne changeons pas d’axe, nous allons dans le mur », a ainsi prévenu un Serge Grouard à l’air particulièrement grave, qui a promis des « économies très lourdes » afin de résorber des dépenses d’investissement galopantes, des dépenses de fonctionnement élevées et une dette qui aurait explosé de plus
de 100 M€ l’an dernier. 

Pour remettre à flot des comptes en grande souffrance selon lui, Serge Grouard a promis de ne pas toucher aux « dépenses de personnel : ce n’est pas à eux de faire les frais de la situation ». Du coup, augmentera-t-il les impôts ? Il faudra attendre décembre pour le savoir et en passer d’abord par une conférence des maires puis par le biais d’un séminaire métropolitain qui permettront de présenter, dès janvier prochain, un Plan Pluriannuel d’Investissements et un budget 2022 qui s’annonce austère. Selon Serge Grouard, « les efforts » demandés n’épargneront personne, pas même la Ville d’Orléans. Si des communes vont ainsi devoir ranger quelques projets dans les placards, la « nouvelle » opposition de gauche, à la Métropole comme à la Ville d’Orléans, se demande déjà avec
curiosité si Serge Grouard président de la Métropole va demander à Serge Grouard maire d’Orléans de renoncer à l’un de ces trois grands projets annoncés il y a quelques mois : la construction d’une nouvelle salle de musiques actuelles dite Astrolabe-2 (voir p.10), la réhabilitation des Halles-Châtelet et surtout la refonte des mails, estimée à une centaine de millions d’euros, dont 50 millions financés par la Métropole… En attendant, on notera que, pour nettoyer les écuries d’Augias, Serge Grouard s’appuiera, comme toujours, sur celui qui a la charge de ce dossier depuis une vingtaine d’années : l’inamovible Michel Martin, reconduit, sans surprise aucune, vice-président aux
Finances (voir encadré).

(Beau)coup de théâtre

Si sur le fond, la soirée d’installation de ce nouvel exécutif métropolitain aura permis d’éclairer sur la politique qui sera menée dans les prochains mois, elle aura aussi, sur la forme, été émaillée de quelques moments qui auront, au choix fait rire ou pleurer. D’abord : alors que tous les élus étaient au courant de l’exécutif métropolitain qui allait être validé, ils ont choisi de jouer un mélo tordant sur l’air du « rien n’est joué, rien n’est décidé », dont on se demande encore à quoi cela pouvait bien servir. Par exemple : à la question de savoir, en tout début de séance, qui se portait à la présidence de la Métropole, un silence de mort a d’abord retentit. Puis s’éleva la voix du maire d’Ormes, Alain Touchard, qui « proposa » la candidature du maire d’Orléans à la tête de l’intercommunalité. Le but de la manœuvre ? Ce n’est pas Serge Grouard qui se portait candidat, mais ses collègues maires de centre-droit qui l’adoubaient : il manquait alors à ce moment chœurs lyriques, solos de harpes et lâchers de colombes pour faire croire à un couronnement divin. 

Cette mise en scène un brin lourdingue, l’élu écologiste orléanais Jean-Philippe Grand lui a apporté en outre sa plus-value dramatique en se fendant d’une allocution virulente, en début de séance, à l’encontre de celui qui allait prendre les rênes de la Métropole : « Nous sommes ici par la volonté d’un Homme, Serge Grouard, qui s’est fait élire maire d’Orléans en 2020 en promettant de ne pas cumuler les deux postes de maire et de président de la Métropole. Nous sommes ici par la volonté d’un Homme qui a une vision guerrière de la politique, un Homme qui nie la diversité de notre pays ». Jean-Philippe Grand reprocha également à Serge Grouard ses « petits arrangements » et son « clientélisme » supposé. Cette sortie déclencha alors la colère du maire d’Orléans : « Je ne peux pas accepter de tels propos haineux, je n’admets pas ce procès d’intention. De fait, je m’interroge sur ma candidature (…) » Une suspension de séance fut ainsi demandée et accordée, quelques minutes de conciliabule suivirent, puis Serge Grouard obtint qu’on le soutînt publiquement. Florent Montillot et Charles-Eric Lemaignen volèrent logiquement à son secours; quelques élus socialistes, comme le maire de Chécy Jean-Vincent Valliès, se « désolidarisèrent » eux aussi des propos de Jean-Philippe Grand, lâché en rase campagne par ses « amis » de gauche, qui expliquèrent, après coup, que cette sortie de l’écologiste était « mal placée » (seule la communiste Dominique Tripet, absente du conseil métropolitain, fit savoir le lendemain, par voie de communiqué, qu’elle soutenait Jean-Philippe Grand, ndlr) Le groupe de Matthieu Schlesinger, désormais allié à Serge Grouard, prit lui aussi la défense du maire d’Orléans, le maire d’Olivet himself jugeant les propos de l’écologiste « excessifs et à la limite de la diffamation ». Constatant que Jean-Philippe Grand était « isolé », Serge Grouard put ainsi, « touché par le soutien » de ses collègues, « proposer sa candidature » à la présidence de la Métropole. Le maire d’Orléans fut élu, au premier tour, avec 47 voix pour 89 élus métropolitains. Ouf : nous venions d’échapper à l’apocalypse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres ARTICLES a lire
Michaël Gonçalves danse avec les stars
Figure locale du monde de la nuit et de la...
Salti, danse épidémique !
La Scène Nationale d’Orléans invite la Compagnie Toujours Après Minuit...
En août, O’Tempo remontera le son
Après avoir accueilli 5 000 personnes lors de sa première édition en...
Événements de la semaine
13
Mar
11
Mar
Orléans – Palais de Justice – 44, rue de la Bretonnerie
#
11
Mar
Saint-Jean-de-la-Ruelle Médiathèque Anna-Marly puis dans tous les quartiers de la ville
#
14
Oct
Orléans – Théâtre Gérard Philipe
à 15 h
11
Oct
Orléans – Salle de l’institut
à 10 h 45
ARTICLES RÉCENTS