|
|
Serge Grouard lance sa ligne

Serge Grouard lance sa ligne

Après avoir officiellement annoncé en juillet qu’il briguait la présidence des Républicains, Serge Grouard est rentré dans le dur, samedi dernier, avec un discours dans lequel il a détaillé le point central de son programme : la négociation d’un accord de Gouvernement entre les LR et l’actuelle majorité.
Benjamin Vasset
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur whatsapp

Depuis le 7 juillet dernier, Serge Grouard est candidat à la présidence des Républicains. Il l’avait annoncé par un communiqué envoyé aux médias nationaux, lesquels, pendant l’été, ont traité avec une indifférence disons polie sa candidature. Le maire d’Orléans en a-t-il été déçu ? Il assure aujourd’hui que cette première étape avait surtout un objet d’information « en interne », afin que le « bureau politique » des LR, les parlementaires et certains « grands élus » soient au courant de sa démarche. 

Samedi dernier, il a en tout cas voulu donner un coup d’accélérateur à sa campagne en ressortant des limbes une « fête départementale » LR, laquelle a surtout pris l’allure d’un meeting dont le discours de Serge Grouard aura été l’acmé. Auparavant, les 130 à 150 militants réunis ont pu entendre discourir Gilles Carrez (ancien député ayant donné son nom à la célèbre loi éponyme), Patrick Stefanini, ex-lieutenant de François Fillon en 2017, et Yann Moix. Que ce dernier faisait-il là ? L’écrivain, prix Goncourt du premier roman en 1996, a passé une enfance qu’il a souvent décrite comme douloureuse à Orléans, une ville qu’il a longtemps prise en grippe mais qu’il a redécouverte récemment à l’invitation de… Serge Grouard. Visiblement, les deux hommes s’estiment, et samedi dernier, Yann Moix l’a rappelé avec une certaine emphase quand il a parlé de la politique d’embellissement menée par Serge Grouard à Orléans : « J’ai connu cette ville à l’époque où elle était moins agréable qu’aujourd’hui, quand elle était sombre, mal éclairée, et qu’elle ne trouvait pas son identité. Et hier soir, quand je m’y suis baladé, je me suis dit que ce mec (Serge Grouard, ndlr) était un génie. » 

Valeur d’exemple

Samedi dernier, le « génie » en question a souligné que sa candidature à la présidence des Républicains était celle d’un un élu local qui savait ce que mouiller la chemise voulait dire. « Gagner est un mot que je connais », a rappelé Serge Grouard, expliquant qu’il « présidait aux destinées de cette ville depuis 2001 » – et réduisant ainsi la mandature d’Olivier Carré (2015-2020) à l’état de détail. L’actuel maire d’Orléans a en outre asséné ses « résultats » à la tête de la municipalité, à savoir « une baisse de la délinquance de 80 %, une pression fiscale restée stable et la réduction des émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 12 % ». Cet « exemple » orléanais sera-t-il de nature à séduire les adhérents des Républicains, au nombre de 50 000 environ ? Serge Grouard n’ignore pas qu’il souffre d’un déficit de notoriété face à ses probables futurs concurrents, dont le très droitier député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti. Se refusant à toute attaque ad hominem à l’encontre de ce dernier – « J’ai toujours apprécié son honnêteté intellectuelle » –, Serge Grouard prévient cependant : « Si une direction disons marquée à droite arrivait à la présidence des LR, elle aurait le plus grand mal à rassembler à l’intérieur du parti, et cela risque d’amener des fractures. » Et voici donc le maire d’Orléans proposer de négocier un « accord de gouvernement » avec Emmanuel Macron : « Il ne s’agit ni de compromission ni de rentrer dans le Gouvernement, développe Serge Grouard. Mais nous n’avons pas le temps d’aller jusqu’à une crise politique qui couve aujourd’hui. » Rien de très détaillé dans cet « accord » potentiel que Serge Grouard veut mettre sur pied s’il est élu président des LR, mais cinq urgences définies : « Tranquillité publique, urgence climatique, urgence sociale, urgence financière et urgence institutionnelle. » Comme d’autres caciques des Républicains, Serge Grouard pense que la présence de 62 députés LR à l’Assemblée rend le vieux parti gaulliste incontournable : « Rien ne peut se faire sans nous, dit-il. Si nous réussissons (à négocier cet accord, ndlr), nous retrouverons la confiance des Français et redeviendrons un grand parti populaire. »

Avec modération

Que penser de ce positionnement ? Est-ce le fruit d’une vraie conviction ou une simple stratégie de conquête ? Le maire d’Orléans a en effet toujours été très offensif envers Emmanuel Macron, affirmant même l’an dernier, durant la campagne à la présidentielle, qu’il s’abstiendrait en cas de deuxième tour Macron / Le Pen ou Macron / Zemmour. On aurait donc pu penser qu’il serait, dans le cadre de sa candidature à la présidence des LR, a minima l’homme du ni/ni entre Renaissance et Rassemblement national. Mais Serge Grouard, qui indique être « toujours dans une logique de fermeté », dit aussi ne pas vouloir d’un « parti qui s’enfonce dans une opposition permanente et dérisoire », pas plus qu’il ne souhaite d’accord texte par texte avec la majorité qui multiplierait les « débauchages individuels ». Il a aussi exprimé tout le mal qu’il pensait d’une potentielle « Nupes de droite » (sous-entendu, avec le RN), qui serait selon lui « la promesse d’une mort politique assurée ». Suivez son regard vers le PS, qu’il décrit comme « un canard sans tête, un parti croupion devenu godillot ». Samedi dernier, le positionnement de Serge Grouard était partagé par les tribuns qui se sont succédé sur la scène de cette « fête départementale » LR : Patrick Stefanini se montrait ainsi séduit par les promesses de Gérald Darmanin en termes de sécurité, de justice et d’immigration, tandis que l’ancien député Gilles Carrez demandait à « ne pas rester de façon dogmatique dans l’opposition » et que Nicolas Forissier, un des seuls candidats LR sortis vainqueur des dernières législatives en région Centre-Val de Loire (il est député de l’Indre, ndlr), exprimait son souhait de voir son parti être non « dans une attitude d’opposition, mais dans une logique constructive ». Désormais, la ligne est tracée, et Serge Grouard va désormais entrer dans une nouvelle phase de sa campagne. Déjà, par la grâce d’une dépêche AFP reprenant des éléments de son discours d’Orléans, plusieurs médias nationaux ont découvert ce week-end, qu’il était candidat. Au-delà de cette présence médiatique, il va aussi falloir au maire d’Orléans convaincre en interne et faire la chasse aux parrainages. Pour Serge Grouard, le mois de septembre va être chargé…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres ARTICLES a lire
Orléans : la police municipale dotée de nouveaux pouvoirs pour lutter contre l’ivresse publique manifeste
Aux beaux jours, les forces de l’ordre traitent en moyenne...
Maman de Lucas, victime de harcèlement à 13 ans, tient une conférence de presse émouvante dans les Vosges
Lundi, la maman du petit Lucas, un enfant qui s’est...
Charlélie Couture en concert à La Ferté-Saint-Aubin : Découvrez les « Quelques Essentielles » le 10 février
L’espace Madeleine Sologne de La Ferté-Saint-Aubin se prépare à accueillir...