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à l’USO, on joue les arrêts de jeu
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à l’USO, on joue les arrêts de jeu

à l’USO, on joue les arrêts de jeu

Si, sur le terrain, l’US Orléans a manqué son pari de remonter immédiatement du National 1 vers la Ligue 2, en coulisses, le climat est loin d’être serein avec, dernièrement, une bataille d’intentions et de chiffres autour de l’association USO entre la mairie d’Orléans et le président de la SASP, Philippe Boutron.
B.V
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Où tout cela va-t-il mener l’USO ? C’est la question que se posent de nombreux observateurs et amoureux du premier club de football de la métropole, englué dans un marasme sportif que les querelles d’ego et de pouvoir viennent accentuer, à moins que ce ne soit l’inverse. Sur le terrain, la situation est claire depuis plusieurs semaines : l’USO, reléguée l’an dernier en National 1, y restera au moins une saison de plus. La mission « remontée », confiée cette année à un coach expérimenté, Claude Robin, a échoué. 

À la décharge de ce dernier, qui a d’ailleurs quitté son poste, la saison orléanaise a été polluée par la crise sanitaire, entre de nombreux cas de Covid au sein de l’effectif et un contexte de crise économique qui secoue tout le football français suite au fiasco Mediapro. Même en National 1, l’USO a été – et va être – touchée. « Il va nous manquer 650 000 € de droits TV l’an prochain », prévient d’ailleurs le président de la SASP (la société professionnelle), Philippe Boutron. 

Moment délicat

Celui-ci est au centre d’une autre bataille qui se joue en coulisses et semble au moins aussi âpre que celles qui se disputent sur les terrains de National 1. Depuis le match de Coupe de la Ligue contre le PSG, en décembre 2018, Philippe Boutron serait en effet soumis à des « pressions » régulières visant à lui faire « vendre » le club, dont il est actionnaire majoritaire. De mystérieux « investisseurs » seraient, à intervalles plus ou moins réguliers, intéressés pour reprendre tout ou partie de l’USO. En sus, le climat s’est nettement tendu depuis les dernières élections municipales : l’ex-gardien de but Thomas Renault, devenu en juin dernier adjoint orléanais au sport, a assigné son ancien club en justice, et lui réclame désormais plus de 500 000 € devant les prud’hommes. Même si le dossier USO, à la mairie, est géré par Romain Lonlas, conseiller municipal délégué aux grands événéments sportifs, ce genre de soubresauts n’est pas tout à fait de nature à détendre les relations entre les différentes parties… D’autant qu’il est de notoriété publique que Florent Montillot, premier maire-adjoint d’Orléans, grand fan de football et instigateur de l’association « Orléans en Ligue 1 », tente lui aussi de trouver des portes de sortie à ce dossier. 

Au bout d’une saison sportive ratée, et face à ce contexte émollient, Philippe Boutron n’est pas dans une position favorable. Économiquement, il a annoncé que le budget du club devait passer de 6 à 4 M€, avec des « coupes claires » à tous les étages. Ainsi, l’entraîneur-adjoint de l’équipe 1 n’a pas été reconduit, tandis que des baisses de salaire ont également été proposées à des joueurs actuellement sous contrat. « On va gratter de partout », promet Philippe Boutron, qui sait que le club doit remonter en Ligue 2 l’an prochain sous peine de perdre son statut professionnel. Même si le président assure que l’USO « n’a pas de dettes », il remet en cause la subvention de 420 000 € octroyée à son club par la Métropole, qui gère le sport de haut niveau : « sur cette somme, il faut déduire le loyer du stade de 125 000 € et l’entretien de la pelouse de 170 000 €, soit 295 000 €, détaille Philippe Boutron. Le montant net de ce que la SASP reçoit est donc de 125 000 €. Et, en plus, on veut nous faire payer le chauffage de la pelouse de 60 000 €, dont nous avons demandé à être exonérés. » Réponse de Romain Lonlas : « La pelouse ? C’est un accord qui avait été acté à l’époque entre le club et l’équipe d’Olivier Carré. La mairie a assumé. Je rappelle en outre qu’on a mandaté une sorte d’organisation de contrôle pour accompagner le club dans l’entretien du terrain. Cette société, on la garde à notre charge. »

La Ville pointe des « ingérences »…

Par ailleurs, dans cette opération d’économies engagées à tous les étages, il est aussi prévu que l’association USO, qui gère le centre de formation et l’équipe féminine, se serre également la ceinture. Jeudi dernier, lors d’une soirée partenaires organisée au stade de La Source, Philippe Boutron a affirmé que l’association serait privée cette année de 130 000 € de subventions par la Ville d’Orléans. Interrogé par La République du Centre, Romain Lonlas a répondu dimanche dernier que cette somme « sortait de nulle part et ne correspondait à rien ». En début de semaine, Philippe Boutron a détaillé son propos : selon lui, une subvention de 100 000 € pour l’équipe de D2 féminine a été « refusée verbalement » par la mairie. Il ajoute que le contrat d’objectifs passé entre la Ville et le club, d’un montant de 39 000 € annuels, est passé à… 10 000 €. Recontacté par La Tribune Hebdo, Romain Lonlas rétorque : « l’association USO touche une subvention annuelle de 39 000 € : pour l’instant, nous avons versé 13 000 €, mais l’année n’est pas terminée. Depuis 2018, le centre de formation a reçu 430 000 € de subventions exceptionnelles. Je me suis engagé à aider les filles si elles en ont besoin. En outre, l’association bénéficie à titre gratuit des installations municipales, pour une valorisation estimée à 60 000 € par an. L’asso, je tiens à le redire, c’est le cœur du club. Sans elle, la SASP ne peut pas fonctionner. »

Dans les faits, c’est exact, puisque l’association est l’organisme qui détient le numéro d’affiliation du club, sans lequel l’inscription aux compétitions est impossible. Dans le cas de l’USO, les deux structures que sont l’association et la SASP sont intimement liées. Philippe Boutron indique ainsi que le budget de l’association, estimé à 1,7 M€, « est abondé à 90 % par la SASP, dont du partenariat privé, dont les deux tiers sont apportés par les actionnaires de la SASP ». Dans ce commentaire, Philippe Boutron semble sous-entendre que la Ville l’attaque désormais sur ce terrain pour le faire « craquer ». De son côté, Romain Lonlas pointe « l’ingérence de la SASP dans le fonctionnement de l’association. Pourquoi Philippe Boutron participe-t-il à son CA ? Le problème, c’est que les comptes de l’association USO et de la SASP sont fusionnés. Je suis garant des deniers publics, je ne veux pas mettre de sous pour renflouer la SASP. » Selon nos confrères de La République de la Centre, le président de l’association, Claude Tissier, éreinté par cette passe d’armes, serait sur le point de démissionner de son poste en fin de saison. Contacté par La Tribune Hebdo, il n’a souhaité faire aucun commentaire. A-t-il été victime de « pressions » de la municipalité ? Les pro-Boutron en diffusent l’idée, les « anti » lèvent les yeux au ciel. 

 Philippe Boutron : « je ne vais pas laisser tomber »

Reste la question principale : où ce conflit va-t-il mener l’USO ? À la mairie, Romain Lonlas, qui dit être dans le rôle « du tampon » depuis sa prise de poste, explique que sa « porte est toujours ouverte à M.Boutron ». Ce qui ne l’empêche pas de se montrer critique sur la gestion du club : « il y a un moment où il faut savoir partir, estime l’élu, d’autant plus s’il y a des offres. Philippe Boutron dit qu’il n’y en a pas ? Mais il bloque tout ! Il n’est pas ouvert à la discussion. » Face aux partenaires, jeudi dernier, l’intéressé a répété qu’il ne « lâcherait pas ». « Je suis un combattant, complète-t-il. Je ne vais pas laisser tomber. Moi, ce que je veux, c’est retrouver la Ligue 2 ». Philippe Boutron s’active d’ailleurs pour trouver un entraîneur qui, mercredi, n’était toujours pas connu. Une trentaine de CV seraient sur la table. On souhaite bon courage à cet heureux élu pour s’immiscer dans ce contexte explosif.

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