Face à la crise, l’OLB attend

La saison de l’OLB s’est arrêtée mi-mars. Reste aujourd’hui à savoir si elle n’est que suspendue… ou si elle reprendra en septembre. Didier Nourault, le président du club, semble ne pas vouloir d’une année blanche, mais demande surtout de ne pas se presser. Explications.
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Jusqu’alors, tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Au cœur d’une saison à hauts risques (quatre descentes prévues en juin 2020), Orléans Loiret Basket occupait, mi-mars, une confortable 13e place au classement de la Jeep Elite, avec deux victoires d’avance sur le premier relégable…mais aussi deux victoires de retard sur le premier club qualifié pour les play-offs. L’OLB était dans une bonne dynamique et de nombreux observateurs prédisaient déjà un maintien confortable au mois de mai. « Peut-être même que nous aurions été en play-offs… », déclare aujourd’hui Didier Nourault, le président du directoire d’Orléans Loiret Basket.

Mais avec le confinement, tous les joueurs ont été renvoyés a la casa, et le staff administratif a suivi le mouvement. Au final, l’OLB a bénéficié, pour l’ensemble de son personnel, des mesures de chômage partiel mis en place par le Gouvernement. Début mai, aucune date de reprise n’était clairement précisée par la direction : le club restait en sommeil, quand bien même les fans de l’OLB avaient appris fin avril le départ de Miralem Halilovic pour Boulogne-Levallois. Un crève-cœur et une lourde perte sportive pour Orléans Loiret Basket, tant le pivot bosnien, présent au premier entraînement en Pro B en août 2018, incarnait le projet de « reconquête » du club. En décembre dernier, il avait même participé au All Star Game français, preuve de son impact sur les parquets de la Jeep Elite.

Plus de quarante matchs l’an prochain ?

Durant le confinement, Didier Nourault a participé – et participe encore – à des groupes de travail de la Ligue Nationale de Basket et a planché sur une reprise de la compétition. Pour l’instant, aucune décision n’a été notifiée pour savoir si le championnat de France version 2019-2020 se concluait par une saison blanche ou si l’on jouait, l’année prochaine, deux saisons en une : en résumé, si l’on terminait le championnat en cours et si l’on enchaînait immédiatement sur la saison suivante. Reste à savoir, dans ce cas précis, si l’on acte la relégation de clubs à la fin de l’exercice 2019-2020, c’est-à-dire en plein milieu d’année, ou si l’on cumule les résultats des deux saisons pour obtenir le nom d’un champion et des équipes qui prendront l’ascenseur en juin 2021. Dans cette hypothèse, la Jeep Elite devrait-elle alors passer, comme prévu, de 18 à 16 clubs ? Ces questions agitent, en ce moment, le petit monde du basket professionnel français.

Dans cet océan d’incertitudes, Didier Nourault est plutôt partisan du « wait and see ». « L’important, c’est de ne pas prendre de décisions trop hâtives », clame-t-il. En clair, il ne souhaite pas que, sous l’impulsion de quelques présidents désireux de sauver leurs clubs, la Ligue tire des conclusions trop rapides qui pourraient pénaliser l’ensemble de la « famille ». « Quel est l’intérêt supérieur du basket et de la Ligue ?, demande Didier Nourault. Celle-ci doit être forte. Car avec une Ligue forte, chaque club pourra aller voir ses partenaires en leur expliquant clairement où l’on va. »

« La structure actuelle de l’olb est un avantage »
Didier Nourault, président du directoire.

Une assemblée généralede la LNB est en tout cas prévue fin mai pour statuer sur le scénario qui sera adopté. Le président de l’OLB ne verrait pas d’un mauvais œil que cette AG soit reportée de quelques semaines, afin d’attendre, au moins, les annonces gouvernementales pour l’après-2 juin. Le concernant, Didier Nourault se montre personnellement partisan de l’hypothèse « deux saisons en une » : il pense que les joueurs pourront jouer trois fois par semaine pour absorber le nombre de matchs supplémentaires qu’engendrerait un tel scénario. « Les arguments pour une saison blanche, pour l’instant, on ne m’en a pas donné, dit-il. Par contre, 23 matchs à domicile pour nos partenaires l’an prochain, ce serait intéressant (encore faut-il que le retour du public soit autorisé, ndlr). Cette année, la saison a été interrompue alors qu’on n’avait encore reçu ni l’ASVEL ni Monaco, soit deux belles affiches. » Si cette option était validée, l’OLB ne serait-elle pas pénalisée par le fait que la majeure partie de son effectif arrive en fin de contrat en juin 2020 et qu’il faudra reconstruire un nouveau squad ? Où serait la continuité sportive là-dedans ? Didier Nourault balaye : « sur une saison, vous croyez qu’on a le même effectif entre mai et septembre ? Et entre la fin de saison de Pro B où on est monté et le début de la saison de Jeep Elite, vous pensez qu’on avait les mêmes joueurs ? »

Malgré la crise générale, le président de l’OLB assure que le club n’est cependant pas en danger économiquement, et qu’aucun plan de restructuration n’est en cours : en clair, les personnels ne doivent pas s’inquiéter pour la pérennité de leur emploi. Évidemment, il est possible que le budget baisse la saison prochaine, mais de la même manière que chez les copains de Jeep Elite. Il est probable que les joueurs engagés devront faire des efforts sur leurs prétentions salariales, et que, d’une manière ou d’une autre, il « faudra se réinventer » selon Didier Nourault. 

La Métropole, un rempart ?

Début mai, celui-ci, espérait que la prochaine subvention métropolitaine (plus d’1 M€ en 2019-2020), qui pèse pour près d’un quart sur le budget du club, resterait au niveau : « C’est clair qu’on a besoin d’un maintien de la somme, mais on comprendra tout ce qui pourra être mis sur la table, peut-être même sous forme d’aides différentes, assure Didier Nourault. De toute façon, il est difficile de dire à la collectivité : « aidez-nous, on est en crise ». Parce qu’on n’est pas les seuls dans cette situation. » Sans répondre précisément sur le niveau d’aide qui pourrait être accordé à l’OLB, Olivier Carré, le président de la Métropole, se veut rassurant : « nous serons toujours en soutien du club. Oui, l’argent public va être rare, mais il n’est pas question pour nous d’entraîner des structures sportives ou culturelles dans la difficulté. »

Pour autant, le fait que la Ville soit actionnaire majoritaire de l’OLB, une situation largement remise en cause ces derniers mois, et notamment lors de la campagne des municipales, semble représenter aujourd’hui un gage de sécurité et de stabilité pour le club. « Évidemment, la structure de l’OLB est un avantage, assure Didier Nourault. Ce modèle économique partagé est assez vertueux, et fait de nous l’un des clubs de basket qui ne sont pas les plus en danger en ce moment. » De la même manière que les Français et leurs dirigeants redécouvrent les vertus de l’État-Providence et des services publics en temps de crise, les fans de l’OLB pourraient bien comprendre assez vite que l’actionnariat public de leur club protège celui-ci d’un coup de grisou lors du money time qui se jouera prochainement.

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