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Fleury suspend son vol
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Fleury suspend son vol

Fleury suspend son vol

Une nouvelle défaite, le week-end dernier, contre Toulon, a condamné le Fleury Loiret Handball à une relégation en D2. Pour les dirigeants du club, c’est la preuve que celui-ci ne peut plus faire avec les moyens qui lui sont alloués actuellement.
Benjamin Vasset
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Cela a donc été la défaite de trop. Samedi dernier, les Panthères se sont inclinées à domicile, d’un petit but, face à Toulon. Un petit but qui a de lourdes conséquences : l’an prochain, le Fleury Loiret Handball évoluera en deuxième division nationale. Un vrai choc pour les suiveurs et amoureux d’un club qui, en 2015, était sacré champion de France. C’était une autre époque, déjà : celle où un puissant mécène, en l’occurrence Jean-Pierre Gontier, faisait vivre le FLH sous perfusion. Depuis, le patron du Leclerc d’Olivet a retiré ses billes, lassé du manque de soutien de ses partenaires publics. Une nouvelle équipe dirigeante est arrivée aux commandes, avec l’idée de restructurer le club sur des bases solides, moins dépendantes de la volonté d’un seul homme. Aujourd’hui, l’échec est patent. 

En début de saison, l’actuelle présidente du Fleury Loiret Handball, Sabine Guillien-Heinrich, annonçait pourtant viser le milieu du tableau. Avec une seule victoire en 24 matchs, ses Panthères sont aujourd’hui loin du compte. « Cela fait plusieurs années qu’on s’appuyait sur une jeunesse qui avait beaucoup de talent, mais qui était encadrée par des joueuses plus expérimentées. Cette année, elles n’étaient pas là. Ça fait toute la différence », justifie le manager général du FLH, Antony Tahar, qui a dénombré, cette saison, dix matchs que les Fleuryssoises ont perdu sur un écart d’un à trois buts. Si loin, si proches… Les Panthères devront désormais repartir dans la division inférieure, à moins que les instances n’en décident autrement, puisque cinq clubs de D1 sont aujourd’hui confrontés à de grosses difficultés financières, parmi lesquels Bourg-de-Péage et Plan de Cuques. Problème : le Fleury Loiret Handball fait aussi partie des écuries dont les comptes inquiètent. Si le club loirétain ne communique pas aujourd’hui sur ses pertes pour cette saison, il cible plus volontiers les sous qui lui manquent : « on a reçu cette année une subvention de 110 000 € de la Métropole, contre 220 000 € l’an dernier. Et 110 000 €, c’est un montant quatre fois inférieur à celui qui était attendu », lâche Antony Tahar, qui compare ces sommes avec ce qui fait ailleurs : « En comptant tout notre partenariat public, nous touchons 350 000 € par an. En moyenne, nos concurrents reçoivent 731 000 € ». Pour le Fleury Loiret Handball, la relégation de cette année ne serait donc que la conséquence logique d’un manque de soutien que le club a certes toujours pointé, mais qu’il expose aujourd’hui au grand jour. « Cette saison révèle nos fragilités, que l’on a d’ailleurs réussies à masquer depuis 4-5 ans, continue Antony Tahar. Alors oui, nous ne sommes pas à notre place aujourd’hui, mais nous ne l’étions déjà pas les années précédentes, quand nous avions pu nous qualifier pour une coupe d’Europe ». 11e budget de D1 (1,7 M€ environ), le Fleury Loiret Handball dit avoir pourtant beaucoup travaillé pour accroître ses revenus. « Hors Leclerc, nous avons augmenté depuis 2019 notre partenariat privé de 38 %, précise Antony Tahar. Nous, le boulot, nous l’avons fait. Les responsabilités de la situation que nous vivons actuellement, tout le monde doit les assumer, y compris ceux qui, depuis plusieurs années, nous ont placés dans une situation intenable ». 

Qui es-tu, Fleury Loiret Handball ?

Plus que de l’argent, c’est l’absence de projet métropolitain que le Fleury Loiret Handball interroge également aujourd’hui. Un constat que pourraient aussi faire, à des échelles différentes, les quatre clubs professionnels de la métropole d’Orléans, dont le hasard fait qu’ils ont tous été, cette année, confronté à des situations complexes sur le terrain. Pour en revenir au Fleury Loiret Handball, celui-ci a d’ailleurs été très surpris de découvrir la semaine dernière, dans les colonnes de La République du Centre, que la Ville d’Orléans réfléchissait à « déménager » les Panthères du Palais des Sports à La Source pour y jouer leurs matchs à domicile. « On était en train de travailler sur un projet à 3 ans, avec une résidence dans une salle qui se rapprochait du Palais. Il y a un décalage entre nos réunions de travail et ce qui sort dans la presse », observe Antony Tahar, qui pose une question : « est-ce qu’on veut enterrer les Panthères de Fleury, est-ce qu’on veut qu’elles fassent toujours partie du paysage ? Si ce n’est pas la volonté, ce n’est pas grave, mais qu’on nous le dise ». Car aujourd’hui, le club navigue dans une sorte d’entre-deux, ne sachant pas vraiment de qui il dépend ni pour qui il joue : Fleury-les-Aubrais, Orléans ou la Métropole ? Un problème de « lien avec le territoire » qui « même en haut de l’affiche, n’a finalement jamais été abordé ». Et qui ne pourra pas être éternellement repoussé aux calendes grecques : « s’il n’y a pas de rééquilibrage dans les soutiens, le club ne disposera plus des moyens suffisants pour équilibrer son budget tous les ans », prévient Antony Tahar. Si ce n’est pas un ultimatum, cela y ressemble.

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