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Hautes tensions sur le haut niveau

Hautes tensions sur le haut niveau

Une subvention exceptionnelle initialement octroyée à l’OLB par la Métropole va être redistribuée à deux autres clubs du territoire. Elle provoque quelques remous parmi les premiers concernés et auprès des élus métropolitains.
Benjamin Vasset
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Crise sanitaire oblige, entre interruption momentanée des compétitions et reports de matchs, les clubs professionnels de la métropole sont soumis à un calendrier aléatoire en cette fin d’automne. En coulisses, pourtant, l’effort ne faiblit pas. Il y a quelques jours de cela, un événement a d’ailleurs défrayé la chronique : la renégociation d’une subvention métropolitaine exceptionnelle de 300 000 € destinée à l’OLB, et que les maires de l’agglomération ont décidé de répartir différemment entre les autres clubs professionnels du territoire. La République du Centre révélait ainsi, jeudi dernier, le nouveau fléchage de cette somme : 100 000 € pour l’OLB, 110 000 € pour le Fleury Loiret Handball et 90 000 € pour le Saran Loiret Handball. L’USO, elle, ne touchera pas un seul euro. Actée mercredi dernier en conférence des maires, cette répartition sera votée le 17 décembre prochain en conseil métropolitain et, d’ici à cette date, ne devrait pas bouger, comme nous l’a confirmé le président de la Métropole, Christophe Chaillou.

Des questions en suspens

Pour autant, des questions se posent sur cette renégociation. Chez le grand « perdant » de cette redistribution, à savoir l’USO, les dirigeants se refusent à tout commentaire. « On n’avait rien demandé », concédait la semaine dernière Philippe Boutron, le président de l’US Orléans. Il n’empêche : nombre d’observateurs du tissu sportif local s’interrogent quant au fait que l’USO, reléguée en Nationale 1 en juin, et qui pourrait être l’une des victimes collatérales de la crise des droits télé (le club pourrait perdre 500 000 €) ne reçoive pas un centime de cette subvention métropolitaine exceptionnelle*. Depuis le mois de septembre, deux personnes ont, pourtant, déjà quitté le staff administratif de l’USO : l’ancien milieu de terrain Pierre Bouby, qui s’occupait de la communication et des réseaux sociaux, et Hassan Belomaria, le « stadium manager » du club. Interrogé sur le sujet, Christophe Chaillou confirme « n’avoir eu aucune demande de l’USO ». Le président de la Métropole nie également qu’il s’agisse d’une sorte de « mesure de rétorsion » vis-à-vis de l’US Orléans : chacun sait en effet que les relations sont si tendues entre l’USO et Thomas Renault, l’élu métropolitain en charge du sport de haut niveau et ancien gardien du club, que les deux parties ont un sérieux différend qui doit se régler aux prud’hommes. D’après nos informations, Thomas Renault demanderait ainsi aux alentours de 500 000 € à son ancien employeur. Contacté pour s’exprimer sur la répartition de cette subvention exceptionnelle, Thomas Renault fait savoir qu’il ne veut pas répondre aux questions des médias tant que le vote de cette subvention n’est pas effectif, nous a fait savoir le service de presse de la Métropole.

Chacun pour sa pomme ?

Du côté de l’OLB, qui va perdre près de 200 000 € de subventions exceptionnelles, le président du directoire, Didier Nourault, ne souhaite, lui non plus, pas (encore) s’exprimer. Il avait pourtant inscrit la somme de 300 000 €, décidée sous la présidence d’Olivier Carré, dans son budget prévisionnel. Dorénavant, il devra vraisemblablement être inventif pour compenser ce manque, que Christophe Chaillou justifie en ces termes : « l’OLB est moins en difficulté que d’autres ». En disant cela, le président de la Métropole pense notamment au Fleury Loiret Handball. « La situation des Panthères est compliquée, avec un déficit de l’ordre de 500 000 €, indique le chef de l’exécutif métropolitain. Son ancien président et partenaire principal, Jean-Pierre Gontier, lui doit de l’argent. Il y a clairement un problème de financement de la structure ». Les Panthères, qui vont en outre recevoir une autre subvention de 90 000 € au titre de l’aide olympique, bénéficient également du fait que Thomas Renault et Romain Lonlas, les deux élus métropolitains en charge du sport de haut niveau, veulent pousser le sport féminin dans l’agglomération durant cette mandature.

Au niveau politique, les négociations autour de la répartition de cette enveloppe exceptionnelle n’ont également pas été de tout repos entre les maires de la métropole. « Il y a eu beaucoup de discussions… », concède Christophe Chaillou. Certains maires restaient en effet dubitatifs quant au maintien de cette subvention dont le montant aurait, selon eux, pu abonder d’autres politiques communautaires en cette période de crise. Matthieu Schlesinger, le maire d’Olivet, explique : « lorsque le sport de haut niveau est passé à la Métropole, Olivier Carré s’était engagé à ce que ce transfert ne s’accompagne pas d’une hausse globale des subventions. De mon côté, je considère en effet que la collectivité publique ne doit pas remplacer des sponsors. Or, en 2019, une subvention exceptionnelle de 300 000 € a été attribuée à l’OLB, qui remontait en Jeep Elite. Je m’y étais opposé mais, en bon camarade, je m’étais abstenu. Et il y a une semaine, j’apprends qu’on doit réattribuer pour 2021 une autre subvention exceptionnelle de 300 000 € au sport de haut niveau. Et je n’avais aucun souvenir que cette somme avait été acté sur deux années consécutives… »

Lors du débat qui a eu lieu, ensuite, entre les maires de la Métropole, le consensus fut semble-t-il long à aboutir, le maire d’Orléans défendant les intérêts de l’OLB, la maire de Fleury celle des Panthères et celle de Saran celle des Septors. Suite à ces turpitudes, un observateur pose la question : « quelle est la politique métropolitaine en termes de sport de haut niveau ? » L’idée que ce dernier subit peut-être les conséquences d’une métropolisation (trop ?) rapide, sur laquelle les élus n’avaient pas tous la même vision, fait son chemin. Et le contexte pour le moins compliqué dans lequel l’exécutif métropolitain a été mis en place n’apporte visiblement pas non plus beaucoup de sérénité…

*L’USO touchera cependant une subvention de 420 000 € de la Ville d’Orléans, équivalente à celle des années précédentes. 

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