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« Il y a deux-trois has been… »

« Il y a deux-trois has been… »

Agacé par les affres de la campagne électorale à Orléans, exaspéré, dit-il, par les propos tenus dernièrement dans nos colonnes par Thomas Renault, Soufiane Sankhon réplique vertement. Égratignant à son tour le gardien de l’USO, il n’épargne pas non plus Serge Grouard, avec qui il fut élu en 2008. Attention, ça pique.
Propos recueillis par Benjamin Vasset
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L’article que La Tribune HebdO a consacré à l’opération « Un cœur, un maillot », menée par Thomas Renault, vous a fait réagir. Pourquoi ?

Parce que j’ai trouvé les propos de Thomas Renault et de Marcel (sic) Desbordes, que je ne connais pas, totalement déplacés. Quand Thomas Renault dit qu’il a cherché à me joindre par l’intermédiaire de Philippe Pezet pour me faire connaître cette opération (il soupire)… Lorsqu’il avait besoin d’avoir des places pour un match ou qu’il voulait un rendez-vous pour passer une IRM, je remarque que mon numéro, il l’avait.

Mais sur le fond de l’opération…

(Il coupe). Sur le fond, cette opération est un super truc. Mais pendant ses six ans au conseil municipal, Thomas Renault a été absent et totalement inopérant. Je ne suis même pas sûr qu’il ait participé à six commissions des Sports. Je sais qu’il était très pris par ses entraînements, mais lors des deux dernières années, quand il a été blessé, je n’ai pas davantage pu compter sur lui. Par rapport à sa démarche… S’il avait reversé, pendant cette période, l’intégralité de ses indemnités d’élu, là, il m’aurait épaté. Thomas Renault est un gentil garçon et je ne peux donc pas imaginer qu’il est l’homme de paille de qui que ce soit… (ironique)

Je préfère garder l’image, qu’il incarne parfaitement, du champion de football sympa du village, qui s’est toujours battu pour garder sa place.

Vous sous-entendez que cette opération « Un cœur, un maillot » était un coup politique ?

Je ne sais pas. J’ai entendu des choses qui allaient dans ce sens-là. Cela dit, l’intention est louable et n’est pas critiquable. Mais je remarque que certains se réveillent pour l’hôpital depuis la semaine dernière, que d’autres s’achètent une vertu, ou que d’autres, encore, se sentent concernés sans avoir besoin d’en faire des caisses. Et je pense enfin que cette opération aurait pu avoir un impact plus puissant si plus de monde avait été associé… 

 « Les slogans de serge grouard sont caricaturaux »

Pourquoi n’avez-vous pas parlé avant, si la situation était telle que vous la décrivez ?

Parce qu’on ne dit pas ces choses-là. Mais à partir du moment où le gars (sic) se permet de faire des sorties de ce type dans la presse, je trouve ça super gonflé, et pas très correct non plus.

Cette polémique se déroule dans un contexte de campagne électorale tendue*. Vous faites partie de la liste d’Olivier Carré, et non de Serge Grouard, alors qu’en 2008, vous avez été élu avec lui. Pourquoi, d’ailleurs, vous être détourné de lui en 2020 ?

En 2008, j’avais répondu à l’invitation de l’homme. En 2020, je m’en suis éloigné pour les mêmes raisons, les idées en plus. Je ne me retrouve pas dans le fonctionnement d’une cour, d’un système pyramidal et d’un discours très à droite, qui joue sur l’exaspération des peurs, du racisme, de l’homophobie et des discriminations, qui sont en toile de fond de son entourage. Sa Lettre aux Musulmans était abjecte. Et puis, humainement, Serge Grouard a changé. Ses slogans sont caricaturaux ; il les assène avec un aplomb sans équivalent, dans un langage basique et efficace. J’ajoute que dans cette liste, il y a deux-trois has been autoproclamés génies, qui ont fini de me convaincre que je n’avais pas ma place dans cette équipe…

La critique est très dure… 

Les Orléanais choisiront, même si j’estime que la campagne a été le théâtre d’attaques violentes. Je pense aussi que le passé ne peut pas incarner l’avenir. OK, Mike Tyson espère revenir, mais c’est juste pour un match de gala contre Holyfield, n’est-ce pas ? À un moment, il faut savoir s’arrêter, surtout quand on a démissionné quelques années plus tôt. Personne n’est indispensable, moi le premier. Serge Grouard a été la victime de ses propres choix électoraux (sic). Ensuite, d’autres personnes que lui ont été malades et ont fait preuve d’une démonstration de courage et d’élégance. Je pense par exemple à Michel Ricoud, qui n’a jamais brandi publiquement sa maladie. La ville d’Orléans mérite mieux que d’être un plan B ou un plan C. Après, on a les élus qu’on mérite…

La suite du match électoral, comment le voyez-vous ?

Ça ne va pas être simple, mais dans ma vie, je n’ai jamais rien connu de simple. Mais j’y reviens : il y a eu des attaques publiques, méthodiques, sans limites, qui relèvent d’une stratégie machiavélique. 

« L’image du gourou insaisissable ne m’a jamais envoûté »

Avez-vous des preuves de ce que vous avancez ?

Les preuves, on les a tous eues au quotidien. Dans les journaux, dans les conseils municipaux et métropolitains, avec toujours le même objectif : dénigrer. Tout le monde a assisté à ces choses-là. 

Avez-vous conscience que les propos que vous tenez ici peuvent être contre-productifs dans l’optique de la campagne ?

Je ne suis ni aux ordres, ni un larbin. Je suis fidèle et loyal à Olivier Carré, qui est mon maire. Je précise qu’il n’est pas au courant de cette interview. Malheureusement, et de façon générale, il y a une omerta dans la politique. Mais tout ce que je dis ici, ce sont des vérités. À aucun moment, je n’ai la volonté de diffamer. Tout ce que j’évoque est vérifiable. Moi, je n’ai aucune fascination éclatante (sic) envers qui que ce soit. L’image du gourou insaisissable ne m’a jamais envoûté. Cette image de personnage iconique, dont le procédé est bien maîtrisé par Serge Grouard, a ses limites. 

Vous êtes une personnalité controversée, vous avez des amis mais aussi pas mal d’ennemis. Comment l’expliquez-vous ? 

Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis. Je n’ai jamais mangé dans la main de qui que ce soit et n’ai pas envie de représenter la hiérarchie et l’ordre établi. Sans être Robin des Bois, je n’aime pas l’injustice. Personne ne m’a jamais fait de cadeaux, rien n’a été facile. Quand on m’a donné des responsabilités, j’ai fait le boulot. Ma légitimité, c’est de parler pour moi-même. Il y a des gens à qui ça ne plaît pas et que ça emmerde. Tant pis.

*Cet entretien a été réalisé le jeudi 21 mai, soit avant l’annonce de la tenue du second tour des municipales au 28 juin.

8 réponses

  1. Bravo à vous tout ce que vous dites je suis en accord avec
    Même si je n’ai pas les infos que vous avez
    Mais il y a longtemps que j’ai dit que l’ancien voulait revenir et donc qui veut se débarrasser de son chien l’accuse de la peste
    Oh le beau tartuffe !vous voyez de qui je parles!

  2. Bravo Soufiane. Je retrouve mon président avec un langage clair, direct. Tu as fait du bon boulot. Chez nous, on appelle ça « un gars bien ».

  3. oui effectivement c’est un homme intègre qui dit ce qu’il pense Soufiane. Un vrai sportif, un maître avec un esprit sportif et non de « politique de bas étage » .
    En qualité de président de ligue, je salue son travail

  4. Identique et fidèle à tes valeurs tu es clair sur la situation et ose dire les choses. Bravo à toi et très bonne continuation . Claire T

  5. Bravo Souf! Tous ces types qui se croient supérieurs et oublient l’intérêt collectif pour leur gueule…..
    Quand à T.RENAULT il récolte de la part du Club ce qu’il a semé dans le vestiaire!

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