Les Panthères persévèrent

Les Panthères renouent avec le championnat de France dès ce jeudi, en ouverture de la saison de Ligue Butagaz Énergie. Au cours de cette saison, qui acte le retrait de Jean-Pierre Gontier comme partenaire principal, le club devra se montrer astucieux sur le plan financier pour terminer dans le haut du tableau, objectif que se sont fixés staff et dirigeants.
Benjamin Vasset
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C’est un peu une nouvelle ère qui s’ouvre au Fleury Loiret Handball. Sur le plan sportif, d’abord : grâce à leur excellente saison dernière, les Panthères vont redécouvrir l’Europe en novembre, voire plus si affinités. Sur le plan structurel, également : comme le souligne Anthony Tahar, manager général du club, cette saison sera « la première sans notre partenaire principal. C’est l’année zéro post-Leclerc, et c’est un challenge incroyable ». 

Au printemps, le club a pourtant présenté un budget prévisionnel de 1,8 M€ (pour sa partie SA) qui s’explique par sa présence sur la scène européenne. Afin de compenser le départ de Jean-Pierre Gontier, le Fleury Loiret Handball dit avoir mis sur pied une nouvelle stratégie commerciale, qu’il doit officiellement présenter le 15 septembre prochain.

« Nous devons franchir un palier sur le plan du sponsoring », reconnaît Anthony Tahar, qui a bien compris qu’en ce temps de reprise économique, les « annonceurs potentiels allaient être plus regardants » sur leurs investissements, et que l’image de convivialité que renvoie le club ne serait peut-être plus suffisante pour convaincre, attirer ou pérenniser le partenariat privé. En interne, le club s’est ainsi renforcé avec l’arrivée d’un responsable commercial qui va accompagner Laura Kamdop, laquelle s’occupait déjà de ce volet à mi-temps l’an dernier. Une assistante commerciale a également débarqué. « Nous avons fait l’effort, et il était nécessaire », reconnaît Anthony Tahar. « Nous devons montrer que nous sommes un vrai acteur économique du territoire », ajoute Sabine Guillien-Heinrich, la présidente du club. 

Des incertitudes sur le terrain politico-économique

Si le départ de Jean-Pierre Gontier oblige le club à se réinventer, cette évolution était prévue de longue date. Ce qui l’est moins, c’est le niveau de subventions publiques dont va bénéficier le FLH durant cette saison. « Nous n’avons, à ce jour, aucun engagement écrit, aucune lettre d’intention, ni de la part de la Région (pour la partie SA), ni du Département, ni de la Ville, ni de la Métropole », affirme Anthony Tahar. Difficile d’imaginer un club de ce niveau partir ainsi dans le brouillard, mais c’est pourtant bien le cas : ces incertitudes sont autant dues au contexte sanitaire et économique général qu’à la proximité des élections départementales et régionales. Sans parler du fait que la Métropole ne s’est toujours pas dotée d’une vice-présidence au sport de haut niveau, ce qui pose aujourd’hui la question de savoir quel est l’élu-référent des clubs professionnels de l’agglo au niveau de l’intercommunalité, alors même que le sport pro est une compétence métropolitaine. « Cet été, je me suis dit : « ils vont bien nous mettre un vice-président au sport ! » Mais non, on n’est toujours pas considéré… », soupire Sabine Guillien-Heinrich. Le mois de septembre pourrait cependant donner des éléments de réponse aux dirigeants des clubs concernés par ce dossier, comme le Fleury Loiret Handball. 

Le FLH aimerait pourtant mettre toutes les chances de son côté, d’autant qu’il reste sur une année très intéressante. Il va ainsi aborder son championnat avec la volonté de faire « aussi bien » que l’an dernier, où il était 3e avant l’interruption définitive de la saison, en mars. Le groupe, relativement stable, va toujours être tiré par Alexandra Lacrabère, sa joueuse la plus référencée. L’équipe a aussi été élargi eà 20 éléments, dont 11 pros et 9 joueuses issues de la formation. Mais sera-t-ellesuffisante, en quantité, lorsqu’il faudra peut-être mener de front, cet hiver, championnat et Coupe d’Europe ? Conscient de cette problématique, le coach, Christophe Cassan, assure que son groupe est « plein de ressources et riche d’une vraie diversité culturelle. » Sur le terrain, le technicien a l’ambition de faire évoluer le visage de son équipe : elle devra, selon ses mots, être « moins artistique et plus disciplinée » ; elle aura aussi pour objectif de « progresser en défense ». Si ces ingrédients sont mis, il n’est pas interdit de rêver : bien que Brest apparaisse, cette année encore, un ton au-dessus, Metz sera peut-être moins l’épouvantail qu’il a pu être lors des dernières années. Autre nouveauté à prendre en compte : cette année, le championnat – à 14 équipes – ne se terminera pas sur des play-offs, le classement de la saison régulière étant le seul juge de paix. « Chaque match sera une finale, résume Sabine Guillien-Heinrich. Et je signe pour terminer dans les 4-5 premières ». 

Ses Panthères en sont-elles capables ? Le groupe, qui a repris l’entraînement mi-juillet, a dû se coltiner une préparation amputée de plusieurs matchs de préparation, la faute à la découverte de deux cas de Covid au sein de l’effectif. « Je tiens à dire que nous ne sommes pas et n’avons jamais été un cluster, fait remarquer Anthony Tahar. Ces cas n’étaient pas liés entre eux. Il y a, chez nous, zéro écart sur le sujet. » Sabine Guillien-Heinrich explique cependant que la période, particulière, a bien eu – et a toujours – une incidence sur le fonctionnement du club et des joueuses : « pour gérer les plannings d’entraînement à Auger, c’est un vrai casse-tête… », glisse la présidente du FLH. Quand bien même l’énorme majorité des Panthères n’a pas été sur le flanc, les contraintes, pour elles, demeurent nombreuses. Les joueuses ont ainsi dû, au cours de la préparation, se soumettre à une douzaine de tests chacune. En prévention, elles se sont aussi adaptées, par séquences, à des entraînements individualisés. « Mais ces filles ont des ressources mentales incroyables, salue Christophe Cassan. Je suis surpris par leur force et l’engagement dont elles font preuve par rapport au contexte, qui n’est pas évident. » Cependant, le coach fleuryssois explique que les nouvelles routines de préparation sont maintenant mieux intégrées. Et que, même si l’équipe n’est, selon lui, « pas encore prête », les joueuses ont une vraie faim de hand et de compétitions après plus de cinq mois d’arrêt. 

L’optimisme est de mise

Alors, quel sentiment faut-il fourbir pour cette saison ? Christine Cassan, qui déclare « ne jamais avoir peur », se dit « optimiste » sur la dynamique sportive. De manière plus générale, on affirme dans les bureaux qu’il n’y a « ni plus, ni moins d’inquiétudes » que les saisons dernières à la même époque. Bien sûr, il y a un nouveau challenge commercial et financier à relever mais, comme le reconnaît Anthony Tahar, « la saison passée a débouché sur un atterrissage comptable pas si dramatique que cela ». Elle fut en tout cas relativement éloignée des bruits qui, autour du club, évoquaient un possible débours de 100 000 € à la fin de la saison 2019-2020. Et si la Covid-19 n’avait pas interrompu le championnat en mars, deux « gros partenaires » auraient signé avec le Fleury Loiret Handball en vue des play-offs. Preuve que, finalement, le club reste attractif et que, surtout, lorsqu’il y a des Panthères, il y a de l’espoir…  

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