|
|
|
« On doit raconter une histoire »
|
|
|
« On doit raconter une histoire »

« On doit raconter une histoire »

L’OLB débute sa saison de Betclic Elite (Pro A) ce vendredi avec un déplacement au Portel. L’entraîneur orléanais, Germain Castano, revient sur une intersaison animée pour lui-même et son équipe, tout en évoquant les ambitions du club à court et moyen termes. propos recueillis par benjamin vasset
Benjamin Vasset
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on email
Share on whatsapp

Est-ce que, dans votre carrière, vous avez déjà connu des intersaisons aussi mouvementées ?

Honnêtement, non. Au départ, on voulait garder 4-5 joueurs, et un seul est resté au départ : Malela Mutuale. Après, on n’a pas pu retenir nos JFL* et on est allé en chercher d’autres en Pro B. Derrière, la pièce du meneur de jeu nous a fait perdre beaucoup de temps. Notre budget en baisse nous a incités à adopter une stratégie d’attente dans notre recrutement. Il y aussi eu les Summer League qui ont été décalées aux États-Unis à cause du Covid. Du coup, on a eu une quinzaine de refus sur les
postes 1, 2 et 5. 

Avez-vous été agacé par cette situation ?

Forcément un peu, parce que je n’arrivais pas à donner à l’équipe le visage que je souhaitais. Mon staff a pu penser que je n’étais jamais content, mais moi, je sais qui sont les mecs que j’arrive à faire jouer, et ceux que que je ne sais pas faire jouer. Par contre, ce qui me rassure, c’est que les gars qui sont arrivés récemment ne vont pas mettre beaucoup de temps à comprendre comment on joue : ils ont, vraiment, de gros QI basket. 

À partir de quand votre équipe sera-t-elle prête ?

Très honnêtement, il faudra me donner un mois de compétition, c’est-à-dire 4-5 matchs, pour juger vraiment mon équipe.

Dans ce championnat de France, l’ASVEL a beaucoup recruté, Monaco aussi…

(Il coupe)… Et il y a aussi Boulogne, Bourg-en-Bresse, Dijon… Toutes les années, on dit les mêmes choses, mais c’est vrai que là, on a l’impression que le niveau s’est élevé de trois crans d’un coup, même s’il y aura probablement plusieurs vitesses à ce championnat. Je suis curieux de voir comment nous, nous allons nous positionner. D’autant que dès le début, on joue trois concurrents directs, ce qui n’est pas tellement un avantage… 

Comment jugez-vous justement ce championnat par rapport à ses concurrents européens ?

En termes de densité et d’homogénéité, il est dans le Top 3-4 européen. Dans d’autres championnats, il y a de très grosses équipes, mais elles ne sont souvent que deux. En France, ça s’est densifié un peu partout. Les joueurs qui arrivent – mais leurs agents aussi – savent que c’est un championnat qui a de plus en plus de gueule. Ils voient aussi que pas mal de mecs sont venus jouer en France, qu’ils ont fait une bonne saison et qu’ils se sont retrouvés derrière avec de magnifiques contrats. 

La saison dernière, l’OLB est allée en play-offs. Mais vous répétez que ce ne sera pas forcément la même histoire cette année…

La saison dernière était magnifique mais, quelque part, on s’est tiré une balle dans le pied en terminant 8e. Parce que ce n’est pas tous les ans qu’on fait des pioches comme on a fait l’an dernier, avec des gars comme Paris Lee, Chima Moneke ou Darius Odom. Cette année, je rappelle quand même qu’au départ de la compétition, on a le 14e budget du championnat. Ça n’explique certes pas tout, mais attention à ne pas mettre trop haut les ambitions, parce qu’après, on pourrait
être déçus… 

Les incertitudes sur la présidence (voir encadré) vous pèsent-elles et peuvent-elles avoir des répercussions sur le terrain ?

Dans l’immédiat, pour les joueurs, non. Nous, dans le staff, ça fait quatre ans qu’on travaille avec Didier Nourault. Moi, je ne suis pas inquiet, mais je suis curieux. J’ai entendu le nom du président qui viendrait (Olivier Rouet, ndlr), je ne sais pas si c’est officiel, je pense que oui ? (voir encadré) Mais je ne le connais pas, je n’ai pas échangé avec lui, je ne sais pas quand ça va se faire. Ce que je peux dire sur cette question, c’est que, s’il y a changement, il ne faudra pas opérer un virage à 180°C en plein milieu de saison. 

L’entrée dans CO’Met, en janvier 2023, vous donne-t-elle envie de vous inscrire à long terme dans ce club ?

Ça me donne plus qu’envie : j’ai envie de travailler dans cette salle, j’ai envie de ramener la coupe d’Europe à Orléans. Je sens qu’il y a un truc à faire ici ; j’ai d’ailleurs resigné deux ans + 1. J’aime la ville d’Orléans, j’aime passionnément ce club. Quand je suis arrivé, il était traumatisé et venait de redescendre en Pro B. Et on a réussi, tous ensemble, à redonner une impulsion, un sourire. C’est ça qui me donne de l’affection : en quatre ans, on a redoré ce club. 

Qu’est-ce qu’il manque, encore, selon vous, pour installer régulièrement l’OLB dans le premier tiers des équipes françaises ?

La seule interrogation que j’ai, c’est qu’après ta deuxième année de retour dans l’élite, tu atteins les play-offs, et l’année suivante – c’est-à-dire celle qui vient –, tu as un budget en baisse. Je ne suis pas un politicien, mais je me dis : c’est dommage. Parce qu’au moment où tu vas entrer dans CO’Met, c’est justement là où il faut être tranchant (sic) et qu’il faut montrer que ce n’est plus
l’Orléans d’avant. 

Si le budget n’avait pas baissé, qu’est-ce que vous auriez pu, vous, staff, apporter comme valeur ajoutée ? 

Sur le terrain, j’aime les guerriers, mais le talent, ça a un prix… Et cette année, on aurait pu être plus talentueux. Dans la structure, le club pourrait aussi faire un peu mieux sur sa cellule de scouting, par exemple. Ce travail, c’est Thomas (Drouot, entraîneur adjoint), Vincent (Fontaine, responsable des opérations sportives) parfois et moi qui le faisons. On ne bosse avec personne d’autre. Or, coach et scout, ce sont deux métiers différents… 

Vous avez donc l’impression de vous occuper de trop de choses dans le club ?

Non, parce que j’aime ce que je fais, mais en mettant plus de compétences, tu affines ton travail, tes cibles, tes choix. À l’intersaison, on a quand même regardé plus de 200 joueurs ! Si un mec était là pour faire un peu de tri au départ, on ferait un boulot plus approfondi.

Quelles sont vos ambitions personnelles en tant qu’entraîneur ?

J’ai eu un gros questionnement il y a deux mois. Dijon, qui a terminé premier de la saison régulière, m’a rencontré. J’ai pensé que ça pouvait être une très belle opportunité. J’ai ouvert la porte et j’en ai parlé à mes dirigeants, mais je n’ai pas eu l’accord du conseil de surveillance. Je n’ai pas voulu aller au conflit, parce que j’aime ce club et que j’ai envie de le faire avancer : je pense qu’il en a sous la semelle. Par contre, je vais être honnête : si on n’a pas une histoire à raconter, je vais vite m’ennuyer. Il faut qu’on arrive à raconter quelque chose.

*Joueur formé localement  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres ARTICLES a lire
Michaël Gonçalves danse avec les stars
Figure locale du monde de la nuit et de la...
Salti, danse épidémique !
La Scène Nationale d’Orléans invite la Compagnie Toujours Après Minuit...
En août, O’Tempo remontera le son
Après avoir accueilli 5 000 personnes lors de sa première édition en...
Événements de la semaine
13
Mar
11
Mar
Saint-Jean-de-la-Ruelle Médiathèque Anna-Marly puis dans tous les quartiers de la ville
#
11
Mar
Orléans – Palais de Justice – 44, rue de la Bretonnerie
#
14
Oct
Orléans – Théâtre Gérard Philipe
à 15 h
11
Oct
Orléans – Salle de l’institut
à 10 h 45
ARTICLES RÉCENTS