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Un « village » adapté aux différences
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Un « village » adapté aux différences

Un « village » adapté aux différences

À Saint-Jean-de-Braye, sur le site du Petit Cormier, un « village » inclusif, géré par l'AEFH (Association d'Entraide des Familles de Handicapés), propose 24 logements indépendants mixant personnes handicapées ou âgées, et d'autres non handicapées
Gaëla messerli
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Ceux qui vivent dans l’Orléanais depuis longtemps se souviennent que le Petit Cormier fut longtemps un monastère bénédictin. Désormais, le parc de sept hectares abrite deux établissements pour l’accueil de personnes en situation de handicap, ainsi qu’un « village », composé de 24 logements adaptés et accessibles. « Il avait été créé en 2012 pour accueillir les familles d’enfants handicapés devenus grands souhaitant vivre près de leur enfant, résume Céline Banège, la directrice de l’Association d’Entraide des Familles de Handicapés (AEFH). Malheureusement, cela n’a pas fonctionné, car il n’y avait pas assez de familles intéressées. Les logements ont ensuite été mis en location avec un tarif de bailleur social. L’idée était d’avoir plus de 70 % de locataires relevant du champ du handicap. Mais il s’y trouve également, aujourd’hui, des personnes valides, âgées ; des gens qui travaillent ainsi que d’autres en recherche d’emploi, des retraités… Depuis 2020 et l’appel à candidature de l’Agence Régionale de Santé, le « Village » est officiellement un dispositif d’habitat inclusif. Même si chacun a son espace de vie individuel, il existe également des espaces de vie partagés et sur tout  un lien social. »

Plus forts ensemble

En effet, une coordinatrice et une conseillère en économie sociale et familiale régulent le quotidien et proposent aux habitants des activités communes. Celles-ci veillent aussi à l’équilibre au sein du village. « Nous orientons également vers les dispositifs de droits communs, ajoutent Céline Banège et Floriane Brachet, la conseillère en économie sociale et familiale. L’objectif, c’est l’entraide. La philosophie de l’association est que seul(s), on ne peut pas, mais qu’en s’appuyant sur les dispositifs et les uns sur les autres, on crée une entraide et on repère les ressources. » Une recette qui marche, car le « Village », aujourd’hui, est complet. Et il y a même une liste d’attente…

Concrètement, dans la vie quotidienne, chacun tente de mettre un peu de ses capacités au profit des autres. « Certains vont chercher le courrier de ceux qui ont plus de mal à se déplacer ; d’autres vont faire les courses, explique Céline Banège. Nous avons eu le cas de quelqu’un à qui il arrivait de tomber : cela nécessite une  »présence verte ». Quelqu’un s’est porté volontaire. De même, on sensibilise les locataires à faire attention les uns aux autres, sans être intrusif. Le but, au-delà de l’entraide, est de leur donner les ressources, de les amener vers l’extérieur. Nous avons eu des personnes qui voulaient aller à la piscine : la coordinatrice leur a montré le chemin et comment acheter le ticket. Maintenant, elles y retournent seules. »

Tous les âges, toutes les situations

Au « Village », la moyenne d’âge tourne autour de 53 ans. « Il y a des trentenaires comme des septuagénaires, des personnes célibataires, des divorcés, un couple marié », complète Céline Banège. Au total, quatre femmes et quatorze hommes adhèrent à ce projet. Le lieu permet ainsi l’accueil de différents handicaps, avec « des personnes en fauteuil roulant, certaines avec un handicap psychique ou mental, d’autres ayant un trouble du spectre autistique… » Seule condition pour entrer au « Village » : « signer la charte d’adhésion au projet et avoir la possibilité de vivre en autonomie. Nous avons ainsi eu un monsieur que nous avons accompagné jusqu’à la maison
de retraite. »

Apprendre des autres

Dans les allées, on croise ainsi Michel, heureux d’être au « Village » ou encore Laurent, qui aime aller ranger les cartons du service restauration du Petit Cormier et vous salue quand vous arrivez. Des activités manuelles, de la marche, la création d’un potager ou encore un atelier autour du numérique et des jeux vidéo baptisé Silver Geek, monté par l’association Unis-cité (« on a même battu l’EHPAD de la Cigogne au bowling interactif ! », sourit la directrice) égrènent le quotidien des habitants. Les résidents participent aussi à un projet financé par l’ARS Centre-Val de Loire autour de la « pair-aidance ». « Il s’agit d’apprendre grâce à l’expérience d’autres personnes vivant en autonomie. Un groupe vient à la rencontre de nos villageois et nos locataires sont allés aussi à Châteauroux », explicite Céline Banège. À tout âge, partout : l’entraide, ça s’apprend.

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