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Une église ressuscitée
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Une église ressuscitée

Une église ressuscitée

Depuis la rentrée, une équipe de bénévoles du diocèse d’Orléans se mobilise pour réanimer la collégiale Saint-Aignan en l’ouvrant chaque semaine et en y organisant des expositions. 
Gaëla Messerli
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Lorsque l’on évoque Orléans, c’est Jeanne d’Arc qui est d’abord associée. Pourtant, le premier patron de la ville d’Orléans et du diocèse n’est autre que saint Aignan. En 451, c’est lui, alors évêque d’Orléans, qui organise la défense de la cité contre les Huns : il invite les habitants à prier pendant son siège et sauve la ville en appelant au secours le général romain Aetius. Une légende populaire raconte même que, face à l’avancée des barbares, Aignan aurait projeté du haut des remparts une poignée de sable, lequel se serait transformé en une nuée d’abeilles qui auraient fait fuir les envahisseurs…

Le souvenir du saint évêque est aujourd’hui encore présent à travers une collégiale qui porte son nom, dans le quartier Bourgogne. Seul bémol : « Depuis le Covid-19, les offices n’ont pas repris », déplore Pascale de Barochez, déléguée diocésaine de la Pastorale des réalités du tourisme et des loisirs qui, à la demande de l’évêque Jacques Blaquart, s’attèle à réanimer l’édifice avec des bénévoles, car « une église fermée ne dit rien de Dieu », soutient Pascale de Barochez. Désormais, chaque vendredi depuis la rentrée, des bénévoles accueillent ainsi les visiteurs de 14 h à 16 h (et jusqu’à 18 h pendant les beaux jours). « Nous rencontrons, chaque vendredi, environ 25 personnes. Et pour les Journées du Patrimoine, près de 400 visiteurs sont venus », indique la déléguée diocésaine. L’occasion de découvrir l’histoire de cette collégiale dont l’origine remonte au début du VIe siècle. Au départ, il s’agissait d’une basilique construite pour accueillir les reliques de l’évêque Aignan. Puis l’église a été détruite à plusieurs reprises, notamment pendant la guerre de Cent Ans. L’édifice actuel a été commencé par Charles VII en 1439 et achevé avec Louis XII en 1509. Aujourd’hui, il ne reste de la collégiale que le chœur de quatre travées, le pan coupé de l’abside (avec son déambulatoire desservant cinq chapelles absidiales) et les transepts. À l’extérieur, la façade nord, bel exemple de gothique flamboyant, est très mutilée. De belles dentelles de pierre, gargouilles souriantes et petits personnages sont néanmoins encore observables.

Péguy y a été baptisé

À l’intérieur de l’église, on remarque plusieurs reliquaires, notamment ceux destinés à accueillir les reliques de saint Aignan. Celles-ci furent honorées par tous les rois de France jusqu’à Louis XIII. On ne manquera d’ailleurs pas de lire l’épitaphe, en latin, sur celui abritant son cœur : « Hic est fratrum amator et populi. Hic est qui multum orat pro populo et universa civitate » (« Celui-ci est aimé par ses frères et par le peuple. Celui-ci prie beaucoup pour le peuple et la ville tout entière »). Outre des fresques dont on devine encore la beauté, le visiteur trouvera facilement les fonts baptismaux qui ont servi à un paroissien orléanais célèbre : l’écrivain Charles Péguy. Ensuite, la déambulation mène jusqu’à la statue du bienheureux Réginald, doyen de la collégiale Saint-Aignan qui fut l’un des proches de saint Dominique, puis vers une chapelle consacrée à saint Joseph, avant de rejoindre celle dédiée à la Vierge. Non loin de la chapelle du Sacré-Cœur se trouve une intéressante maquette du XIXe siècle réalisée par un paroissien à partir d’un livre ancien. Celle-ci permet de se rendre compte des proportions de la collégiale lorsqu’elle était entière. L’édifice abrite également une salle capitulaire, restaurée pour accueillir les séminaristes, dont le séminaire est d’ailleurs voisin. Jusqu’à la Révolution, le chapitre collégial entretint ici un chœur professionnel permanent. « Les chanoines vivaient autour de ce qui est aujourd’hui la place du cloître Saint-Aignan, précise Pascale de Barochez. C’était une école de musique. Les musiciens formés étaient envoyés à la cour du roi. » Les bénévoles qui s’occupent désormais de la collégiale espèrent désormais retrouver un double des clés de la crypte afin de pouvoir poursuivre la visite…

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