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Une psychiatrie plus proche
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Une psychiatrie plus proche

Une psychiatrie plus proche

Afin d'aller à la rencontre de certains patients dans le département, l'Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) Georges Daumézon a mis en place des équipes mobiles dédiées à la psychiatrie et précarité, à la géronto-psychiatrie mais aussi à destination des adolescents et des enfants. Le centre s'apprête également à lancer en septembre une nouvelle équipe mobile consacrée à l'addictologie
Gaëla messerli
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Une psychiatrie plus proche

Pascal Gaillard, le directeur des soins de l’EPSM Georges-Daumézon, à Fleury-les-Aubrais, veut rapprocher la psychiatrie du grand public. « Nous cherchons à développer le  »aller vers » en direction de populations qui ne vont pas vers les CMP (centres médico-psychologiques), dit-il. Il s’agit tout à la fois de faire de la prévention et du suivi. » Des équipes dites « mobiles » ont ainsi été mises en place, qui doivent améliorer « l’accès aux soins à des personnes, notamment celles qui vivent dans la rue, qui ne sont pas en situation de venir à l’EPSM ». Parmi ces équipes, l’unité consacrée à la géronto-psychiatrie réalise ainsi « des évaluations au domicile ou en institution (EHPAD) », précise Pascal Gaillard. 

« Nous travaillons en réseau avec différents partenaires, aussi bien en matière de prise en charge que de prévention des crises. L’objectif est d’orienter vers le dispositif le plus adapté dans les meilleurs délais. L’unité de géronto-psychiatrie réalise également ce suivi en coordination avec les autres professionnels et les aidants », poursuit le directeur des soins de Daumézon, dont l’objectif est de réduire le nombre d’hospitalisations non-adéquates. Pour couvrir ainsi les besoins en matière de géronto-psychiatrie, une équipe couvre le secteur de Meung-sur-Loire, une autre celui de Gien et une dernière celui de Pithiviers. Six infirmiers assurent cette mission.

Mieux cibler les jeunes

Le principe est le même pour l’EMICEA, une équipe d’intervention de crise en faveur des enfants et adolescents du Loiret. « L’équipe mobile est basée à Fleury et est composée d’un binôme infirmier/psychologue, explique Pascal Gaillard. Elle intervient auprès des enfants et adolescents sur les lieux et dans le contexte d’apparition de la crise. Cela peut être dans un établissement scolaire. Le but est d’offrir une réponse thérapeutique rapide, mais aussi d’évaluer les risques encourus par le jeune et de prévenir une aggravation des troubles. » L’unité accompagne l’enfant mais aussi les parents, et elle veille à la continuité du parcours de soins. Elle se déplace ainsi pour des problèmes d’isolement social, de refus scolaire ou de risque suicidaire, à la demande du jeune, de ses parents ou d’un professionnel. « Cette équipe intervient dans tout le département dans les 72 h pour les -16 ans ». Un service qui est loin d’être un luxe dans un contexte post-confinement où le centre Daumézon fait face à une augmentation des demandes pour les enfants et adolescents de plus de 30 %. « Pourtant, elles ne sont pas forcément liées à des problèmes psychiatriques », commente Pascal Gaillard.

Soigner les SDF

Depuis septembre dernier, l’EPSM Daumézon a également mis en place une unité mobile pour la psychiatrie et la précarité (EMPP) en direction des personnes qui vivent dans la rue. Une unité qui était réclamée par les maraudeurs. C’est d’ailleurs avec la maraude sociale de l’AIDAPHI que l’unité se déplace à Orléans, en journée et en soirée. « On s’adresse ici à des personnes en grande précarité sociale et médicale, dont les difficultés empêchent leur accès aux soins, et qui sont dans l’absence ou le refus du soin, détaille Pascal Gaillard. Nous avons le projet d’étendre le dispositif à d’autres secteurs géographiques. » L’objectif est de faciliter le repérage précoce et « d’accompagner les personnes vers des dispositifs de droit commun. Depuis la mise en place de cette unité mobile, cela a déjà été le cas pour plus d’une soixantaine de personnes. » Une insertion globale est visée, au niveau du soin et du logement par exemple. « Lors des maraudes, une assistante sociale, des infirmiers ou une cadre de santé sont également présents. Il faut gagner la confiance des personnes qui vivent dans la rue, et cela prend du temps. Certaines ne savent plus dormir dans un lit… », témoigne Pascal Gaillard.

Focus sur les addictions

Enfin, un dispositif d’intervention mobile en addictologie (DIMA) doit quant à lui être lancé en septembre prochain afin d’effectuer un repérage précoce des personnes souffrant d’addiction et prévenir les comorbidités. Cette unité doit aider à prendre en charge le plus tôt possible les patients ayant déjà des troubles cognitifs. « On sait que pour les patients souffrant de ce type de troubles liés à l’alcool, il y a 4,6 fois plus de risques de développer une démence », éclaire Pascal Gaillard. Le but est ainsi d’orienter les patients de tout âge vers les filières spécialisées. « Cette prise en charge précoce sur le terrain se fera en articulation avec les centres médico-psychologiques, mais aussi avec les maisons de santé éloignées, grâce au concours de la télémédecine. Seront également proposées des actions de psychoéducation. »

Parmi les points de vigilance sur lesquels les professionnels de santé doivent veiller, il y a le maintien du contact entre les patients les plus vulnérables et le dispositif DIMA par le biais d’appels téléphoniques systématisés à tous les patients de la « file active, sans attendre leur sollicitation. Car ce qui compte, c’est d’éviter absolument les interruptions dans le parcours de soins », conclut le docteur Gaillard. 

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