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Zagreb : l’opposition émet des doutes
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Zagreb : l’opposition émet des doutes

Zagreb : l’opposition émet des doutes

Le partenariat entre la Ville d’Orléans et la fac de médecine Zagreb s’est de nouveau invité dans les débats du dernier conseil municipal. L’opposition a fait part de nombreuses « questions » qui restent selon elle sans réponses. En face, la majorité a fait bloc.
Benjamin Vasset
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Confirmé la semaine dernière par Serge Grouard, le partenariat entre la mairie et la faculté de médecine de Zagreb commence à interroger l’opposition de gauche au conseil municipal d’Orléans. « Le cœur de ce projet, il ne nous a jamais été présenté, lance ainsi l’élu socialiste Baptiste Chapuis. Le protocole, on ne l’a jamais eu, les lieux d’étude à Orléans, on ne les connaît pas. Ce projet semble un peu hors-sol. Depuis trois conseils municipaux, nous posons des questions sans réponse ». Emmanuel Duplessy, élu Génération.s et candidat à la députation dans la deuxième circonscription du Loiret, mentionne d’autres zones d’ombres, dont « le périmètre financier » du projet : en somme, combien coûtera-t-il à la Ville, et pour quels résultats ? L’argent, l’un des enjeux de ce débat. Également candidate à la députation (première circonscription), la conseillère municipale socialiste Ghislaine Kounowski tique devant le montant d’une année d’étude à Zagreb : 12 000 € de frais d’inscription, sans compter les dépenses sur place : « Que la Ville aide avec une bourse (voir encadré), pourquoi pas ? Mais cet argent public que nous allons donner va financer une structure privée ! »

Aux aguets, Serge Grouard en profite pour marteler l’un de ses éléments de langage, qu’il répète inlassablement : « arrêtons la désinformation ! La faculté de médecine de Zagreb est publique, pas privée ! » Florent Montillot embraye : « Ce n’est pas parce que quelque chose est payant qu’il est privé. En France, le « coût » d’un étudiant en médecine est de 12 000 à 14 000 € par an. Sauf que c’est la Nation qui paye. Dans le cadre de la coopération Orléans / Zagreb, est-ce que c’est à l’État croate de payer pour des étudiants français ? » Le maire-adjoint à la santé explique, en creux, que la mairie d’Orléans et le Département du Loiret se substitueront (en partie) aux États pour payer les frais des étudiants qui partiront étudier la médecine via cette filière loiréto-croate (voir encadré).

Dans ce débat très politique où s’entrechoquent beaucoup d’arguments et un peu de postures (à moins ce que ne soit l’inverse), d’autres membres de la majorité municipale viennent dire tout le bien qu’ils pensent de cette coopération en entonnant un couplet parallèle. Appelé au feu, Olivier Geffroy, l’ancien banni de la liste Carré revenu dans le giron Grouardien, tente de « corneriser » la gauche : « vous tentez de faire revivre la vieille querelle entre le public et le privé, attaque-t-il. Mais de grâce, réjouissons-nous plutôt ! » Adjoint à la culture, William Chancerelle s’agace qu’une partie de l’opposition « ne propose pas le début d’une solution » pour résorber les problèmes de déserts médicaux à Orléans. Baptiste Chapuis s’énerve que la gauche se fasse reprocher son inaction supposée et traite Olivier Geffroy « d’élu intermittent » ; il se fait à son tour reprocher son « agressivité » par la majorité. « Les attaques personnelles n’ont pas de raison d’être, reprend de volée Serge Grouard. Celle que vous avez faite sur Olivier Geoffroy était de mauvais goût, car il est un élu particulièrement impliqué ». Quelques conseillers municipaux rient sous cape, mais le débat s’est bel et bien déplacé sur un autre front : celui de la forme. Or, les questions soulevées par l’opposition reçoivent assez peu de réponses. En vieux sage, Charles-Éric Lemaignen enquiert la gauche à « ne pas exiger tout, tout de suite » quand celle-ci réclame plus d’éléments d’information.

Région et Université toujours pas intéressées

Pas forcément convaincu par ce qu’il vient d’entendre, le groupe de gauche finit tout de même par s’abstenir sur la délibération concernant le système de bourse destiné aux étudiants en médecine, tandis que le groupe centriste est plus divisé : Ludovic Bourreau s’abstient et Stéphanie Rist vote pour, tout en émettant des réserves concernant « les blocages réglementaires et la validité juridique » de ce partenariat. « Il n’y a aucune inquiétude sur la faisabilité juridico-règlementaire », lui rétorque Serge Grouard, qui promet de reprendre langue avec les ministères concernés en France, notamment celui de la Santé, mais une fois que les élections seront passées. Le deuxième tour des législatives se déroulera le 19 juin. En attendant, le concours d’entrée à la faculté de médecine de Zagreb par le canal orléanais aura lieu le 7 juin.

Le volet juridique de ce dossier est aussi en question concernant la création de « cours de soutien » destinés aux étudiants en médecine et portés par une nouvelle association baptisée Loire et Orléans en Santé : selon Florent Montillot, cette structure n’aura besoin pour exister que du « récépissé » du rectorat. Ces membres fondateurs sont au nombre de cinq : la Ville d’Orléans, Orléans Métropole, le Département du Loiret, ainsi que ceux du Cher et de l’Eure-et-Loire, plus Orléans Technopôle Développement. La Région Centre-Val de Loire refuse d’en faire partie, François Bonneau, son président (PS) déclarant vouloir « garder le cap » et se focaliser sur la faculté de médecine orléanaise et le projet CHRU : « je me concentre sur l’objectif, je ne me disperse pas », répèté-t-il. Quant à l’Université d’Orléans, elle a également été sollicitée pour participer à cette association : « le président Blond nous a dit ne rien avoir contre, mais qu’il avait besoin de l’accord du rectorat », avance Florent Montillot. Au journal Le Monde, le président de l’Université d’Orléans se montre pourtant catégorique, samedi dernier : « Comment une université publique pourrait-elle participer à une opération dont le but est de soutenir les étudiants qui sont en dehors de l’établissement ? » Et ce même si la Ville d’Orléans explique que cette association sera en capacité de donner des cours de soutien à tous les étudiants en médecine exerçant à Orléans, et donc pas seulement passant à ceux par la filière Zagreb. Mais même si les relations entre la Ville et son Université semblent toujours complexes, Florent Montillot rappelle quand même au front trois anciens présidents de… l’Université d’Orléans pour faire partie des « personnalités qualifiées » à l’origine de l’association Loire et Orléans en Santé : Gérard Guillaumet, Gérard Besson et Michel Mudry. Des noms qui, selon le premier maire-adjoint, « donnent de la crédibilité à cette structure associative », dont Florent Montillot rappelle qu’elle est « à but non lucratif » : « nous, on ne fait pas de business », conclut l’élu. Qui en doutait ? 

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