À qui le «TOURs» ?

C’est reparti : le second tour, qui aura lieu le 28 juin prochain, est lancé ! Christophe Bouchet a présenté sa liste d’alliance avec Benoist Pierre et sort une synthèse de son programme amendé en cette fin de semaine pour relancer sa campagne. Pendant ce temps Emmanuel Denis rencontrait acteurs économiques et culturels pour préparer les premières actions à mettre en œuvre dès juillet s’il est élu. Au menu : des mesures pour animer et dynamiser la ville... Le match est relancé !
Patrice Nouar
À qui le «TOURs» ?

La séquence du second tour s’est vraiment ouverte mardi 2 juin avec la présentation de la liste d’alliance entre Christophe Bouchet (25,6 % au 1er tour) et Benoist Pierre, le candidat de la République en marche ayant recueilli 12,7 % des suffrages au 1er tour. Un score « honorable » selon Benoist Pierre qui, pour autant, n’a pas choisi de livrer combat jusqu’au bout et a préféré se rallier au panache du maire sortant, Tours rejoignant la petite troupe des villes françaises où la République en Marche, a choisi d’apporter son soutien à la droite. « L’union était naturelle, nos programmes n’étaient pas si éloignés l’un de l’autre, nous avons été écoutés et nos propositions prises en compte » a expliqué Benoist Pierre lors de la présentation de la liste. « Un très large rassemblement » s’est félicité de son côté Christophe Bouchet. C’est le moins que l’on puisse dire, car des anciens socialistes ou écologistes membres de la majorité de Jean Germain jusqu’en 2014 à gauche jusqu’aux représentants d’une droite catholique et conservatrice à droite, le spectre est très large. Avec au centre, si l’on peut dire, pour faire le trait d’union, les membres issus de la liste de Benoist Pierre qui comme Barbara Darnet-Malaquin ou Françoise Amiot, sont des anciennes de l’équipe Babary-Bouchet. Parties en claquant la porte, elles sont revenues par la fenêtre de cette alliance du second tour et se retrouvent sur la liste de leur « meilleur ennemi » pourrait-on sourire. Ce que n’ont pas manqué de faire les colistiers d’Emmanuel Denis en soulignant le côté pour le moins hétéroclite de cette liste regroupant des adversaires politiques de longue date qui se retrouvent sur cette liste que d’aucuns qualifient déjà de « désunion ». Le maire ayant beau jeu de renvoyer la gauche à ses turpitudes passées et à son union acquise aux forceps avant le 1er tour. Et d’agiter le chiffon rouge en insistant sur la présence aux côtés d’Emmanuel Denis de membres de la France Insoumise. Pour mobiliser un électorat de droite, c’est de bonne guerre. La liste Bouchet – Pierre – qui sera 1er adjoint en cas de succès – a aussi reçu le soutien de Xavier Dateu, rival malheureux de Christophe Bouchet au poste de maire quand il s’est agi de désigner fin 2017 un successeur à Serge Babary. Xavier Dateu avait joué sa carte au 1er tour, recueillant 4,82 % des voix. 

Il appelle donc à voter par média interposé pour son rival « parce qu’il n’y a pas d’autre choix à faire ». Une bonne chose de faite pour Christophe Bouchet qui, si on additionne les scores de ces nouveaux soutiens au sien, peut être confiant. Même si on sait aussi qu’en la matière les additions peuvent se transformer en soustraction, certains électeurs de droite pouvant ne pas apprécier cette alliance avec un candidat macroniste ; de même que certains électeurs ayant voté pour le centriste Benoist Pierre ne pourront pas le suivre dans ce virage à droite…

Une addition qui peut se transformer en soustraction 

L’équipe de Christophe Bouchet travaillait aussi sur une synthèse avec les mesures phares de son programme articulées autour de 5 S : soutien à l’économie, santé, solidarité, seniors et sécurité. Avec un impératif : faire de Tours une ville éco-responsable.

Ce qui est justement la marque de fabrique d’Emmanuel Denis, « vert » historique qui met en avant une « écologie crédible et responsable et pas de circonstance ». N’ayant pas de liste à remanier puisqu’il a réalisé l’union de la gauche et des Verts avant le 1er tour, il a pu rebattre la campagne dès le dépôt de sa liste le 29 mai et travailler aux premières mesures à prendre s’il est élu le 28 juin. « Nous avons organisé des débats en ligne ouverts à tous et échanger aussi beaucoup avec les acteurs économiques et culturels car, c’est notre méthode : nous voulons faire les choses avec habitants et commerçants et pas contre eux… » Priorité des priorités : faire face à la crise sociale et économique qui s’amplifie suite à la crise sanitaire. Au programme de ces premières mesures : la santé avec la mise en place de maisons de la santé dans les quartiers pour permettre aux Tourangeaux les plus touchés par la crise à se soigner. Mais aussi l’organisation de manifestations culturelles hors les murs pour animer la ville cet été et apporter un soutien aux acteurs du monde économique en attirant du monde en ville. Cela permettra aussi de soutenir les acteurs culturels en les faisant travailler alors qu’ils sont privés d’activité depuis plus de 3 mois. « À travers ces mesures, nous voulons animer tous les quartiers et pas seulement le centre-ville ». Autre mesure phare attendue : la piétonisation temporaire de certaines artères commerçantes pendant l’été pour tester une déambulation dans une ville plus apaisée. Ce qui pourrait ne plus être le cas de cette campagne qui risque de se tendre dans la dernière ligne droite avant le 28 juin…

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