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Alain Devineau, Le tram-tram quotidien
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Alain Devineau, Le tram-tram quotidien
Portrait

Alain Devineau, Le tram-tram quotidien

L’ancien adjoint de Jean Germain, qui a piloté la première ligne de tramway, même s’il est retiré aujourd’hui de la vie politique, porte toujours un regard averti sur les questions de mobilités, en particulier sur le projet de 2e ligne qui ne fait pas l’unanimité.
Patrice Naour
Mars 1989, Adjoint à Jean Royer
Mars 2008, Adjoint à Jean Germain
31 août 2013, Inauguration de la 1re ligne de tram

On ne sait pas si c’est parce qu’il a horreur du train-train quotidien de la retraite qu’il continue de s’intéresser à la chose publique, mais Alain Devineau ne manque jamais une occasion d’enfourcher la cause du vélo ou des transports en commun, surtout en cette période où la 2e ligne de tramway suscite quelques fritures sur la ligne. Mais, à la différence d’autres, l’ancien adjoint de Jean Royer (1989 à 1995) puis de Jean Germain (2008 à 2014) a une certaine légitimité – pour ne pas dire plus – pour intervenir dans le débat. C’est en effet lui qui a piloté la première ligne inaugurée le 31 août 2013. « J’étais déjà adjoint de Jean Royer à la circulation, aux transports en commun, au stationnement, et aux taxis et, à ce titre, nous avions présenté en juillet 1991, un projet de tramway sur pneus qui n’a jamais vu le jour. Mais en 1995, je ne suis pas reparti sur la liste Royer, notamment parce qu’il ne voulait plus du tram, ça me semblait aller vraiment contre le sens de l’histoire… »

Jean Germain, l’opposant n°1 au « roi Jean », lui fait alors les yeux doux pour rejoindre la liste de gauche bientôt victorieuse, mais le catholique pratiquant de sensibilité démocrate chrétienne, alors encarté à l’UDF, le centre-droit de l’époque, ne se sent pas de trahir l’homme qui lui a mis le pied à l’étrier en ralliant la gauche. Il faudra attendre encore deux mandats, onze ans exactement – pendant lesquels il se consacre à son métier, dans l’édition, de responsable commercial de Hachette Éducation tout en continuant à faire de la politique locale – pour qu’il rejoigne l’équipe de Jean Germain en tant qu’adjoint à l’urbanisme et au patrimoine. « Il m’a dit « Viens avec nous, on va faire le tramway ensemble !”. Pour moi qui travaillais sur ces questions depuis près de vingt ans, c’était difficile de refuser. Tours avait pris beaucoup de retard. Je voyais ce qui se faisait dans des villes comme Nantes, Grenoble ou Strasbourg, il fallait mettre un coup d’accélérateur pour que ce tram voie enfin le jour… »

« Adapter les giratoires »

Ce qui sera le cas le 31 août 2013. « Un grand moment pour la ville je pense, raconte-t-il aujourd’hui. Tout le monde s’est mobilisé, les services de la Ville ont été formidables, ça a été une belle aventure collective. Si on regarde les chiffres de fréquentation, le tram est un succès. Avant le Covid, il y avait certains jours jusqu’à 70 000 passagers contre 55 000 espérés avant son lancement. Mais au-delà des chiffres, le tramway a modifié l’aspect de la ville et des quartiers et a fait rentrer Tours dans la modernité pour en faire une métropole du 21e siècle… »

Une belle réalisation et un aboutissement pour celui qui s’est toujours investi sur ces questions de mobilités. « En plus du projet de tramway sur pneus en 1991, la Ville a aussi soutenu la même année la création du collectif cycliste 37. J’ai aussi fait adhérer Tours au club de villes cyclables en 1992. Nous avions également réalisé les premiers couloirs de bus en site propre sur l’avenue Grammont et le premier giratoire à Saint-Sauveur en 1992 qu’il faut aujourd’hui réaménager pour les nouvelles circulations… »

Il ne faudrait en effet pas enfermer Alain Devineau dans l’armure de l’ancien combattant figé au temps de ses exploits passés. S’il intervient régulièrement dans le débat, c’est qu’il est toujours au fait des mobilités actuelles. Il a notamment participé au sein d’un groupe de personnes qualifiées* à la rédaction d’un « manifeste pour une approche pragmatique de la 2e ligne de tramway ». « Si j’interviens dans le débat, c’est pour l’intérêt général que j’ai toujours défendu tout au long de mon engagement politique. Je suis toujours passionné par la chose publique. Je considère, et je ne suis pas le seul, que le projet retenu pour la 2e ligne est trop lourd, trop complexe, trop coûteux. Il me semble disproportionné par rapport aux besoins et aux moyens de notre métropole. Il faut être plus pragmatique, la priorité c’est de mettre en œuvre rapidement la demi-ligne Sud, entre le carrefour de Verdun et Trousseau. Là encore, trop de retard a été pris depuis la mise en service de la 1re ligne, il faut faire plus simple et plus rapide… »

Accélérer encore et toujours… Pour celui, qui a largement contribué à faire avancer les mobilités douces à Tours, c’est un dada !

Une réponse

  1. Tu as raison et il faut passer par le Bd Jean Royer pour ne pas dénaturer le Bd Béranger et la Place Rabelais

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