|
|
Alessandro di Profio Carrefours musicaux
|
|
Alessandro di Profio Carrefours musicaux
Portrait

Alessandro di Profio Carrefours musicaux

Le directeur artistique du festival Concerts d’Automne qui débute le 8 octobre a plus d’une histoire à raconter avec son accent chantant et plus d’une corde à son piano : tour à tour pianiste, scientifique, programmateur ou journaliste, il a fait le choix de ne rien délaisser.
Emilie Mendonça
1993 Installation en France
1999 Soutenance de sa thèse puis enseignement à l’université de Tours
2013 Enseignant-chercheur à la Sorbonne

Peut-être aurait-il pu être journaliste en Italie ? Ou pianiste professionnel ? Toujours est-il qu’aujourd’hui, Alessandro di Profio est professeur à la Sorbonne, et directeur artistique du festival Concerts d’Automne qui débute ce vendredi 8 octobre au Grand Théâtre de Tours. Tout est histoire de choix. La phrase « il faut choisir » revient d’ailleurs à plusieurs reprises dans ses paroles au moment d’évoquer son parcours. Mais qu’a-t-il vraiment choisi ?

Pianiste de haut niveau dans ses jeunes années, il a fait une croix sur une carrière de concertiste assez tôt. « J’étais devenu esclave de mon instrument, mes parents choisissaient nos lieux de vacances selon la présence ou non d’un piano ! La recherche en musicologie m’a arraché au piano, et elle m’offrait un bon compromis pour continuer à cultiver mon amour de la musique. » Mais il a fallu encore choisir. Pour financer ses études, le jeune homme écrit en effet pour un journal romain. « Je suis arrivé à un carrefour à cette époque : soit je devenais journaliste à Rome, soit je continuais dans la musique, ma grande passion. » Il opte finalement pour la musicologie, mais le journaliste qu’il était n’a pas encore dit son dernier mot :
l’enseignant-chercheur rédige encore aujourd’hui des articles pour des magazines spécialisés.

Nos choix en sont-ils donc vraiment ? Les bifurcations et les demi-tours sont-ils possibles ? Des questions que des professeurs de philosophie ne renieraient pas, et qui se posent lorsqu’on explore la ligne de vie d’Alessandro di Profio. Ou plutôt les lignes de vie, tant elles sont nombreuses et s’entrecroisent.

De Rome à Tours en passant par Paris

Sur les conseils d’un professeur, il part pour la France en 1993, pour une année d’études à l’École Normale Supérieure. Bourse de thèse à Paris, puis poste d’enseignant-chercheur à Tours… De fil en aiguille, notre homme est devenu tourangeau, et le reste aujourd’hui même s’il travaille à Paris. Pourquoi rester dans notre pays et en faire son port d’attache ? « Comment ne pas tomber amoureux de la France », sourit-il.

Mais le chemin n’est encore une fois pas si linéaire ! Un détour par la Villa Médicis à Rome en 1999-2000 puis à l’été 2009, et voilà qu’il découvre le plaisir d’y organiser des concerts. Le chercheur musicologue se fait alors programmateur.

Cette expérience débouche en 2016 sur une création : « Concerts d’Automne répondait à un paradoxe : la France est je crois le pays où il y a le plus de festivals. Et Tours est une ville intimement marquée par la musique, mais qui n’avait pas encore son propre festival de musique dite classique. »

Spécialiste de Mozart

Accompagné par Emmanuel Hervé et une centaine de bénévoles pour chaque édition, il propose une programmation originale aux Tourangeaux. Et pour cause : « L’objectif, c’est offrir à un public acquis, et à de nouveaux publics, ce qui se fait de mieux en musique baroque et ancienne, mais attention, pas celles où on porte des perruques ! La musique ancienne est une musique d’avant-garde, d’exploration, d’expérimentation, c’est son ADN. Nous essayons donc de respecter cet esprit, de croiser les répertoires et les cultures. » Cette année le festival s’enrichit ainsi d’actions dans les prisons et auprès des jeunes, pour leur ouvrir de nouveaux horizons. Et du côté de la programmation, on découvrira par exemple les mélodies de l’Argentin Astor Piazzola se mélangeant à Bach ou Vivaldi sous la direction d’Andrés Gabetta, pour une création inédite.

Il est toujours facile de relier les points a posteriori. De tracer une ligne semble-t-il logique à partir d’éléments divers. Prêtons-nous au jeu : les premières recherches scientifiques d’Alessandro di Profio portaient sur Mozart et le XVIIIe siècle, puis sur les liens entre l’opéra italien et le théâtre français. Comment l’un est nourri par l’autre, et inversement. « Échanges, malentendus… La proximité géographique et culturelle fait qu’on pense connaître l’autre, ce qui n’est pas toujours le cas ! » commente l’érudit. Le directeur artistique de Concerts d’Automne n’aurait-il pas pris goût dès ses débuts aux croisements et entrelacs culturels et artistiques… et professionnels, tous pleins d’enseignements ? « N’allez pas me décrire comme un homme aux multiples personnalités ! Toutes ces expériences sont mutuellement enrichissantes. » Après tout, pourquoi choisir, quand on peut tout combiner ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES SIMILAIRES
Michel Lelong Blues old cool
Le confinement a été l’occasion pour beaucoup de se mettre...
La ville célèbre le centenaire du congrès de Tours
En décembre 1920 se tenait à Tours le 18e congrès de...
TVB, l’été meurtri
Alors qu’il ambitionne de retrouver sa place au sommet du...
Événements de la semaine
8
Oct
Grand Théâtre
Ven. 8 oct. à 20 h
6
Oct
Vinci, Tours
Mer. 6 oct. à 20 h 30 
2
Oct
L’hôtel de ville de Tours.
2 et 3 oct. de 10 h à 18 h
1
Oct
Oésia, Notre-Dame-d’Oé
Ven. 1er à 18 h 30 et 20 h, sam. 2 à 11 h, 15 h et 17 
4
Juin
Chinon
DU 4  AU 6 JUIN
4
Juin
Grand Théâtre de Tours
Ven. 4 à 19 h, dim. 6 à 15 h, mar. 8 à 19 h
ARTICLES RÉCENTS