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Anne-Sophie Lerouge L’œcuméniste de l’œnoutourisme !
Portrait

Anne-Sophie Lerouge L’œcuméniste de l’œnoutourisme !

Après dix-neuf années passées au sein d’Interloire, la directrice marketing et communication de l’interprofession, à l’origine notamment de l’événement Vignes Vins Randos, a tourné la page des vins de Loire qu’elle a contribués à mieux faire connaître et apprécier.
Rédaction
2003, Entrée à Interloire comme directrice de la communication ; création de Vignes Vins Randos.
2008, Thèse professionnelle à l’ESC Paris sur le marketing expérientiel sur internet dans l’industrie viticole.
2013, Campagne de pub : « Tous les vins sont dans la nature ».

Ne lui demandez pas d’en choisir une parmi toutes les appellations que rassemble Interloire car, comme une mère aimant tous ses enfants, elle les a toutes couvées amoureusement pendant près de vingt ans. Dix-neuf exactement puisque cette Angevine d’origine, qui a passé son enfance à Segré, près d’Angers, a intégré l’organisme interprofessionnel des vins de Loire en avril 2003 très précisément . « La passion du vin me vient du mon grand-père qui mettait des coteaux-du-layon en bouteille, raconte l’ancienne directrice marketing et communication d’Interloire. Petite, j’ai baigné dans cette ambiance et, après un parcours dans la restauration comme directrice marketing et communication d’un groupe qui avait plusieurs enseignes de restaurants, l’opportunité s’est présentée d’intégrer Interloire, ce qui a fait mon bonheur pendant ces dix-neuf ans. » Au passage, elle n’oublie pas de mettre en avant ceux qui ont aussi fait son bonheur durant toutes ces années : les vignerons. « On a la chance d’avoir dans nos vignobles des hommes et, aujourd’hui, de plus en plus de femmes, passionnés par leur métier. Ils ont tous des histoires à raconter sur leur vin, ils sont pour la plupart très accueillants et ravis de partager leur passion avec les visiteurs, les clients, les touristes, etc. C’est la grande force du vignoble du Val de Loire, comparé à d’autres régions viticoles plus fermées, les vignerons sont modestes et accueillants et ça les gens le sentent et adorent venir les rencontrer. »

C’est ce constat qui a aussi donné l’idée à Anne-Sophie, avec le bureau d’Interloire, de créer en 2003, la manifestation Vignes Vins Randos (VVR). Sauf si vous avez passé ces dernières années sur Mars, vous avez déjà entendu parler de cet événement qui fait randonner chaque année début septembre le grand public dans les différentes appellations viticoles grâce à des randos-
dégustations guidées par les vignerons eux-mêmes. Chaque rentrée plus de 10 000 personnes participent à la vingtaine de randonnées organisées entre Atlantique, Anjou, Touraine et Loir-et-Cher. C’est tout simplement devenu le plus grand événement œnotouristique en France.

La passion des vignerons

Le mot est lâché : œnotourisme ! La grande motivation d’Anne-Sophie quand il s’agit de mettre le vignoble ligérien en mouvement. « Je viens du secteur de la restauration, j’ai cette sensibilité, cette culture de la satisfaction du client et l’œnotourisme est un formidable levier pour donner du bonheur aux visiteurs en leur proposant une expérience unique d’immersion à la fois dans les caves et dans le métier de vignerons grâce aux échanges avec eux. C’est une expérience unique, encore plus depuis la crise sanitaire où les gens ont éprouvé le besoin de se rapprocher des producteurs… » La rencontre des passions, c’est ce à quoi s’est attachée Anne-Sophie Lerouge tout au long de ces années, non seulement en animant VVR mais aussi en initiant le réseau des Caves touristiques dès 2007. En quinze ans, 3 700 domaines ont été labellisés pour la qualité de leur accueil. En 2008, elle a aussi créé avec sa collègue Fanny Gauthier l’Observatoire de l’œnotourisme pour piloter cette politique d’accueil à l’échelle du vignoble ligérien qui, faut-il le rappeler, s’étend de l’Allier avec les vins d’Auvergne jusqu’à l’embouchure en Loire-Atlantique, terre du muscadet…

C’est pour cela que, quand on lui demande quelle est sa préférence dans les vins et les appellations, elle finit par en donner non pas un mais quatre car en la matière, le choix est cornélien pour elle. Il faut insister un peu pour qu’elle confie avoir un faible, dans les blancs, pour les savennières en Anjou, les touraine-oisly pour le Loir-et-Cher et, pour flatter nos palais de Tourangeaux, pour les touraine-chenonceaux ; en rouge, elle se pame devant les saint-
nicolas-de-bourgeuil.

Voilà, tout le monde ou presque est servi mais à un moment donné il faut bien faire un choix. Et Anne-Sophie vient d’en faire un important : celui de quitter Interloire après avoir fait le tour de son métier dans cette structure. Elle sait que son bébé, VVR, qui fête ses 19 ans cette année, a atteint la maturité comme un excellent cru. Elle peut donc continuer de cultiver le terrain de l’œnotourisme mais sous d’autres formes et, sans doute, dans d’autres vignobles qui ont aussi besoin de s’ouvrir davantage au public comme un bon flacon qui ne lâche tous ses arômes qu’à l’ouverture…

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