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Attention à l’effet ciseau !
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Attention à l’effet ciseau !

Attention à l’effet ciseau !

Plus de demandes, moins de dons ? C’est la situation à laquelle pourraient être confrontées les associations caritatives cet hiver. Alors que la campagne hivernale des Restos du Cœur s’ouvre officiellement jeudi 22 novembre et que se déroulera la grande collecte nationale de la Banque Alimentaire, principale pourvoyeuse de denrées pour les associations les 25, 26 et 27 novembre, elles s'attendent à vivre une situation inédite en raison de la crise économique et énergétique. Explications.
Patrice Naour

Nous sommes en pleine préparation de la campagne hivernale mais c’est une façon de parler car, dans les faits, il n’y a plus de pause entre la campagne d’été et celle d’hiver, les Restos du cœur fonctionnent toute l’année… » Malheureusement pourrait-on rajouter. Historiquement, il y avait bien ces deux campagnes avec des périodes d’interruption au printemps et en début d’automne mais depuis plusieurs années déjà, ce n’est plus le cas. Ce que confirme Jean-Pierre Béreau, nouveau président des Restos du Cœur d’Indre-et-Loire : « Cet été, nous avons enregistré une hausse de 15 % des bénéficiaires et on s’attend à une nouvelle hausse significative des demandes cet hiver mais difficile de dire à hauteur de combien, mais ça pourrait être supérieur… Le Covid avait déjà fragilisé une frange de la population mais, avec la crise énergétique, on s’attend vraiment à une hausse significative des bénéficiaires qui pourrait être du même ordre par rapport à l’hiver dernier. » D’autant que les Restos du Cœur ont revu leur barème d’admission pour permettre à davantage de personnes de bénéficier de la dotation de six repas équilibrés par semaine pour chaque membre du foyer. Aujourd’hui on compte 7 000 bénéficiaires des Restos en Indre-et-Loire. Si l’augmentation des demandes est de 15 % cet hiver comme lors de la campagne estivale, on comprend aisément le surcroît d’activité auquel l’association, qui gère 23 centres dans le département grâce à plus de 700 bénévoles, pourrait être confronté.

Une collecte nationale vitale

« Mais dans le même temps, on constate une légère baisse, de l’ordre de 15 %, des volumes des denrées collectées lors des “ramasses” dans les magasins, constate Jean-Pierre Béreau. Ils vendent davantage de produits en dates courtes qui auparavant revenaient aux associations… » Il n’y pas péril en la demeure mais la grande collecte de la Banque Alimentaire, qui se déroulera les 25, 26 et 27 novembre, s’avère cruciale dans un tel contexte. Mais là encore, le signaux ne sont pas bons : « Les années précédentes nous collections environ 100 tonnes de denrées sur le week-end, explique Jean-Paul Beaunez, le président de la Banque Alimentaire de Touraine. Si nous atteignons les trois quarts cette année, nous serons satisfaits car nous nous attendons à une baisse des dons en raison de l’inflation, certaines personnes ont du mal à remplir leur caddie, elles ne vont pas donner cette année. D’autres ne vont donner qu’un produit au lieu de deux ou trois auparavant car les prix ont augmenté. On espère vraiment que ceux qui ont les moyens vont donner pour ceux qui ne les ont plus… » Et puis, à défaut de donner des produits, il est toujours possible de donner de son temps pour aider à la collecte (lire encadré ci-après).

+ 9,5 % de bénéficiaires sur le 1er semestre !

Du côté de la Banque Alimentaire de Touraine qui ne distribue pas elle-même des repas mais traite chaque année 1 600 tonnes de denrées pour les mettre à disposition de 62 associations partenaires, la baisse… du tonnage des collectes est moins sensibles. « Nous avons le soutien de grandes enseignes, de fondations et de mécènes qui continuent de nous soutenir donc la baisse est moins sensible de ce côté-là, poursuit Jean-Paul Beaunez. Nous sommes identifiés comme le fournisseur des autres associations, nos donateurs savent que leur soutien est indispensable. » En revanche, pour lui aussi, la hausse des demandes à laquelle feront face les associations caritatives cet hiver ne fait aucun doute : « Sur le 1er semestre 2022, les demandes d’aide alimentaire ont augmenté de 9,5 %, quasiment la même augmentation que durant les deux années de Covid, ça veut dire quelque chose ! Beaucoup de familles ne peuvent plus faire face à l’inflation sur les produits alimentaires qui dépasse les 12 % en moyenne depuis le début de l’année… On s’attend vraiment à une année 2023 très difficile, en espérant que l’inflation s’arrête dans le courant de l’année prochaine… »

En attendant des jours meilleurs, au moins 20 000 personnes devraient bénéficier d’une aide alimentaire en Touraine cet hiver. Un chiffre qui doit faire se retourner Coluche, fondateurs des des Restos du Cœur en 1985.

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