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Christophe Marzais Cadre dynamique
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Christophe Marzais Cadre dynamique
Portrait

Christophe Marzais Cadre dynamique

Des mollets qui trahissent un kilométrage hors normes, une coupe de cheveux aérodynamique… Christophe Marzais fut, pendant près de dix ans, le taulier évocateur de Détours de Loire, une quasi-institution chez les touristes comme chez les cyclistes tourangeaux. Depuis quelques mois, c’est à Tours Nord dans sa nouvelle boutique Tours de roues, avenue Maginot, qu’il continue à vivre sa passion à tous les rayons…
Florian mons
1968 : Naissance à Tours
1994 : Ouverture d’une première boutique de location.
2007 : Ouverture de Détours de Loire.

Il avait d’abord cherché un local dans le centre-ville. Mais, à tout prendre, l’avenue Maginot lui convenait tout aussi bien. Pour les gens du quartier, il faut descendre dans le centre ou aller jusqu’à la Petite Arche pour se fournir en cycles ou faire réparer son vélo. Alors c’est ici que Christophe Marzais a posé ses vélos, pas loin de La Tranchée qui l’a vu naître.

Une boucle de quelques années et pas mal de kilomètres. D’abord formé au bâtiment, c’est dans une usine de béton que Christophe rencontre le monde du travail. Pas longtemps. Il quitte l’endroit au bout de six mois. L’enfermement lui sied mal. Surtout, lors d’un voyage aux Pays-Bas, il est « tombé amoureux ». Pas d’une grande blonde, mais des vélos hollandais, au moins aussi graciles. « J’ai été captivé par cette liberté, cette facilité de déplacement, se souvient-il. J’en ai ramené quelques-uns, que j’ai bricolés et revendus. » Tout en travaillant par ailleurs, il se livre à cette activité pendant quelques années, jusqu’à ce qu’il saisisse une opportunité en or. « En 91, la SNCF a arrêté de louer des vélos. J’ai récupéré son parc, je me suis installé à la gare et je me suis lancé dans la location », raconte t-il.

De Cuba à Okinawa

Deux ans plus tard, le loueur se fait guide et partage ses itinéraires et sa passion avec ses clients. Il connaît par cœur les petites routes et les chemins de halage qui mènent à Chenonceau ou à Amboise et on le consulte, dès 1995, pour tracer ce qui deviendra, un peu moins de dix ans plus tard, l’itinéraire de la Loire à Vélo. Un trajet que Christophe a balisé, en créant Détours de Loire en 2007 – revendu en 2016 – et en installant par la suite six de ses agences entre Orléans et Nantes.

Mais celui qui fit sa première sortie de trois jours à Château-la-Vallière à 14 ans ne comptait pas se contenter de la Touraine. « Beaucoup de mes clients étaient étrangers, raconte t-il, et j’ai eu très vite envie de visiter leurs pays. » Ce fut d’abord la
Nouvelle-Zélande. Cinq mille kilomètres en cinq mois. « Pas énorme… » estime-t-il. Qu’y a-t-il découvert ? « L’écologie. Une petite fille m’a donné une leçon, en découpant un emballage de bière en plastique que je venais de mettre au tri, pour ne pas que les tortues se prennent dedans », mais il découvre aussi les baleines, les glaciers…

Puis ce furent les champs de tabac de Cuba, la Highway One californienne, les paysages désertiques du Mexique, le Vietnam, le Maroc, le Japon, avec un vélo pliant pour prendre le bateau plus facilement et parcourir les îles d’Okinawa. Des périples dont les petites galères font partie, comme ce cadre en acier, cassé dans le désert mexicain, qu’un garagiste providentiel put heureusement ressouder. « Ça aurait été impossible avec un cadre en carbone… » souligne-t-il.

Mais la France, c’est pas mal non plus, et Christophe s’est ensuite attaqué aux « diagonales », ces trajectoires, laissées au libre choix des cyclistes, qui relient les « sommets » de l’Hexagone. Hendaye-Dunkerque, Hendaye-Menton, Strasbourg-Brest, Paris-Brest-Paris, à raison de 300 km par jour, parfois plus, sans dormir la première nuit. « Sur Paris-Brest-
Paris, j’ai fait 730 km avant d’aller me coucher… » Au passage, on apprend qu’il existe des 24 h du Mans vélo, auxquels Christophe a évidemment participé deux fois. Cela change des sentiers ruraux ou des nationales. « C’est sûr que sur cette piste, on explose nos moyennes ! » rigole-t-il.

High tech et vieux clous

Avenue Maginot, si le magasin témoigne de la nostalgie de Christophe pour le matériel « simple, solide et efficace » des anciennes machines, avec ses belles selles et sacoches en cuir, ou cette rangée de vélos « de caractère », récemment loués pour un mariage, le progrès et la technologie sont très bien représentés. Vélos électriques et triporteurs, cycles aux lignes modernes et épurées, ou encore cette roue, adaptable sur tous les vélos, qui contient moteur et batterie et commandée par une application smartphone, satisferont les citadins lassés des voitures et de leurs multiples inconvénients. Un ultime conseil de Christophe – paradoxal pour un marchand de cycles – : « Si vous voulez voyager, ne le faites pas avec un vélo neuf auquel vous n’êtes pas habitué. » Comme pour les chaussures, finalement… 

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